17/11/2009

La diplomatie mondiale passe par les Pâquis


P1010367.JPG La Fondation Diplo Foundation sise aux Pâquis fait désormais partie des “10 qui changent le monde de l’Internet et de la politique” selon le  Forum mondial de l’électronique qui vient de lui remettre un prix en octobre dernier. Son fondateur Jovan Kurbalija (prononcer Kurbalia) est spécialisé dans la formation à distance des représentants  des pays émergents et compte plus d’un millier d’anciens élèves.

Assis dans son fauteuil,  Jovan Kurbalija vous regarde droit dans les yeux de ses yeux couleur noisette, tout en souriant et prêt à s’enthousiasmer, cet homme qui défend avec conviction l’intelligence émotionnelle.  Je  le photographie, il rit en se frottant un crâne chauve, je le rassure,  Boris Cyrulnik, le fameux pédopsychiatre,  lui–même l’est  et maintient que les  femmes adorent ça, la  plupart des  bébés  sont souvent chauves et pourtant  si   adorables, on n’a qu’une seule envie,
celle de leur caresser la tête !    Jovan Kurbalija s’exprime avec aisance dans un anglais
parfait (ce qui m’arrange moins pour mon entretien!)

Diplomate yougoslave jusqu’en 1991, docteur en droit international de  l’Université de Belgrade,  Jovan Kurbalija  poursuivit ses études à Malte, à l’Académie Méditerranéenne d’études de  la diplomatie,  un programme  financé par la DDC. A l’issue de  l’année, son pays la Yougoslavie devait disparaître. Il  décida donc depoursuivre  ses études grâce à  sa bourse suisse.

En 2002, la Suisse initiatrice du Diplo Foundation avec Malte décida d’ouvrir aussi un bureau à Genève et Jovan Kurbalija assure le relais, à Genève, lieu idéal, si proche  des organisations internationales et des ONG du monde entier. 25 personnes  travaillent dans le monde en réseau internet pour Diplo Foundation. Le but  étant  d’adapter  la diplomatie et les relations internationales de type classique aux nouvelles technologies de l'information. Du Congrès de Vienne (1815), centre de la diplomatie européenne au XIX ème siècle, il fallut songer à donner à la diplomatie un essor nouveau adapté aux changements en phase avec l’émergence de la société d’information. Car la diplomatie est assurément d’abord une affaire de communication, de négociation et d’échanges impliquant, aujourd’hui,  les citoyens  et non plus essentiellement les gouvernements comme autrefois.

Les pays émergents peuvent enfin se joindre au concert des nations et s’asseoir autour de la table des grands grâce à  l’internet. Participer  aux décisions importantes, mieux comprendre et analyser les défis de la globalisation grâce à ces cours à distance par Internet. A l’issue du cours,  les participants se rencontrent lors de meetings à Genève auprès des Nations Unies durant lesquels on les aide à appréhender dans les meilleures conditions, un environnement de travail relativement nouveau pour certains,  car rien ne vaut et remplace le contact direct. 

Entre deux avions, entre deux conférences, dans une des grandes villes du monde, ce féru voyageur s’enthousiasme pour les Pâquis  qui représentent, selon lui,  le monde en miniature, un intense petit condensé de la planète  :  riches dans de beaux hôtels, pauvres aux rêves brisés,  « de la salade mixte » au « melting pot » des cultures, organisations internationales.

Lui-même vivant aux Eaux-Vives emprunte fréquemment la Mouette et traverse à pied le quartier des Pâquis en observant  ces gens du monde entier, de tous les âges, des magasins africains, des restaurants asiatiques ; lorsqu’il voit  les belles de jour de  nationalités si différentes,  il pense qu’entre le plus vieux métier du monde  et la diplomatie il peut  y avoir un lien commun :  les deux plus anciennes vocations aussi bien que  passions  du monde ont  besoin de défendre le statut et  l'importance de leur métier et leur assise dans la société d’aujourd’hui.

Et Genève, selon Jovan Kurbalija, haut lieu des rencontres internationales, devrait devenir aussi le centre de la diplomatie mondiale via la création d'un musée interactif qui permettrait de se nourrir aux sources du passé pour mieux se projeter dans l’avenir. Ce musée accueillerait les délégations, les touristes, les enfants des écoles qui seraient très tôt initiés aux règles de la diplomatie et la solution pacifique des différends. Car la seule alternative à guerre c'est la diplomatie, l’art du compromis et enjeu essentiel de la paix à inculquer très tôt.


Et le compromis est plus courageux que la guerre car il faut être plus brave pour  accepter un compromis. 

Pour en savoir plus :


www.diplomacy.edu