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Hôtel Beau-Rivage - Si les murs avaient des oreilles et surtout des yeux (20/12/2010)

488559[1].jpg Bonne nouvelle, une partie de ma  chronique pâquisarde est enfin prête  à basculer dans le prochain roman.

Mon personnage principal, un juif Marocain,  exilé de Tétouan et vivant à Paris  s'apprête à acheter un immeuble aux Pâquis, il  loge à l'Hôtel Beau-Rivage dans la chambre 317 en attendant de finaliser la vente.  Celle-là même où on aura retrouvé le corps de Uwe Barschel, allongé dans la baignoire tout habillé, mort  un 11 octobre 1987. Suicide par overdose de médicaments ? Expertises, contre-expertises, dorénavant la thèse du meurtre nous dirige vers les agents du Mossad. Victor Ostrovsky, ancien agent du Mossad,  nous donne sa version des faits, le dernier rapport toxicologique va dans le même sens.  La devise de ce dernier : « Au moyen de la tromperie, tu feras la guerre » . Effectivement, Uwe Barschel est contacté par  un mystérieux correspondant qui avait des révélations à lui faire et  fixe un rendez-vous au Président du Land allemand de Schleswig Holstein. En arrière-fond de la baignoire pleine du cadavre, la presse annoncera entre autres motifs, un contrat non honoré de vente de sous-marins à l'Afrique du Sud. Selon Ostrovsky dans son livre Secret Files: Mossad. "Le sale boulot du service secret israëlien".  Barschel été assassiné parce qu'il savait tout sur le commerce des armes secrètes entre Israël et l' Iran.

Le 10 septembre 1898,   Sissi Impératrice, autre drame qui se déroule aussi à l'Hôtel Beau-Rivage,  meurt dans sa suite "royale" que j'ai visitée récemment avec vue sur le Mont-Blanc et le Jet d'eau,  installé depuis 1891 au bout de la jetée des Eaux-Vives et que l'impératrice voyait  assurément depuis sont  lit à baldaquin. Le coup de couteau porté par Luigi Luccheni, anarchiste lui sera fatal, reçu en lieu et place du duc d'Orléans qui devait changer son itinéraire et emploi du temps à la dernière minute. Peu importe, Luigi veut casser de la "tête couronnée" il se rabat sur Sissi, qui sort incognito au bras de sa gouvernante Hongroise, elle prévoit une promenade en bateau, heurtée violemment, elle croit avoir reçu un coup de poing, tandis que la lame du meurtrier l'a touchée sous le sein. Montée, à bord du bateau, elle sera  ramenée à l'Hôtel où elle mourra, une heure plus tard.

Et voilà, deux drames  qu'on pourra mettre, côte à côte, dans les cauchemars de mon personnage durant lesquels il voit Sissi raconter son assassinat à Barschel tandis que lui-même lui raconte comment s'est assurément déroulée sa propre mort travestie en suicide. Mon héros en se réveillant trouve que la fondue mangée la veille à dû lui peser sur l'estomac. Tiens !  Il se souvient même d'avoir rêvé de Albert Cohen qui fréquentait aussi assidûment l'Hôtel Beau-Rivage.

Ah! Si les murs avaient des oreilles et surtout des yeux ! Que de surprises, que de révélations!

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