26/04/2009

La soupe populaire : une grande louchée d’humanité


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Manfred Binggeli est le pilier de la soupe populaire du samedi soir au Temple des Pâquis. 60 litres de soupe pour 120 personnes, ce qui représente des kilos de légumes récupérés à l’association Partage, banque alimentaire : choux-fleurs, poireaux, pomme de terre, carottes, céleris embarqués dans le coffre de sa voiture direction les Pâquis, et pour accompagner la soupe , 120 tartines soit au fromage soit au jambon, pour finir bananes, pommes, chocolat yaourt, selon. Des boissons, jus de fruit, puis infusion et café sont servis durant et après le repas.
Entre 6 et 10 bénévoles s’activent pour servir tout ce petit monde, des personnes qui viennent régulièrement pour la plupart. Certains ne se pointent que pour obtenir des bons qui leur permettront de dormir à l’Armée du Salut. Et on ne vient pas à la soupe populaire seulement parce qu’on a faim de nourriture, parfois c’est juste avoir faim des autres, sortir de son isolement, partager son repas avec d’autres solitudes, enfin ne plus être plus seul !

Comment se lance-t-on dans un tel projet ? – En décembre 2003, après deux ans de retraite -  auparavant Manfred travaillait comme boulanger-pâtissier, devenu allergique à la farine, il deviendra après bien des années de petits boulots, comptable à la Ville de Genève -  il s’était dit qu’il pourrait peut-être s’investir dans un projet. Il se présente donc au Centre genevois de volontariat et se retrouve parachuté à la confection des repas pour les plus démunis pour Eglise ouverte. A l’époque, il se souvient que c’était du pain, du fromage, puis il a lancé l’idée et la prise en charge de la soupe qui n’était pas une mince affaire en soi; plaques de cuisson insuffisantes, espace pas adapté pour , même Tornare s’étonne et aide à trouver les financements pour créer une petite cuisine fonctionnelle attenante au Temple des Pâquis.

Depuis tous les samedis de 18h30 à 20 h30 environ 120 personnes et le chiffre ne cesse d’augmenter depuis la crise: hommes, femmes, enfants viennent partager une soupe dans cette ambiance chaleureuse insufflée par des bénévoles qui se mettent au service des autres  avec tout leur coeur et toute leur belle énegie.

Ça apporte une certaine satisfaction : celle d’être utile, “aimer aider les gens”. Manfred se souvient,  enfant,  avoir eu faim. Ils étaient une famille nombreuse, six enfants, tous des garçons, la maman seule, qui travaillait dur pour les nourrir. La commune bernoise pas aidante pour deux sous, et bien au contraire qui s’acharnait à placer de force les enfants chez des fermiers, avec pour  seul reproche : délit de pauvreté. C’est un peu l’enfant en lui révolté qui se met au service des autres, en langage moderne on appelle cela de la résilience.
Evidemment, il y en a toujours un pour râler sur la soupe :”Y-a pas assez de patates dans ta soupe”- Manfred répond du tac-au-tac “Eh ben, si t’es pas content avec ma soupe, la prochaine fois, tu viendras éplucher les pommes de terre avec moi !” en racontant cela, Manfred rit de bon coeur.
Mais, il y des merci inoubliables qui donnent un sens à tout ce travail et quant à Manfred il suffit de le voir pour comprendre que la soupe ça lui donne une sacrée pêche.

 

si vous souhaitez devenir bénévoles motivés ou participer financièrement par des dons au repas du samedi soir vous pouvez vous annoncer sur le mail jetdo@infomaniak.ch, je transmettrai l'information.