06/04/2009

UN LIVRE SUISSE TRES CONTROVERSE EN ALBANIE ET AUPRES DE LA COMMUNAUTE ALBANAISE MONDIALE


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La dernière bataille en date de Monsieur Astrit Leka  (voir billet précédent) concerne le livre de Jens Oliver Schmitt sur  SKanderbeg dont le vrai nom est Gjergj Kastriot, unificateur de l’Albanie et qui est le symbole de la résistance  albanaise sous l’Empire ottoman au XV- ème  siècle. La statue offerte par SOLIDEST sous l’initiative de son Président  d’Association Leka , se trouve actuellement dans le parc William Rappard au bord du Lac. La biographie par l’historien suisse, Schmitt, du héros  national albanais fait des vagues auprès des intellectuels albanais et de toute la communauté albanaise dans le monde entier. Le mythe du héros est écorné. On doute des sources fiables de l’historien, des interprétations erronées. Même Ismaïl Kadaré s’étonne et parle d’'atteinte à la liberté”. Bref, l’historien subit un tollé. Pourquoi dire que la  carrière du grand “SKanderbeg tient du destin," comme le fait du hasard. Pourquoi ne pas simplement lui reconnaître une aura de héros qui s’est construit comme tel. L’historien parle de vengeance du père comme si le parcours de ce héros n’ était qu’une affaire de règlement personnel. La Confédération par le biais de la DDC a financé à hauteur de 12’000 francs, pour la traduction et les copies à 1’000 exemplaires de cet ouvrage fort controversé et dont on retrouve l’ emblème dans les premières pages du livre.

Astrit Leka n’a jamais pensé que le livre de l’historien suisse Oliver Jens Schmitt écrit sur SKanderbeg ferait l’objet d’une plainte officielle de la part du gouvernement albanais contre la Suisse. Indépendamment du fait que le Président de la République d’Albanie Bamir Topi et le Premier-ministre Sali Berisha ont réagi contre le livre de Schmitt à leur façon. Ils savent bien que dans un pays démocratique , comme l’Albanie et la Suisse chaque citoyen peut écrire et dire librement ce qu’il pense, toujours sans enfreindre les lois en vigueur. Or , Schmitt et son traducteur en Albanie ont publié le livre en question. D’autres ont écrit des livres contre Schmitt, c’est normal. La polémique peut continuer jusqu’à ce que la vérité jaillisse. On est dans le domaine de la science et la culture. "Moi en tant que Albanais et citoyen suisse connaissant bien la mentalité de tous les deux peuples , surtout la susceptibilité de mon peuple envers toute attaque à la figure de notre héros national j’ai voulu prévenir tout malentendu sur la contribution de la Suisse à la publication du livre de Schmitt" , précise Astrit Leka.

"En effet ayant été invité par le Président de l’Albanie pour fêter à la Présidence la fête de l’indépendance ou du drapeau de SKanderbeg, ayant été invité à Bitolie ( Monastir), Skopje et Tetovo pour le centenaire de l’alphabet albanais et à Prishtina pour le quarantième anniversaire des événements de 1968, j’ai eu l’occasion de rencontrer directement presque toutes les personnalités les plus éminentes politiques, scientifiques, culturelles albanaises dans les Balkans. Toutes étaient inquiètes de la publication du livre de Schmitt , qui dénigrait la figure de notre héros national SKanderbeg et après lui le peuple albanais et son histoire qu’il qualifiait fausse et pleine de mythes. N’ayant pas lu le livre de Schmitt, je ne me suis pas prononcé contre lui, dans mes interview à la télévision et à la presse. Rentré en Suisse je me suis intéressé auprès de la Direction du Développement et de la Coopération (DDC) du Département fédéral des Affaires étrangères en leur expliquant qu’ils n’avaient pas bien fait de financer le livre de Schmitt, surtout avec le contenu que les Albanais lui reprochaient. Insatisfait de la réponse je n’ai pas pensé à une mauvaise intention de leur part, mais plutôt d’une distraction. Je me suis  mis à lire et étudier le livre. Ce qui m’a pris beaucoup de temps ( 573 pages !)."

Monsieur Leka a été été interviewé par le journaliste Serge Gumy qui après quoi a écrit un article dans le journal  de Lausanne « 24 heures » sous le  titre « Un livre payé par la Suisse fait scandale en Albanie » .  Il souhaitait  ajouter quelques chose à ce propos sur ce qui figure dans l’article .

" Il est vrai que j’ai été interviewé chez moi par le journaliste Serge Gumy pendant plus de trois heures et jusque tard la  nuit. Le thème de l’interview n’était pas la publication de l’article avec ce titre sensationnel qui attaque injustement la Suisse, donc le Département des affaires étrangères. Moi  j’ai dit au journaliste que c’est le livre de  l’historien suisse Oliver Jens Schmitt qui a fait scandale et c’est lui qui est  responsable de tout ce qu’il a écrit et non pas la Suisse. Il est vrai que l’agence suisse a payé pour la publication du livre en question. Cela peut être arrivé du fait que  la personne suisse qui a donné feu vert pour le payement de ce livre n’ayant  pas pu lire 573 pages du livre de Schmitt, surtout en langue albanaise, qu’il ne connaissait pas, s'est contenté de voir le titre du livre « Scanderbeg », héros national des Albanais et défenseur de la chrétienté de l’Europe. Bien sûr comme fonctionnaire ou employé du Département des Affaires étrangères assigné à travailler avec l’Albanie, il devait savoir que le buste de Scanderbeg était érigé à Genève, par SOLIDEST soutenu par le Conseil d’Etat de Genève. Il devait savoir au moins que Scanderbeg était reconnu et apprécié par de nombreuses et illustres personnalités des siècles suivants. Le pape Nicolas X lui décerna le titre de « champion de la chrétienté, d’autre papes l’ont soutenu. Elisabeth I-ère, Reine d’ Angleterre et d’Irlande, connue pour la plus anticatholique priait pour Scanderbeg catholique. Voltaire écrivit que « si les empereurs grecs ( de Byzance ) avaient été de la trempe de Scanderbeg  l’Empire d’Orient aurait pu être sauvé ». Napoléon, dans ses mémoires qu’il dicta à Saint Hélène, considéra Scanderbeg parmi l’un des quatre plus grands généraux de tous les temps. James Wolf le héros du Québec a qualifié Scanderbeg de « plus grand général de l’histoire à la tête d’une petite armée ». Voilà tout ! Je ne peux pas comprendre le pourquoi de la transformation de mes  propos qu’il m’a attribués pour les avoir dits pendant ces plus de trois 3 heures d’interview . Les voilà :

1.Il m’attribue de lui avoir dit que le livre de Schmitt sur Scanderbeg « est celui d’un Serbe ». C’est faux ça et indigne de moi. J’ai dis que le livre est « celui d’un grand Serbe. Je ne peux pas dire s’il a omis l’adjectif grand par distraction ou exprès pour m’insulter . En effet ayant consacré toute ma vie à la lutte pour la liberté des peuples de leurs droits humains et contre le racisme , il me qualifie de raciste. Moi,durant la Deuxième Guerre mondiale j’ai  croisé les armes avec les peuples de la Yougoslavie, qui comme nous se battaient pour la libération de leur pays contre l’Italie fasciste et l’Allemagne nazie. Nous,  les Albanais nous étions comme les Yougoslaves avec l’alliance Anglo-Soviéto-Américaine. Si j’ai combattu contre l’ethnocide et le génocide exercé par Milosevic. Je ne peux pas diaboliser tout le peuple serbe pour le mal que les dirigeants des gouvernements serbes ont fait aux Albanais. A preuve pour tout ça est le fait que mon docteur de famille à Genève est un suisse d’origine serbe . Et j’ai pleine confiance en lui. Bien que les Assemblées de la Fédération mondiales des  Anciens Combattants depuis Johannesburg, à  Singapour, à Kuala- Lumpur, à Zagreb, à Lisbonne où l’Assemblée ont rejeté tous les projets-résolutions présentés par les délégations yougoslaves contre les Albanais du Kosovo, et cela sous  ma proposition, toutes ces délégations yougoslaves des Anciens combattants ne m’en ont pas voulu. Ils m’ont respecté et ont dîné avec moi. J’ai fait mon devoir pour dire toujours la vérité parce que nous les anciens combattants, nous sommes les plus crédibles quand nous parlons de la guerre. Nous l’avons combattue .

2.Le journaliste m’attribue d’avoir dit « d’être très en colère contre la Suisse , où cet ancien résistant à l’ Italie fasciste durant la Deuxième Guerre mondiale… »  Le fait d’avoir dit d’être en colère avec la Suisse est inventé. Comme  Albanais et ancien combattant antifasciste je ne peux pas être en colère avec la Suisse. Voilà pourquoi

a.Le 7 mai 1995 ayant été invité à Berne à la cérémonie commémorative du cinquantième anniversaire de la victoire sur l’Allemagne nazie en Europe, une cérémonie que la Suisse faisait pour la première fois dans 50 ans, j’ai eu l’ occasion d’entendre de la vive voix des conseillers fédéraux, que la Suisse devait la sauvegarde de sa liberté à ceux qui ont battu l’Allemagne nazie. Parmi eux, moi aussi, volontaire à 16 ans, décoré de guerre, ayant quitté le collège à Florence, quand le sort de la guerre n’était pas encore décidé, plus qu’aux ambassadeurs russe ( Staline avait laissé Hitler embraser l’Europe capitaliste, le Pacte Molotof-Ribentrop, et américain présents, dont les pays sont entrés en guerre après avoir été attaqués par les nazi- fascistes et les militaristes japonais. Ce jour-là a été le plus beau jour vécu en Suisse. La Suisse me reconnaissait la contribution personnelle à la sauvegarde de sa liberté

b. La Suisse, pays neutre a été le pays n qui par ses lois a beaucoup aidé les Albanais des Balkans, ceux de l’ Ex-Yougoslavie pour se battre pour leurs droits humains et leur liberté.

c. La Suisse, plutôt le Conseil d’Etat de Genève a soutenu mon projet d’ériger le buste de Scanderbeg à Genève, le premier héros national d’un autre peuple accepté en Suisse. Imaginez-vous, c'était là une occasion de rehausser l'image des Albanais  qui souffrent d'une opinion générale injustement mauvaise à cause de  tous les milliers de jeunes Albanais impliqués dans  des activités illicites.

d. La Suisse ces dernières années a soutenu l’Indépendance du Kosovo, en particulier Mme Calmy Rey. Alors pourquoi Monsieur le journaliste m’a présenté au grand public si ingrat envers la Suisse ? Aucune réaction n'a été décidée, malgré qu’il n’y ait pas eu de plainte jusqu’à présent de la part du Gouvernement Albanais, à ce sujet, de faire part de son mécontentement et de celui des 250 mille Albanais de la Suisse et des millions d’Albanais des communautés de presque tout le monde, auprès de Madame Calmy Rey, puisqu’il est sûr que cette cheffe du Département des Affaires étrangères de la Suisse ne partage pas cette opinion avec l’historien Schmitt. En effet en 1997 ayant été conseillère d’Etat à Genève elle a bien connu Skanderbeg, présenté par le projet de l’association présidé par Monsieur Leka au Conseil d’Etat, pour avoir la permission de lui ériger un buste de bronze. Elle a voté en faveur du buste de Skanderbeg à Genève. Personnellement il a eu l’occasion d’avoir cette confirmation de sa part à Grutli à la fête nationale suisse. C’est là,  qu’il a parlé de Héros mythique des Suisses Guillaume Tel et de Skanderbeg , héros historique des Albanais.

e. Je ne peux pas expliquer la présentation de ma personne aux lecteurs dans cette polémique. Vous avez attribué de l'importance à cette question, vos parlez même de scandale en Albanie. Vous présentez toutes les parties dans cette polémique, l'historien Oliver Schmitt, le porte -parole Andreas Staufer et moi comme ancien résistant de l’Italie fasciste seulement, et pas un résistant aux nazis allemands. Surtout un  ancien conseiller général ( un des 40 membres du comité central) de la Fédération mondiale des anciens combattants où  adhèrent 30 millions de membres dans le monde  entier avec ces dizaines de milliers de généraux qui font l’honneur de leur pays. Vous avez vu que j’a honoré la Suisse aussi qui ne reconnaît pas les anciens combattants, mais a apprécié mes interventions pour faire connaître les  projets de la Suisse sur le mines antipersonnel, la démocratisation des armées…Le journaliste aurait rendue plus intéressante la polémique s’il avait reconnu ma charge d’ancien collaborateur de l'Institut des sciences d’Albanie, qu’il avait eu l’occasion de découvrir chez moi.

f. le journaliste a arraché une idée qui pourrait être intime personnelle et passagère chez le porte-parole du DFAE comme quoi « Il faut un débat sur ces sujets. Le passé a jusqu’à présent été complètement mythifié dans la région »,bien qu’il a souligné, à juste titre que la Suisse ne joue pas  Les  maîtresses d’histoire ». Pour moi le journalist a piégé le porte-parole de DFAE que je considère personne objective et prudente. Dommage. Le journaliste par l’affirmation qu’il a arraché au porte-parole que « le DFAE n’avait pas enregistré aucune plainte officielle » fait du scandale Schmitt un objet d’échanges de notes ce que la DFAE et le Gouvernement albanais n’avaient aucune intention de faire.

A cette occasion Monsieur Leka a remercié Madame Calmy Rey au nom de tous les Albanais pour le soutien que la Suisse et personnellement elle, ont donnée à l’indépendance du Kosovo. Il y a quelque mois, Monsieur Leka a rencontré Madame Calmy Rey à Zurich à l’occasion de l’arrivée du Président du Kosovo Fatmir Sejdiu pour la déposition d’une plaque de remerciement à la Suisse de la part des Albanais duKosovo, pour l’aide que la Suisse a donné aux Albanais. Ce jour-là on a parlé de SKanderbeg et Madame Calmy Rey n’avait pas changé d’avis sur SKanderbeg. Elle a accepté aussi une grande photo murale du buste de SKanderbeg à Genève. Il est vrai que la rumeur court parmi tous les Albanais que l’historien suisse Oliver Jens Schmitt aurait touché des fonds serbes pour faire ce travail de sape sur la grande épopée albanaise. Ce livre déplore Monsieur Leka est un  livre “d’un grand Serbe” , c’est-à-dire que même le pire des ennemis serbes n’aurait pas fait mieux.

Mais Monsieur Leka  ne voudrait pas soutenir cette rumeur d’historien En effet,  Schmitt dans son livre, a cité plus de 227 fois le livre de Radonic, que lui-même nous présente comme  grand-serbe. Imaginez-vous combien de pages de Radonic doivent avoir place dans le livre de Schmitt. Et savoir que Radonic est connu dans les milieux scientifiques comme la personne qui a  volé les résultats des recherches scientifique du grand Professeur Croate Milan Suflaj, tué d’une manière barbare par  la police serbe en 1931, pour faire disparaître ses découvertes qui parlaient en faveur des Albanais dans les Balkans. Pour M.Leka , Schmitt, est un jeune historien qui a voulu devenir fameux au moins auprès des ennemis traditionnels des Albanais et aussi fameux auprès des Albanais. Mais chez ces derniers pour la sélection des documents pour pouvoir les interpréter en faveur de sa thèse anti-albanaise, sans se soucier de devenir plusieurs fois ridicule. Schmitt prétend se baser sur un document important qui prouve que toute l’épopée héroïque de Skanderbeg a pour motif  sa vengeance contre le Sultan qui lui aurait tué son père. Ce qui n’a jamais été prouvé historiquement. Il promet de montrer  ce document au public, qu'on attend toujours, car il ne l’a jamais fait. Moi, pour ma part j’ai trouvé le soi- disant document important de 1454 dans les archives du Duc Francesco Sforza de Milan. J’ai accompagné mes interview de presse et de télévision avec ce document sur lequel s'est basé Schmitt pour présenter dans 35 pages de son livre SKanderbeg, un vil vengeur hamlétien et pas un noble et héroïque combattant pour la liberté de son peuple.