06/04/2009

UN LIVRE SUISSE TRES CONTROVERSE EN ALBANIE ET AUPRES DE LA COMMUNAUTE ALBANAISE MONDIALE


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La dernière bataille en date de Monsieur Astrit Leka  (voir billet précédent) concerne le livre de Jens Oliver Schmitt sur  SKanderbeg dont le vrai nom est Gjergj Kastriot, unificateur de l’Albanie et qui est le symbole de la résistance  albanaise sous l’Empire ottoman au XV- ème  siècle. La statue offerte par SOLIDEST sous l’initiative de son Président  d’Association Leka , se trouve actuellement dans le parc William Rappard au bord du Lac. La biographie par l’historien suisse, Schmitt, du héros  national albanais fait des vagues auprès des intellectuels albanais et de toute la communauté albanaise dans le monde entier. Le mythe du héros est écorné. On doute des sources fiables de l’historien, des interprétations erronées. Même Ismaïl Kadaré s’étonne et parle d’'atteinte à la liberté”. Bref, l’historien subit un tollé. Pourquoi dire que la  carrière du grand “SKanderbeg tient du destin," comme le fait du hasard. Pourquoi ne pas simplement lui reconnaître une aura de héros qui s’est construit comme tel. L’historien parle de vengeance du père comme si le parcours de ce héros n’ était qu’une affaire de règlement personnel. La Confédération par le biais de la DDC a financé à hauteur de 12’000 francs, pour la traduction et les copies à 1’000 exemplaires de cet ouvrage fort controversé et dont on retrouve l’ emblème dans les premières pages du livre.

Astrit Leka n’a jamais pensé que le livre de l’historien suisse Oliver Jens Schmitt écrit sur SKanderbeg ferait l’objet d’une plainte officielle de la part du gouvernement albanais contre la Suisse. Indépendamment du fait que le Président de la République d’Albanie Bamir Topi et le Premier-ministre Sali Berisha ont réagi contre le livre de Schmitt à leur façon. Ils savent bien que dans un pays démocratique , comme l’Albanie et la Suisse chaque citoyen peut écrire et dire librement ce qu’il pense, toujours sans enfreindre les lois en vigueur. Or , Schmitt et son traducteur en Albanie ont publié le livre en question. D’autres ont écrit des livres contre Schmitt, c’est normal. La polémique peut continuer jusqu’à ce que la vérité jaillisse. On est dans le domaine de la science et la culture. "Moi en tant que Albanais et citoyen suisse connaissant bien la mentalité de tous les deux peuples , surtout la susceptibilité de mon peuple envers toute attaque à la figure de notre héros national j’ai voulu prévenir tout malentendu sur la contribution de la Suisse à la publication du livre de Schmitt" , précise Astrit Leka.

"En effet ayant été invité par le Président de l’Albanie pour fêter à la Présidence la fête de l’indépendance ou du drapeau de SKanderbeg, ayant été invité à Bitolie ( Monastir), Skopje et Tetovo pour le centenaire de l’alphabet albanais et à Prishtina pour le quarantième anniversaire des événements de 1968, j’ai eu l’occasion de rencontrer directement presque toutes les personnalités les plus éminentes politiques, scientifiques, culturelles albanaises dans les Balkans. Toutes étaient inquiètes de la publication du livre de Schmitt , qui dénigrait la figure de notre héros national SKanderbeg et après lui le peuple albanais et son histoire qu’il qualifiait fausse et pleine de mythes. N’ayant pas lu le livre de Schmitt, je ne me suis pas prononcé contre lui, dans mes interview à la télévision et à la presse. Rentré en Suisse je me suis intéressé auprès de la Direction du Développement et de la Coopération (DDC) du Département fédéral des Affaires étrangères en leur expliquant qu’ils n’avaient pas bien fait de financer le livre de Schmitt, surtout avec le contenu que les Albanais lui reprochaient. Insatisfait de la réponse je n’ai pas pensé à une mauvaise intention de leur part, mais plutôt d’une distraction. Je me suis  mis à lire et étudier le livre. Ce qui m’a pris beaucoup de temps ( 573 pages !)."

Monsieur Leka a été été interviewé par le journaliste Serge Gumy qui après quoi a écrit un article dans le journal  de Lausanne « 24 heures » sous le  titre « Un livre payé par la Suisse fait scandale en Albanie » .  Il souhaitait  ajouter quelques chose à ce propos sur ce qui figure dans l’article .

" Il est vrai que j’ai été interviewé chez moi par le journaliste Serge Gumy pendant plus de trois heures et jusque tard la  nuit. Le thème de l’interview n’était pas la publication de l’article avec ce titre sensationnel qui attaque injustement la Suisse, donc le Département des affaires étrangères. Moi  j’ai dit au journaliste que c’est le livre de  l’historien suisse Oliver Jens Schmitt qui a fait scandale et c’est lui qui est  responsable de tout ce qu’il a écrit et non pas la Suisse. Il est vrai que l’agence suisse a payé pour la publication du livre en question. Cela peut être arrivé du fait que  la personne suisse qui a donné feu vert pour le payement de ce livre n’ayant  pas pu lire 573 pages du livre de Schmitt, surtout en langue albanaise, qu’il ne connaissait pas, s'est contenté de voir le titre du livre « Scanderbeg », héros national des Albanais et défenseur de la chrétienté de l’Europe. Bien sûr comme fonctionnaire ou employé du Département des Affaires étrangères assigné à travailler avec l’Albanie, il devait savoir que le buste de Scanderbeg était érigé à Genève, par SOLIDEST soutenu par le Conseil d’Etat de Genève. Il devait savoir au moins que Scanderbeg était reconnu et apprécié par de nombreuses et illustres personnalités des siècles suivants. Le pape Nicolas X lui décerna le titre de « champion de la chrétienté, d’autre papes l’ont soutenu. Elisabeth I-ère, Reine d’ Angleterre et d’Irlande, connue pour la plus anticatholique priait pour Scanderbeg catholique. Voltaire écrivit que « si les empereurs grecs ( de Byzance ) avaient été de la trempe de Scanderbeg  l’Empire d’Orient aurait pu être sauvé ». Napoléon, dans ses mémoires qu’il dicta à Saint Hélène, considéra Scanderbeg parmi l’un des quatre plus grands généraux de tous les temps. James Wolf le héros du Québec a qualifié Scanderbeg de « plus grand général de l’histoire à la tête d’une petite armée ». Voilà tout ! Je ne peux pas comprendre le pourquoi de la transformation de mes  propos qu’il m’a attribués pour les avoir dits pendant ces plus de trois 3 heures d’interview . Les voilà :

1.Il m’attribue de lui avoir dit que le livre de Schmitt sur Scanderbeg « est celui d’un Serbe ». C’est faux ça et indigne de moi. J’ai dis que le livre est « celui d’un grand Serbe. Je ne peux pas dire s’il a omis l’adjectif grand par distraction ou exprès pour m’insulter . En effet ayant consacré toute ma vie à la lutte pour la liberté des peuples de leurs droits humains et contre le racisme , il me qualifie de raciste. Moi,durant la Deuxième Guerre mondiale j’ai  croisé les armes avec les peuples de la Yougoslavie, qui comme nous se battaient pour la libération de leur pays contre l’Italie fasciste et l’Allemagne nazie. Nous,  les Albanais nous étions comme les Yougoslaves avec l’alliance Anglo-Soviéto-Américaine. Si j’ai combattu contre l’ethnocide et le génocide exercé par Milosevic. Je ne peux pas diaboliser tout le peuple serbe pour le mal que les dirigeants des gouvernements serbes ont fait aux Albanais. A preuve pour tout ça est le fait que mon docteur de famille à Genève est un suisse d’origine serbe . Et j’ai pleine confiance en lui. Bien que les Assemblées de la Fédération mondiales des  Anciens Combattants depuis Johannesburg, à  Singapour, à Kuala- Lumpur, à Zagreb, à Lisbonne où l’Assemblée ont rejeté tous les projets-résolutions présentés par les délégations yougoslaves contre les Albanais du Kosovo, et cela sous  ma proposition, toutes ces délégations yougoslaves des Anciens combattants ne m’en ont pas voulu. Ils m’ont respecté et ont dîné avec moi. J’ai fait mon devoir pour dire toujours la vérité parce que nous les anciens combattants, nous sommes les plus crédibles quand nous parlons de la guerre. Nous l’avons combattue .

2.Le journaliste m’attribue d’avoir dit « d’être très en colère contre la Suisse , où cet ancien résistant à l’ Italie fasciste durant la Deuxième Guerre mondiale… »  Le fait d’avoir dit d’être en colère avec la Suisse est inventé. Comme  Albanais et ancien combattant antifasciste je ne peux pas être en colère avec la Suisse. Voilà pourquoi

a.Le 7 mai 1995 ayant été invité à Berne à la cérémonie commémorative du cinquantième anniversaire de la victoire sur l’Allemagne nazie en Europe, une cérémonie que la Suisse faisait pour la première fois dans 50 ans, j’ai eu l’ occasion d’entendre de la vive voix des conseillers fédéraux, que la Suisse devait la sauvegarde de sa liberté à ceux qui ont battu l’Allemagne nazie. Parmi eux, moi aussi, volontaire à 16 ans, décoré de guerre, ayant quitté le collège à Florence, quand le sort de la guerre n’était pas encore décidé, plus qu’aux ambassadeurs russe ( Staline avait laissé Hitler embraser l’Europe capitaliste, le Pacte Molotof-Ribentrop, et américain présents, dont les pays sont entrés en guerre après avoir été attaqués par les nazi- fascistes et les militaristes japonais. Ce jour-là a été le plus beau jour vécu en Suisse. La Suisse me reconnaissait la contribution personnelle à la sauvegarde de sa liberté

b. La Suisse, pays neutre a été le pays n qui par ses lois a beaucoup aidé les Albanais des Balkans, ceux de l’ Ex-Yougoslavie pour se battre pour leurs droits humains et leur liberté.

c. La Suisse, plutôt le Conseil d’Etat de Genève a soutenu mon projet d’ériger le buste de Scanderbeg à Genève, le premier héros national d’un autre peuple accepté en Suisse. Imaginez-vous, c'était là une occasion de rehausser l'image des Albanais  qui souffrent d'une opinion générale injustement mauvaise à cause de  tous les milliers de jeunes Albanais impliqués dans  des activités illicites.

d. La Suisse ces dernières années a soutenu l’Indépendance du Kosovo, en particulier Mme Calmy Rey. Alors pourquoi Monsieur le journaliste m’a présenté au grand public si ingrat envers la Suisse ? Aucune réaction n'a été décidée, malgré qu’il n’y ait pas eu de plainte jusqu’à présent de la part du Gouvernement Albanais, à ce sujet, de faire part de son mécontentement et de celui des 250 mille Albanais de la Suisse et des millions d’Albanais des communautés de presque tout le monde, auprès de Madame Calmy Rey, puisqu’il est sûr que cette cheffe du Département des Affaires étrangères de la Suisse ne partage pas cette opinion avec l’historien Schmitt. En effet en 1997 ayant été conseillère d’Etat à Genève elle a bien connu Skanderbeg, présenté par le projet de l’association présidé par Monsieur Leka au Conseil d’Etat, pour avoir la permission de lui ériger un buste de bronze. Elle a voté en faveur du buste de Skanderbeg à Genève. Personnellement il a eu l’occasion d’avoir cette confirmation de sa part à Grutli à la fête nationale suisse. C’est là,  qu’il a parlé de Héros mythique des Suisses Guillaume Tel et de Skanderbeg , héros historique des Albanais.

e. Je ne peux pas expliquer la présentation de ma personne aux lecteurs dans cette polémique. Vous avez attribué de l'importance à cette question, vos parlez même de scandale en Albanie. Vous présentez toutes les parties dans cette polémique, l'historien Oliver Schmitt, le porte -parole Andreas Staufer et moi comme ancien résistant de l’Italie fasciste seulement, et pas un résistant aux nazis allemands. Surtout un  ancien conseiller général ( un des 40 membres du comité central) de la Fédération mondiale des anciens combattants où  adhèrent 30 millions de membres dans le monde  entier avec ces dizaines de milliers de généraux qui font l’honneur de leur pays. Vous avez vu que j’a honoré la Suisse aussi qui ne reconnaît pas les anciens combattants, mais a apprécié mes interventions pour faire connaître les  projets de la Suisse sur le mines antipersonnel, la démocratisation des armées…Le journaliste aurait rendue plus intéressante la polémique s’il avait reconnu ma charge d’ancien collaborateur de l'Institut des sciences d’Albanie, qu’il avait eu l’occasion de découvrir chez moi.

f. le journaliste a arraché une idée qui pourrait être intime personnelle et passagère chez le porte-parole du DFAE comme quoi « Il faut un débat sur ces sujets. Le passé a jusqu’à présent été complètement mythifié dans la région »,bien qu’il a souligné, à juste titre que la Suisse ne joue pas  Les  maîtresses d’histoire ». Pour moi le journalist a piégé le porte-parole de DFAE que je considère personne objective et prudente. Dommage. Le journaliste par l’affirmation qu’il a arraché au porte-parole que « le DFAE n’avait pas enregistré aucune plainte officielle » fait du scandale Schmitt un objet d’échanges de notes ce que la DFAE et le Gouvernement albanais n’avaient aucune intention de faire.

A cette occasion Monsieur Leka a remercié Madame Calmy Rey au nom de tous les Albanais pour le soutien que la Suisse et personnellement elle, ont donnée à l’indépendance du Kosovo. Il y a quelque mois, Monsieur Leka a rencontré Madame Calmy Rey à Zurich à l’occasion de l’arrivée du Président du Kosovo Fatmir Sejdiu pour la déposition d’une plaque de remerciement à la Suisse de la part des Albanais duKosovo, pour l’aide que la Suisse a donné aux Albanais. Ce jour-là on a parlé de SKanderbeg et Madame Calmy Rey n’avait pas changé d’avis sur SKanderbeg. Elle a accepté aussi une grande photo murale du buste de SKanderbeg à Genève. Il est vrai que la rumeur court parmi tous les Albanais que l’historien suisse Oliver Jens Schmitt aurait touché des fonds serbes pour faire ce travail de sape sur la grande épopée albanaise. Ce livre déplore Monsieur Leka est un  livre “d’un grand Serbe” , c’est-à-dire que même le pire des ennemis serbes n’aurait pas fait mieux.

Mais Monsieur Leka  ne voudrait pas soutenir cette rumeur d’historien En effet,  Schmitt dans son livre, a cité plus de 227 fois le livre de Radonic, que lui-même nous présente comme  grand-serbe. Imaginez-vous combien de pages de Radonic doivent avoir place dans le livre de Schmitt. Et savoir que Radonic est connu dans les milieux scientifiques comme la personne qui a  volé les résultats des recherches scientifique du grand Professeur Croate Milan Suflaj, tué d’une manière barbare par  la police serbe en 1931, pour faire disparaître ses découvertes qui parlaient en faveur des Albanais dans les Balkans. Pour M.Leka , Schmitt, est un jeune historien qui a voulu devenir fameux au moins auprès des ennemis traditionnels des Albanais et aussi fameux auprès des Albanais. Mais chez ces derniers pour la sélection des documents pour pouvoir les interpréter en faveur de sa thèse anti-albanaise, sans se soucier de devenir plusieurs fois ridicule. Schmitt prétend se baser sur un document important qui prouve que toute l’épopée héroïque de Skanderbeg a pour motif  sa vengeance contre le Sultan qui lui aurait tué son père. Ce qui n’a jamais été prouvé historiquement. Il promet de montrer  ce document au public, qu'on attend toujours, car il ne l’a jamais fait. Moi, pour ma part j’ai trouvé le soi- disant document important de 1454 dans les archives du Duc Francesco Sforza de Milan. J’ai accompagné mes interview de presse et de télévision avec ce document sur lequel s'est basé Schmitt pour présenter dans 35 pages de son livre SKanderbeg, un vil vengeur hamlétien et pas un noble et héroïque combattant pour la liberté de son peuple.

          
                                     

 

05/04/2009

Astrit Leka - 70 ans d’engagement pour la liberté, les droits de l’homme et la démocratie

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Astrit Leka est un intellectuel albanais qui a derrière lui 70 ans de vie active, un combat perpétuel pour la liberté des peuples, les droits de l’homme et la démocratie. Juste le 4 avril 1939, à l'âge de 14 ans, élève du Lycée Français il s’est inscrit volontaire pour combattre  l’agression fasciste de l’Albanie par l’armée de Mussolini, mais non admis à cause de son jeune l’âge, son frère , lui, à 16 ans le sera.
En 1941, à 16 ans,  il quitte le collège à Florence pour rentrer en Albanie et s’engager dans la Lutte nationale de Libération contre l’occupation fasciste et celle nazie allemande. Il a bien combattu dans les brigades partisanes et surtout comme un des chefs les plus fameux des guérillas en Albanie. Il a participé à plus de 44 actions de guerre. Sa résistance prenait des formes bien particulières comme celle en 1943 d’envahir les entrepôts de la banque nationale de Durrës. Non pas pour y voler de l’argent, mais mettre main basse sur la laine rare et chère à l’époque entreposée par les Allemands comme matière première stratégique pour affronter le froid sur le front russe. Cette action a protégé 15 mille partisans albanais durant l’hiver rigoureux de 1943-44. Par la suite,  le circulaire du Général, baron Von Thüngen, commandant des Forces allemandes d’occupation en Albanie exigera l’arrestation de « Alarik », le nom de guerre de Astrit Leka. Ce commandant des opérations pouvait se targuer d’avoir mené des opérations de grande envergure en Albanie y compris le Kosovo, la Macédoine alors sous occupation bulgare,le Monténégro et même la Serbie.

La commission du concours du meilleur livre publié à l’occasion du quarantième anniversaire de la fondation du Parti communiste d’Albanie a conféré l’unique prix à un drame publié par le grand artiste albanais Ndrek Luca ayant comme sujet un des exploits de guerre que Astrit Leka avait réalisé, mais qui juste a cet anniversaire continuait à purger une peine d’ennemi du peuple.

A la libération, décoré de guerre, ayant reçu le prix d’un des meilleurs bacheliers d’Albanie en 1945, il ne s’est pas coulé dans le moule communiste sous l’ère Enver Hodja, son ancien professeur qui connaissait bien son élève et son compagnon courageux de résistance qu’il retrouvera opposé
à lui. Après 12 ans d’études universitaires et ces trois diplômes obtenus sans jamais fréquenter les cours, il devait travailler pour assurer le pain quotidien ayant été exproprié de tout, et  le comble, également à son son père,  illustre juriste à qui on ne permettait pas d’exercer sa profession. Il ne se résoudra jamais à plier sous la férule communiste. Persécuté, et même déclaré “ennemi du peuple”, pour n’avoir pas été soumis à faire une autocritique suivant l’exemple de quelques recteurs chinois d’alors, on lui a attribué d’avoir mené  une « activité hostile » en 1967, durant l’imitation de la révolution culturelle chinoise en Albanie en 1967.
Il ne se soumet pas. Selon le code pénal on devait le condamner à plus de 20 ans de prison ferme ou le décapiter.  Enver Hoxha et les autres dirigeants d’Albanie ses anciens compagnons de guerre, connaissant bien ses convictions anticommunistes et sachant bien qu’il n’aspirait pas à prendre leur place, comme d’autres qu’ils avaient déjà décapités, lui ont commué la peine aux travaux forcés, éloigné de tout travail intellectuel, pour toute la vie. Les autorités ont toléré de le laisser donner des leçons privées en français, italien, espagnol et portugais. Leurs fils ayant été ses étudiants. Cela lui a permis de survivre dans ce régime aberrant pendant 23 ans.

Monsieur Leka ne prétend pas  avoir enfreint les lois de la dictature communiste. D’ailleurs il aurait été le premier à être exécuté, parce qu’il avait donné des preuves  d'homme d'action et de courage. Il reconnait n’avoir pas obéi en  réécrivant l’histoire comme les communistes l’on dictée, durant la période où il travaillait comme collaborateur scientifique de l’Institut des Sciences d’Albanie (1947-1954), dit le plus ancien historien diplômé d’Albanie encore en vie. En 1990,  l’Albanie communiste veut donner des signes de libération après la décapitation du couple Ceaucescu. On délivre un passeport à Leka, qui à l’âge 65 ans malgré son complexe naturel d'infériorité de l’intellectuel enfermé durant un demi siècle dans un pays cloisonné comme l’Albanie et qui a osé défier les intellectuels de l’Ouest. Une folie ! Après un périple aux USA, au Canada et dans plusieurs pays de l’Europe, Leka décide de venir vivre en Suisse, à Genève, précisément aux Pâquis  en 1990.
Il remercie le Doyen de la Faculté de Justice à la New-York University le Prof. Greenberger, qui lui a offert le poste de bibliographe, grâce aux langues qu’il possédait et que le régime communiste n’avait pu les lui arracher de son cerveau. En Suisse il remercie le Prof. Hans Meier, Recteur de l’Université de Fribourg qui l’a apprécié le premier en 1991. En effet après une collaboration il lui a écrit : « Vos connaissances, vos grandes activités, ainsi que votre personnalité font que notre Université serait honoré de pouvoir s’attacher à vos service… ». Le Secrétaire d’ Etat pour la science et la recherche le Prof. H. Ursprung après l’avoir connu lui recommande d’écrire son nom comme référence dans chaque lettre adressée aux autorités suisses. Un grand merci doit aller aussi à lui, précise Monsieur Leka. En effet ce sont eux qui l' ont encouragé à  continuer de consacrer les années de vie qui lui restaient, à la liberté, à la paix et aux droits des peuples de tout le monde, surtout à Genève internationale.

Comme première activité, il a fondé,  à Genève,  l’Association Internationale de Solidarité pour le Développement des Pays de l’Est, SOLIDEST, grâce au soutien d’importantes personnalités des ONG Suisses et Internationales, de parlementaires de Genève et des membres du Conseil d’Etat qui ont soutenu ses projets lancés vers les Pays de l’Est .
Toute cette intense activité déployée en Suisse, un pays démocratique, pour Leka, un étranger ce qui n’a pas été si facile pour lui, bien au contraire. Leka remercie la Suisse de ne lui avoir jamais entravé ses activités en faveur de la liberté des peuples et surtout des Albanais des Balkans, mais reproche à une partie des autorités suisses le mauvais traitement de son dossier personnel. A cela il donne une explication . Les attaques faites contre lui par les forces ouvertes et obscures qui étaient contre la cause des droits de l’homme et surtout la liberté des Albanais de tout joug national. Et aussi l’activité illicite de milliers de jeunes albanais qui les ont déshonorés. On a mis injustement tous  les Albanais dans le même sac. Je pense qu’ici il faut chercher une dose de xénophobie et de racisme. Dommage!
Monsieur Leka, toujours combatif a demandé à l’ancien chef du Département de justice et police Monsieur Christophe Blocher de nettoyer cette bureaucratie et  la pourriture de son Département concernant  le traitement de son dossier. Voilà la réponse : « Le Département de justice et police confirme que ni votre probité ni la valeur de votre engagement politique en faveur de la paix, des droits humains ne sont mis en cause ». Merci ,trop tard dit Monsieur Leka. Le Président de la Confédération Samuel Schmid écrit à Monsieur Leka : « Votre combat, votre ténacité vous font honneur. Des erreurs d’appréciation auraient été commises à votre encontre. Je vous soutiens .»
La cheffe du Département des Affaires étrangères écrit à Monsieur Leka : « Votre engagement au sein de la Fédération Mondiale des Anciens Combattants pour soutenir le processus de paix au Proche Orient ,dans le cadre de l’Initiative de Genève et apprécié .»

Malgré ses 84 ans, Astrit Leka a déjà parcouru tous les continents, du sud au nord. Dans ces Forums, Congrès, Assemblées, colloques, symposiums etc. il s’est entretenu avec des dizaines de Présidents du monde, des dizaines de Premier-ministres, des centaines de ministres et de députés du monde entier. Bien sûr avec plus d’intérêt pour des personnalités scientifiques et culturelles et des Prix Nobel pour renforcer l’efficacité son activité pour la liberté, la paix et une meilleure connaissances entre les peuples durant ces 70 ans de vie active et tourmentée, qu’il présentera bien documentée dans ces mémoires qui paraîtront prochainement, " si je ne les emporte dans la tombe comme plusieurs de mes compagnons d’autrefois " , ajoute Monsieur Leka en souriant.

En 2003 Monsieur Leka a été assigné conseiller général de la Fédération Mondiale des Anciens Combattants et Victimes de Guerre, à Johannesburg à l’Assemblée générale de La FMAC-Paris, avec 30 millions d’adhérents. En 2006 il a été élu Vice-Président de la Confédération européenne des Anciens Combattants et victimes de Guerre, CEAC-Paris. Son pays l’Albanie démocratique, a reconnu ces mérites de guerre et son opposition au communisme après la débâcle  du régime communiste. Des dizaines d’articles écrits par les plus prestigieux journaux des dizaines d’émissions télévisées, des livres écrits sur sa vie, une procédure entamée pour lui conférer le doctorat honoris causa font partie de cette réhabilitation morale de cette personnalité qui ne s’est pas soumise durant plus de 50 ans aux souffrances subies.

Monsieur Astrit LEKA un des premiers volontaires de la Deuxième Guerre mondiale encore en vie a été décoré durant la rencontre des Anciens Combattants de l’Est et de l’Ouest en mai 2005, où il a eu l’honneur de parler au nom de la Délégation de la Fédération mondiale à la réunion académique.  Il a été décoré lors de la rencontre des Anciens Combattants de l’Europe à  Prague en 2006.Il a été décoré par l’Argentine en 2007 . Et finalement l’Albanie a conféré deux décorations, dont un ordre d’or par son   « ennemi du peuple » d’autrefois. Monsieur Leka, qui n’a jamais porté  les 3 décorations de la Deuxième Guerre mondiale en Albanie durant le régime communiste peut les porter, aujourd’hui,  après 60 ans avec celles du 21-ème  siècle et les futures à venir, en cours.