23/12/2009

MAX KÜN LE POETE ET SON CHANT DE NOËL

 

CHANT DE NOEL

 Vole! - mon chant de Noël!

Allume tous les coeurs!

Visite les malades -

Apporte le bonheur!
Va vers les gens dans les huttes!
Là - où la misère règne!
Disperse leurs souffrances -
Soulage leurs peines!
Entre dans toutes les maisons!
Traverse les routes, les quais,
Et dit à chacun;
Il n'y a pas Noël -
Sans la paix !

18/11/2009

LA LETTRE DE NORMA - AVEC ACCENT ^


images-1.jpgA l’Espace Solidaire des Pâquis, il y a une porte ouverte a l’apprentissage et a l’intégration. C’est un endroit ou nous pouvons recevoir la connaissance élémentaire de la langue française, entures par un groupe de personnes de grande qualité humaine qui s’attelle a la tache de manière désintéressée.

C’est un endroit dédire a chacun d’entre nous qui du fait de ne pas parler la langue, avons des difficultés a nous intégrer a la société.

Ici, nous partageons des moments agréables comme : lire, déguster des plats typique de chaque pays, accéder au téléphone et a Internet, échanger des idées et des coutumes.

Nous recevons également des cours  de forme individuelle ou en groupe. Il y a en plus des cours de couture de broderie ; sans oublier ni mettre de cote le plus jeune gui viennent ici pour une aide aux devoirs scolaires.

L’engagement que nous avons pu constate dans chacune des personnes présentes ici nous donne le sentiment qu’on s’occupe de nous et qu’on le sentiment qu’on nous écoute. Nous souhaiterions vraiment nous faire connaitre des autre personnes ayant les menés besoins, qu’il sache que nous existons, que nous sommes ici et que nous pensons que cela nous donne l’opportunité de nous exprimer et de nous ouvrier. Nous marchons pour que l’intégration soit pleine.

Nous faisons la cordiale intension a toutes les personnes qui d’une manière ou d’une autre souhaitent collaborer ou s’unir a notre groupe, sachant que l’union fait la force.

Une fois encore, nous souhaitons exprimer notre énorme gratitude a chaque personne du groupe-

Une grand MERCI a tous.

Norma est d'origine équatorienne,  diplômée de  mathématiques et de physique, elle a quarante ans et apprend le français à l’Espace Solidaire des Pâquis, cours prodigués par des bénévoles. Elle a deux enfants, un resté en Equateur et le second plus jeune  l’accompagne.

BRAVO NORMA ! Bel effort de communication et bravo à l’équipe de bénévoles.

 

pour en savoir plus :

http://paquis.blog.tdg.ch/archive/2009/10/28/bureau-citoy...

28/10/2009

Bureau Citoyen aux Pâquis

DSCN0090.JPGLe Bureau Citoyen sis au Temple des Pâquis, s'inscrit dans le cadre de l’association Espace Solidaire Pâquis et s’est basé en partie sur le modèle londonien des  Citizens Advice Bureau qui fêtent leurs 70 ans.  Nés aussitôt au début de la première guerre mondiale pour
évaluer les besoins de la population confrontée  aux problèmes de rationnement et de logement, ce ne sont pas moins de 200 bureaux qui se sont ouverts dans toute la ville.  Ces bureaux se sont donnés comme tâches d’informer, de conseiller, de soutenir les Londoniens  victimes de la guerre.

Face au succès croissant de cette initiative, les bureaux ont continué à offrir ces  prestations qui se sont avérées  être nécessaire en tout temps pour des publics aux nécessités diverses et dont les besoins ont évolué. Des bénévoles formés et des professionnels confirmés s’activent à fournir toutes les réponses à ceux et celles qui se trouvent confrontés à des difficultés momentanées ou de plus longue durée.
Logement, abris d’urgence, sanitaires, soins, aide  à remplir les formulaires administratifs compliqués pour les nouveaux migrants, recherche d’emploi, de formation. Ces Citizen Advice Bureau offrent une palette très large d’information et d’aides et représentent dès lors  un exemple intéressant d’action citoyenne proposée aux citoyens dont Genève peut tirer bénéfice et l’adapter par conséquent. 

Ainsi adapté aux besoins spécifiques du quartier des Pâquis, le Bureau Citoyen est une organisation apprenante qui s’est donné pour mission d’offrir un éventail très large de prestations et  qui consistent surtout à fournir une écoute active, des informations claires, un accompagnement ciblé et bien souvent rediriger vers des organismes susceptibles de répondre à la requête du moment.

Contexte :

« Au cœur de Genève, le quartier des Pâquis, situé  entre le lac et la gare  est souvent un passage obligé, d’accès facile pour quiconque doit séjourner à Genève, il  a toujours été un quartier populaire et animé connu pour sa vie nocturne »
Depuis le début du siècle dernier, le quartier des Pâquis était connu déjà pour être un quartier chaud où avoisinaient petits commerces et lieux de plaisir, qui vit se multiplier au fil des ans bistrots, cabarets, dancing… Mais aussi un bastion des immigrés Valaisans, Vaudois, Fribourgeois puis  Espagnols, Italiens, Portugais et aujourd’hui  Africains, Moyens Orientaux, Asiatiques et autres. Quartier cosmopolite où toutes les races, les couleurs, les cultures y résident.
Plus de 17000 habitants dont 60% d’étrangers, plus de 100  nationalités et 10 000 logements, 500 commerces, c’est aussi l’un quartier où il ya le plus de jeunes et où les étudiants, chômeurs et petits budgets peuvent encore trouver des loyers abordables.

Cependant en  se penchant sur cette diversité, on ne peut être que frappé par la nature très disparate des motivations et des trajectoires et du vécu de ces résidents, hommes, femmes et enfants, ballottés au gré d’une crise politique, d’une guerre ou de la stricte nécessité économique et qui aujourd’hui cumulant les handicaps de langue, de manque de formation, d’instruction et de compétence  peinent devant les difficultés à trouver un emploi, un logement, à communiquer avec l’administration qui travaille  de plus en plus en ligne, à déchiffrer des formulaires, etc.…handicaps qui ont pour effet de les marginaliser davantage.
C’est dans ce contexte qu’intervient le Bureau Citoyen, Ecoute,  Echange, Entraide, Empathie afin  tout simplement de les  sortir de l’isolement.
Peut-être que ces mots ont beaucoup plus que cela en commun ? Le Bureau Citoyen c'est une autre façon de profiter du savoir, des idées, de l'expérience des autres pour aller Ensemble vers une façon de vivre plus Equilibrée.

Objectif global :
Permettre à un maximum d’habitants de pouvoir devenir des acteurs  dans leur quartier et travailler en concertation avec les acteurs locaux pour le mieux vivre ensemble.

Les objectifs spécifiques :
•    Renforcer la solidarité entre habitants, commerçants, institutions et associations.
•    Recadrer les résidents  dans leur environnement (droits et obligations).
•    Redynamiser  l’action citoyenne active.
•    Construire un cadre non institutionnel et  permanent de rapprochement entre pouvoirs locaux et citadins.
•    Consolider les acteurs locaux en leur offrant une base d’adhésion élargie.


Comment ? La gratuité de nos prestations

•    Fournir un espace d’écoute et d’informations utiles, dans un contexte d’accueil, agréable, flexible et permanent.
•    Avoir une bonne compréhension des demandes.
•    Fournir une réponse immédiate qui facilite la démarche.
•    Redonner une voix à ceux qui n’en ont pas.
•    Partager des savoirs et des expériences.
•    Consacrer le temps nécessaire à l’accompagnement.

Le public cible :
Migrants, personnes analphabètes, personnes âgées, jeunes en rupture, personnes sans emploi, ou toute autre personne qui a juste envie de partager un moment agréable avec les autres.

Le citoyen est un être éminement politique qui exprime non pas son intérêt individuel mais l’intérêt général. Cet intérêt général ne se résume pas à la somme des volontés particulières  mais la dépasse. Jean Jacques Rousseau
•    Qui Sommes nous ?
L’Espace solidaire Pâquis est une association laïque, multiculturelle et à but non lucratif, née d’une rencontre entre les bénévoles de l’association évangile et travail, active depuis une dizaine d’années au Temple des Pâquis dans le domaine de la solidarité et des habitants et commerçants et associations du quartier des Pâquis.
Pourquoi ?
Cette rencontre répond à la fois à la nécessité des habitants de se rencontrer, de partager, d’échanger et d’agir et à la volonté de l’église de s’ouvrir aux acteurs impliqués et concernés, en vue d’améliorer le vivre ensemble.
•    Comment ?
Nous n’avons pas la prétention de remettre l’église au milieu du village, mais d’en faire :
•    Un lieu d’écoute
•    Un espace de convivialité
•    Une maison de solidarité
•    Un relais pour le citoyen
•    Un havre de calme et de sérénité

•    Comment ?
•    Favoriser et renforcer les rencontres entre habitants du quartier.
•    Encourager les activités citoyennes et solidaires.
•    Coopérer avec les  associations et institutions actives sur le terrain.


Activités
•    Bureau Citoyen.
•    Atelier de conversation française.
•    Atelier d’informatique.
•    Soutien scolaire français, allemand, mathématique.
•    Atelier de couture et tricot.
•    Mise à disposition de la salle et du jardin pour toute animation, musicale, théâtrale, danse, chorale, conférences et débats.

CONTACTS

Temple des Pâquis
49,rue de Berne
1201 genève
tel:022 734 32 38
E-mail:espaquis@gmail.com
contact: Riadh , Elisabeth


Le Bureau est ouvert tous les jours de 9H30 à 18h

04/10/2009

Soutien à la population du bassin minier de Gafsa

dscn5150.jpgInvitation

L’Union des Tunisiens de Suisse vous invite à assister à la projection du film


Redeyef : le combat de la dignité

 

Ou la révolte de Redeyef et sa répression racontées par des femmes


Film 34 min.


Film réalisé par le Comité National de Soutien à la Population du Bassin Minier


Le jeudi 08 Octobre 2009 à 19H30
.

A la Maison de quartier des Pâquis,

50, rue de Berne, 1201 Genève.


Titre Original : « Leila Khaled, la Tunisienne »
Film réalisé par le Comité National de Soutien à la Population du Bassin Minier (34mn)
Diffusé avec le soutien de :
AMNESTY INTERNATIONAL France – FIDH-OMCT – FTCR - REMDH – CRLDHT (*)
Version française : Omeyya SEDDIK –traduction)- Iyed DAHMANI-FTCR ( sous-titrage)

Depuis le début de la révolte du bassin minier de Gafsa, les femmes y tiennent un rôle de première importance. Elles ont été à l’origine des principales grandes manifestations de masse suite aux premières arrestations. Elles ont conduit des initiatives de résistance de plusieurs formes (occupations, sit-in, manifestations, rassemblements…)  et elles ont été celles qui ont assuré, au quotidien, l’extraordinaire cohésion et la grande solidarité dans la population et au sein des familles permettant au mouvement de se développer et de tenir, malgré tout.
Depuis la grande répression et l’emprisonnement de dizaines d’animateurs du mouvement, ce sont toujours elles qui se battent pour la libération des prisonniers tout en assurant à Redeyef la vie de tous les jours. Aujourd’hui, elles assument le rôle de porte-paroles de leurs maris, frères et fils emprisonnés, mais aussi des populations réduites au silence dans leur localité comme dans toute la région.
Le film « Redeyef : le combat de la dignité » (34’) retrace l’histoire de ces deux dernières années à travers les mots de quelques-unes d’entre elles. Il leur est bien sûr dédié ainsi qu’à toutes celles qui n’ont pu être filmées. Il espère donner le plus grand écho à leur revendication la plus urgente : Libération immédiate de tous les prisonniers du mouvement du bassin minier.
Ce film a été réalisé par le Comité National de Soutien aux Habitants du Bassin minier grâce à de nombreuses solidarités à l’intérieur et à l’extérieur de la Tunisie.
Point de la situation à Redeyef et dans le bassin minier de Gafsa

Dans le sud-ouest de la Tunisie se trouve le gouvernorat de Gafsa (env. 350 000 hab.) du nom de la ville du même nom. La région, semi-désertique et montagneuse, vit principalement de l'industrie minière et des transferts financiers de ses ressortissants émigrés, enfin de production arboricole et d'élevage.

A l'ouest de la région de Gafsa se trouve le bassin minier du phosphate, frontalier de l'Algérie. Omm Laarayes (Moulares), Redeyef, Metlaoui et El-Mdhilla sont des villes qui vivent sous l'empire de la Compagnie des Phosphates de Gafsa (ex Compagnie des phosphates et des chemins de fer de Gafsa) depuis sa création en 1897 sous le protectorat français. Cette compagnie, parmi les plus importantes et les plus riches entreprises coloniales, nationalisée suite à l'accession de la Tunisie à l'indépendance (1956), exploite depuis plus d'un siècle l'un des plus importants gisements mondiaux de phosphate.

La région produit la principale richesse exportée par la Tunisie. Elle continue d'être l'une des régions les plus pauvres du pays et connaît un degré important de pollution des sols et des ressources hydrauliques due à l'exploitation minière. Elle présente un taux très élevé de chômage (plus du double de la moyenne nationale) en raison de l'extrême faiblesse de l'investissement local et de la restructuration de la production minière qui a très fortement réduit le nombre d'employés de la Compagnie et multiplié les formes d'emploi précaires et sous-payés.

En janvier 2008 une révolte secoue la région. Partie d’une protestation contre la corruption et contre une politique de l’emploi injuste, elle s’est renforcée en acquérant un consensus populaire très large. Cette révolte est devenue le mouvement social le plus durable, le plus fort —bien que circonscrit à la région—, et le plus mûr quant à ses revendications et ses formes de lutte qu’ait connu l’histoire récente de la Tunisie ; la ville de Redeyef en a été le centre. Y a été posée la question de l’emploi, celle de la répartition sociale et géographique des richesses, de la cherté de la vie, de la corruption, de l’exploitation des matières premières et de l’environnement.

Le pouvoir y a répondu par une répression sauvage qui a fait plusieurs morts, des dizaines de détenus d’opinion, des familles brutalisées et humiliées par un appareil policier implacable, accompagnée parfois du saccage de leurs biens en représailles…

L’escalade de la violence d’Etat s’est manifestée par l’utilisation de balles réelles contre les protestataires, par la multiplication des enlèvements de jeunes ainsi que par des ratissages militaires des montagnes environnantes afin de retrouver les fugitifs. Enfin, les autorités ont décidé d'arrêter les figures représentant le mouvement pour la ville de Redeyef. Ils ont été accusé de délits et crimes extrêmement graves et condamnés à des peines allant jusqu’à huit ans fermes à l’issue de mascarades judiciaire dénoncées par tous les observateurs, juristes et organisations de défense des droits humains.

Aujourd’hui, les syndicalistes, les chômeurs, les enseignants et étudiants emprisonnés sont toujours soumis à des conditions de détention inhumaines et sont dispersés dans toutes les prisons du pays. La ville de Redeyef est toujours soumise à un isolement et à un quadrillage policier impressionnant. Elle est en même temps punie par un ostracisme et un délaissement de la part des pouvoirs publics concernant notamment le développement des infrastructures et des services sociaux et de santé. A l’aube du 23 septembre dernier, des pluies torrentielles, particulièrement dévastatrices à Redeyef,  ont causé l’écroulement de dizaines de maisons et la mort de vingt-et-une personnes selon les chiffres officiels. De nombreux syndicalistes et acteurs de la société civile font campagne pendant ce temps, aux côtés des familles, pour la libération des prisonniers.




Solidarité avec les populations du Redeyef et du bassin minier


Libération immédiate de tous les prisonniers

Fédération des Tunisiens pour une Citoyenneté des deux Rives –FTCR
Comité pour le Respect des Libertés et des Droits de l’homme en Tunisie- CRLDHT

 

L'auteure du blog dont le père Lazhar Chraïti a aussi été mineur à Gafsa soutient personnellement cette action  -

Djemâa Chraïti

21:04 Publié dans Solidarité | Tags : gafsa, redeyef | Lien permanent | Commentaires (0)

02/06/2009

ESPACE SOLIDAIRE PÂQUIS EN FÊTE

espace solidaire Pâquis en  fête à la rue de Zurich

L'espace solidaire est un lieu de rencontres qui propose plusieurs ateliers :  informatique, français, soutien scolaire,  bureau citoyen pour rédaction de lettres, CV et informations plus générales,  soupe populaire et simplement aussi un lieu d'échanges

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20/05/2009

Un fort vent Victoria souffle sur les Pâquis

 

 Aux Pâquis,  la résistance s'organise contre  le  projet HUG , prévu en 2010,   au 15, rue Rothschild et en lien avec la création d'un  grand centre de traitement dédié aux addictions.  Le Centre  inclura la cyberaddiction et  accueillera plus de 400 personnes par jour dont certaines ont deux ou trois rendez-vous par jour.  Selon Dr Pandelis Giannakopoulos ce ne seront pas que des marginaux. 

Ce regroupement concerne quatre lieux, aujourd'hui,  disséminés en ville et qui dépendent du Département de psychiatrie: la consultation de la rue Verte (Roseraie), l'hôpital de jour Les Crêts (Champel), la consultation des Acacias (alcool et médicaments) et le Programme expérimental de prescription de stupéfiants (PEPS), qui est actuellement installé à la rue des Pâquis.  Ces quatre entités, aujourd'hui,  affichent 1'000 rendez-vous par jour.

 

 

On déplore le timing de ce projet qui tombe mal alors que le problème des dealers et de la petite délinquances sont loin d'être résolus, les nuisances qu'induisent un tel regroupement, le risque d'une ghettoïsation, la population mal préparée et peu concertée en réalité et qui gère  déjà une cohabitation difficile avec les patients de la Consultation de la Navigation. La proximité de lieux accueillant des jeunes et des enfants  ne peut permettre une telle promiscuité de population aux besoins si différents.

 

Dans un courrier prêt à être envoyé à M. Unger, les diverses associations de quartier et autres groupements font part de leur mécontentement et demandent la tenue d'une séance d'urgence  avec également M. Gruson, directeur des HUG, le Dr. Giannakopoulos, chef du département de psychiatrie des HUG afin que la population du quartier puisse s'exprimer,  donner son opinion et faire part de sa crainte.

 

 

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 Quant au Dr Pandelis Giannakopoulos, il  se veut aussi encourageant que possible et rassure tant bien que mal également  le personnel hospitalier qui craint-là une réduction d'effectif en précisant qu'il n'est pas prévu d'économies autres que celles déjà planifiées dans le cadre du plan «Victoria» - ce qui veut déjà tout dire.

 

 

Ah!  Victoria quant tu nous tiens……. Au tour des Pâquis de faire les frais de la  politique rouleau compresseur des HUG qui a amorcé un démantèlement  sans précédent des prestations hospitalières au nom des économies procédées  bien évidemment sur le dos du personnel  en grande partie.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

26/04/2009

La soupe populaire : une grande louchée d’humanité


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Manfred Binggeli est le pilier de la soupe populaire du samedi soir au Temple des Pâquis. 60 litres de soupe pour 120 personnes, ce qui représente des kilos de légumes récupérés à l’association Partage, banque alimentaire : choux-fleurs, poireaux, pomme de terre, carottes, céleris embarqués dans le coffre de sa voiture direction les Pâquis, et pour accompagner la soupe , 120 tartines soit au fromage soit au jambon, pour finir bananes, pommes, chocolat yaourt, selon. Des boissons, jus de fruit, puis infusion et café sont servis durant et après le repas.
Entre 6 et 10 bénévoles s’activent pour servir tout ce petit monde, des personnes qui viennent régulièrement pour la plupart. Certains ne se pointent que pour obtenir des bons qui leur permettront de dormir à l’Armée du Salut. Et on ne vient pas à la soupe populaire seulement parce qu’on a faim de nourriture, parfois c’est juste avoir faim des autres, sortir de son isolement, partager son repas avec d’autres solitudes, enfin ne plus être plus seul !

Comment se lance-t-on dans un tel projet ? – En décembre 2003, après deux ans de retraite -  auparavant Manfred travaillait comme boulanger-pâtissier, devenu allergique à la farine, il deviendra après bien des années de petits boulots, comptable à la Ville de Genève -  il s’était dit qu’il pourrait peut-être s’investir dans un projet. Il se présente donc au Centre genevois de volontariat et se retrouve parachuté à la confection des repas pour les plus démunis pour Eglise ouverte. A l’époque, il se souvient que c’était du pain, du fromage, puis il a lancé l’idée et la prise en charge de la soupe qui n’était pas une mince affaire en soi; plaques de cuisson insuffisantes, espace pas adapté pour , même Tornare s’étonne et aide à trouver les financements pour créer une petite cuisine fonctionnelle attenante au Temple des Pâquis.

Depuis tous les samedis de 18h30 à 20 h30 environ 120 personnes et le chiffre ne cesse d’augmenter depuis la crise: hommes, femmes, enfants viennent partager une soupe dans cette ambiance chaleureuse insufflée par des bénévoles qui se mettent au service des autres  avec tout leur coeur et toute leur belle énegie.

Ça apporte une certaine satisfaction : celle d’être utile, “aimer aider les gens”. Manfred se souvient,  enfant,  avoir eu faim. Ils étaient une famille nombreuse, six enfants, tous des garçons, la maman seule, qui travaillait dur pour les nourrir. La commune bernoise pas aidante pour deux sous, et bien au contraire qui s’acharnait à placer de force les enfants chez des fermiers, avec pour  seul reproche : délit de pauvreté. C’est un peu l’enfant en lui révolté qui se met au service des autres, en langage moderne on appelle cela de la résilience.
Evidemment, il y en a toujours un pour râler sur la soupe :”Y-a pas assez de patates dans ta soupe”- Manfred répond du tac-au-tac “Eh ben, si t’es pas content avec ma soupe, la prochaine fois, tu viendras éplucher les pommes de terre avec moi !” en racontant cela, Manfred rit de bon coeur.
Mais, il y des merci inoubliables qui donnent un sens à tout ce travail et quant à Manfred il suffit de le voir pour comprendre que la soupe ça lui donne une sacrée pêche.

 

si vous souhaitez devenir bénévoles motivés ou participer financièrement par des dons au repas du samedi soir vous pouvez vous annoncer sur le mail jetdo@infomaniak.ch, je transmettrai l'information.

 

 

23/04/2009

Regards croisés

 

 

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Elles regardent avec attention et amusement le défilé de la manifestation contre le racisme, je les observe derrière mon objectif, un contrechamp blanc et noir, ombres, peignoirs blancs par un bel après-midi ensoleillé, photo prise proche de la Place de la Navigation. Elles nous regardent, je les observe, la magie des rencontres, surprise, étonnement, le regard posé sur l'autre et qui interpelle. Regards croisés, richesse des regards.

19/04/2009

Nous ne demandons pas la lune, juste des papiers pour exister

Manifestation contre le racisme à Genève

 

 

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30/03/2009

CESSONS DE MASSACRER NOS JEUNES !

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ILS SONT NOTRE FUTUR !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Samedi après-midi, deux jeunes éméchés sur un banc, ils se font un bottelon à deux, à coup de canettes de bière, ils noient leurs interrogations au fond d'un verre, leurs questions sans réponses, qui finissent par flotter tels ces cachets effervescents qui disparaîssent dans un magmas indéfinissabe, à la surface de l'eau. Les adultes ont de moins en moins de réponses à leur offrir, il est certain. Ils sont si jeunes. Je m'arrête,  sur un ton,  un tant soit peu maternel, je les interpelle.  Ensuite, assise à leurs côtés, j'engage la conversation, ils ont vraiment des choses à dire, ils les disent brefs, courts, avec leurs mots à eux, un vocabulaire qui leur appartient, une pointe d'angoisse au fond des yeux.  Et l'un et l'autre, racontent les démarches qu'ils entament pour  trouver leur job d'été. A l'école, ça va couci-couça, cahin-caha.Un,  avait pour habitude de pousser les chariots à l'aéroport en été, mais depuis plus d'un an,   l'aéroport n'engage plus de jeunes, la direction de l'aéroport a préféré les remplacer par des pièces de deux francs. Beaucoup plus rentable.

L'autre travaillait, il y a deux ans, pour la voirie dans le cadre des fêtes de Genève, mais là aussi, c'est délégué à une entreprise sous-traitante qui n'engage que très peu de jeunes. Alors, ils ne savent plus très bien. De toutes les façons, ils ne partiront pas en vacances, trop pauvres, les parents font des ménages. Ils erreront sans but durant tout l'été.

Voilà, c'est simple, la conclusion est cruelle, il y a  de moins en moins de jobs d'été, c'était la belle occasion de permettre aux jeunes de se frotter au monde du travail,  d'acquérir de l' expérience professionnelle, de développer un peu de savoir-faire et beaucoup de savoir-être. Des petits boulots qui faisaient office de prévention contre la violence, contre la vaine errance. On n'y pense plus aux jeunes, les places sont de plus en plus rares. Ce qui est devenu très important c'est de montrer surtout les chiffres glorieux de la Ville, du Canton.  Exhiber des chiffres, des bénéfices,  au détriment des jeunes qui ne savent plus très bien ce qu'on attend d'eux, on leur impose de plus en plus de formation pour moins de places formatrices, on exige plus en plus d'expérience professionnelle alors qu'on ne peut même plus leur proposer le moindre boulot ou du moins qu'on ne veut plus leur proposer. Les statistiques des hospitalisations en clinique psychiatrique  révèlent  des  patients de plus en plus jeunes. C'est un constat, les jeunes souffrent.

Alors, ils sont là, à boire, à revoir inlassablement leur CV sans plus savoir où l'envoyer, quelle déprime ! Je leur propose un coup de main, sans illusion, c'est très difficile. Qu'avons-nous fait pour les amener là ? L'aéroport devrait, du moins en été, offrir des jobs, ces fameux chariots à pousser qui ont fait des générations de bienheureux. Nous avons tous un jour ou l'autre, travailler dans une usine, un magasin, un aéroport en été. Les Fêtes de Genève devraient aussi leur offrir l'occasion de s'occuper durant les périodes festives où l'argent rentre à flot. La Ville, l'Etat, les Communes devraient s'organiser pour les proposer des boulots d'été par milliers et aux grandes entreprises de suivre le mouvement. Par exemple, Rolex n'engage pratiquement que des frontaliers, donc les enfants des frontaliers en été et en quantité réduite à sa plus simple expression.  La boucle est bouclée.

Pensons-y aux jeunes, ils sont notre futur. Leur champ de vision, en ces temps d'incertitude,  n'est qu'une série de points d'interrogation laissés sans réponses. Des points de suspension ad infinitum. Que les politiciens s'organisent, anticipent, prévoient les budgets en conséquence  au lieu de se targuer d'avoir fait des bénéfices sur le dos des gens! Attitude mortifère, favoriser la rentabilité contre la vie en devenir.

 

Un ancien billet qui reste d'actualité.

Chariots inhumains à l'aéroport

La lettre du jour | Pour rebondir sur le courrier du lecteur en lien avec les chariots payants de l'aéroport, j'aimerais ajouter que non seulement on rend la vie impossible aux usagers qui en arrivant en Suisse n'ont pas les deux francs pour le chariot, mais pire c'est un job d'été, voire un job tout court en moins pour les jeunes. Pousser les chariots à l'aéroport pour les jeunes en «retard d'éclosion», qui s'occupaient en attendant de mûrir ou pour le job alimentaire, était devenu une institution bien genevoise.


| 14.04.2008 | 00:01

Pour rebondir sur le courrier du lecteur en lien avec les chariots payants de l'aéroport, j'aimerais ajouter que non seulement on rend la vie impossible aux usagers qui en arrivant en Suisse n'ont pas les deux francs pour le chariot, mais pire c'est un job d'été, voire un job tout court en moins pour les jeunes.
Pousser les chariots à l'aéroport pour les jeunes en «retard d'éclosion», qui s'occupaient en attendant de mûrir ou pour le job alimentaire, était devenu une institution bien genevoise.
Ce sont encore et toujours les jeunes qui font les frais des petites économies misérables d'un technocrate qui pense avoir trouvé la solution pour réduire les frais. Economies de bout de ficelle, parce que les jeunes inoccupés en été auraient aussi pour quelques-uns tendance à faire des bêtises alors qu'ils ne demanderaient qu'à travailler.
Non aux chariots payants, non à la réduction des coûts au détriment de notre jeunesse.
Assez! Assez de cette politique sournoise qui ne tient plus compte des humains!

Djemâa Chraïti

( lors de la parution de ce courrier,   une erreur s'est glissée dans la signature  qui avait été attribuée par mégarde à quelqu'un d'autre)

 

Crédit photo Djemâa Chraïti

 

 

24/03/2009

La grève des médecins- Notre "barrage contre le Pacifique"

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Les médecins sont les premiers à ressentir sur le terrain les dysfonctionnements, ils sont les premiers à constater les effets d'une politique délétère. Et nous le savons tous, toutes les politiques d'exclusion, toutes les atteintes aux acquis de la société civile commencent par la santé, puis viennent ensuite les prestations sociales, puis enfin la culture. Dès lors,  sont révélées au grand jour les prémisses d'un Etat qui sacrifie ce qui nous est le plus cher au nom de la sacro-sainte économie et de la rentabilité. Nous constaterons, alors, qu'il est trop tard, nous réaliserons avec dépit et amertume qu'il aurait fallu s'opposer plus tôt.

 

Donc, nous n'avons pas d'autre choix que celui de faire front commun avec les médecins, ils sont notre "barrage contre le  Pacifique" avant la noyade finale de tous nos acquis sociaux.

Soutenons-les ! Participons activement à la manifestation.

23/03/2009

Presque tous sauvés !

 

P1000065.JPG

(suite du billet précédent)


8h ce matin, me voilà devant  la maison  La Croisette sur la route de  Vernier, l'ancienne demeure a été  récemment incendiée, elle accueillait des requérants d'asile pris en charge par l'Agora . Un malheur ne vient jamais seul, d'abord l'expulsion pour laisser Ikéa s'implanter suivie d'un sinistre causé par une main criminelle, sans doute.

Tout est calme, le soleil brille, le jardin est baigné de lumière, des pâquerettes fleurissent, les oiseaux chantent. Les volets sont entrouverts, j’entre en marchant prudemment, une odeur âcre de fumée empuante l’air ,  des sans-abris ont dû passer la nuit dans les pièces nues, ça sent l’urine, une chaussure de femme, un bas qui traîne. Pas un bruit. L’atmosphère est lugubre, tout est si sombre, si noir à 'intérieur.
Je visite les pièces du rez-de-chaussée presque entièrement dévastées par le feu, spectacle de désolation. Un geste criminel, sans aucun doute, une vitre a été cassée puis quelqu’un de mal intentionné a bouté le feu. Le piano est calciné, les murs sont noircis par la fumée, les tapisseries sous l’effet de la chaleur se sont décollées, elle penchent tristement comme les prises  le long du mur. Heureusement que les pompiers sont vite intervenus, le feu a été rapidement maîtrisé, sauvant du coup la bibliothèque.

Nous montons avec les deux aumôniers, Pierre Dürrenmatt et Véronique Egger,  au premier étage de l’ancienne maison. Les livres “enfumés” sont alignés; sages, imperturbables, immuables, endeuillés par cette légère suie noir qu'ils arborent comme un costume de deuil. Nous les  ramassons, un par un, les fourrons dans  nos cabas dont un d’Ikéa, le grand cabas bleu en plastique , ce serait presque amusant dans d’autres circonstances. Mais, c’est bien la maison suédoise qui viendra s’implanter à cet endroit. Les doigts noircissent. Il faut choisir ceux qui sont en bon état, voire récupérables. Certains ne méritent pas trop d’attention, par exemple trois volumes  sur “sorcellerie et occultisme”, je les jette par terre, ils resteront à  cet endroit à ensorceler les suivants, adorateurs du veau d’or.  J’en ramasse une trentaine, des bénévoles, dans le courant de la matinée,  viendront en chercher d’autres, à ramener chez elles pour les dépoussiérer, les désenfumer et les nettoyer.


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Avec notre chargement, lourd, encombrant, il faut redescendre l’escalier étroit et raide,  inutile de s’accrocher à la rampe, elle est à moitié détruite, totalement calcinée.

Avant de repartir, je prends une photo des deux aumôniers et leur pose la question suivante : “ça doit vous paraître étrange de quitter cet endroit après tant d’années pour laisser place à un magasin de meubles ?”

 

 

P1000071.JPGIls répondent par un sourire, ils ont encore tant à faire, les requérants sont là, ils faut s’en occuper. Alors,  les états d’âme, ce sera pour une autre fois.

Les livres sauvés et nettoyés  offerts par l'Agora rejoindront l’Espace solidaire du Temple des Pâquis pour de nouvelles aventures. Sur les 1’000, nous en avons récupéré une bonne partie.

Ainsi va la vie …………………………………………….........................................................................................................

22/03/2009

Nous les sauverons tous !

Dans un silence sépulcral, adieu les rires des enfants, adieu les chuchotements, adieu les bavardages dans toutes les langues, ils sont là serrés, les uns contre les autres, seuls dans cet espace déserté, isolés dans cet univers de désolation où les habitants semblent avoir été chassés et n'auraient eu que si peu de temps pour s'enfuir, ce qui expliquerait cet état de dévastation qui vous serre le coeur.   La grande maison vide de tout habitant a un je-ne-sais-quoi de fantômatique. Dans un froid glacial, à  l’heure de poltron-minet, un craquement soudain, un bruit inattendu, puis une chaleur intense qui croît de seconde en seconde, des flammes qui semblent courir, en une sarabande  endiablée, et dévorent tout sur leur passage.

Comme le destin des hommes, celui des livres est parfois tout aussi contrarié. Brûlés, censurés, autodafés, interdits de publication, les bouquins racontent aussi leur histoire et connaissent des périples de vie tout aussi intense que celle des plus grands héros.

5h30 du matin, les pompiers sont arrivés à temps pour éviter à la bibliothèque multiculturelle de l’Agora de partir en fumée. Mais les 1’000 livres,  témoins discrets sont dorénavant tout enfumés, noirs de suie. Un autre drame les guette, la pelleteuse destructrice et papivore d’Ikéa, parce la direction du magasin suédois a assez attendu, alors maintenant il faut rentabiliser le plus tôt possible.  Saccager, détruire, procéder à l’explosion de  l’ancienne aumônerie qui partira dans un nuage de poussière, huit ans d’accueil des requérants, effacés à la dynamite . Ces derniers, les premiers avant les livres ont déménagé dans le centre des requérants déboutés des Tattes.

Alors voilà, il ne nous restera plus qu’à nous pointer avec nos sacs cabas, y entasser des livres par dizaines; les aspirer, les épousseter, les "désenfumer", les nettoyer avec un chiffon humide et puis ils déménageront au Temples des Pâquis,  offerts par l’Agora à l’Association espace solidaire des Pâquis, sigle ESP  comme espoir vraisemblablement.

Ces 1'000 bouquins  feront assurément la joie des petits et des grands. Souhaitons leur d’offrir beaucoup de bonheur dans leur nouveau quartier.

 

Et si quelqu'un a envie de participer au sauvetage des livres c'est lundi matin, 23 mars  de 8h à 10h à l'Agora, rte de Vernier,  Maison de la Croisette. Il s'agit de les embarquer, de les nettoyer et de les ramener au Temple des Pâquis pour l'association Espace solidaire des Pâquis.

Pour l'opération sauvetage de la bibliothèque multiculturelle de l'Agora, vous pouvez soit envoyer un email ou téléphoner avant de vous y rendre.

tél: 076.323.62.21

14/03/2009

UN GRAND LEADER DE L’OPPOSITION TUNISIENNE AUX PÂQUIS

 

 

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Il y a des jours où c’est comme ça, on se dit que les grandes rencontres sont prédestinées. Mon interview sur le professeur de français, d'origine neuchâteloise,  de Lénine vient de s’achever. Je suis au feu rouge,  à l’angle de la rue de Berne, rue des Alpes, entrain d’attendre qu’il passe au vert. Sur ma droite, je reconnais un ami accompagné d’une grande figure de la classe politique tunisienne, leader de l’opposition, Dr Mustafa Ben Jaafar. Nous nous arrêtons quelques minutes, nous discutons, je regarde avec admiration cet homme militant de la première heure et engagé depuis toujours et qui sans relâche continue à défendre les vraies valeurs démocratiques.

Contrairement à certains qui font plus “allégeance au parti qu’opposition”. Dr Mustafa Ben Jaafar représente le  vrai parti d’opposition . Néo- destourien, issu d’une famille nationaliste, il s’engage très tôt dans le parti néo-destour qu’il quittera en 1970 pour un parti démocratique tunisien. Président du parti Forum Démocratique pour le travail et les libertés en Tunisie, il est membre de l'internationale socialiste.

Ce grand leader a été invité à donner conférences et interviews à Genève:  à la maison de quartier des Pâquis,  à Léman Bleu , au journal le Temps. De manière calme et posée, il retrace les années de Bourguiba et enchaîne sur celles de Ben Ali, il brosse un portrait de la situation économique politique et sociale de la Tunisie.

“On espérait une ouverture dès le 7 novembre 1987 avec l’arrivée au pouvoir  de Ben Ali, déception,  depuis lors il sert son parti et non  le peuple tunisien." Opposition bafouée, libertés fondamentales et  liberté d'expression entravées.  A s’exprimer si ouvertement risque-t-il pour sa vie demande Décaillet, Dr Ben Jaafar répond laconique : “Si je risque quelque chose, ce n’est pas mon affaire.”
Développement économique  contre liberté individuelle. L’Exception Tunisienne et son pluralisme de façade,  en réalité ni débat ni  liberté d’expression. On aurait espérer de vraies institutions démocratiques, mais la responsabilité du peuple est aussi de porter son choix
sur une élite dirigeante dont la culture serait ouverte au débat démocratique. Bâtir un avenir commun. Quant au soutien de l’Europe ? Parlons plutôt de compromission.


La situation du bassin minier de Gafsa en est pour preuve de ce  muselage de l’opinion, de la répression à l’encontre d’une population qui ne demande que du travail.  Syndicalistes emprisonnés, région bouclée, nul ne sort ou entre sans être contrôlé et interrogé, aucun journaliste étranger n’a été admis durant les manifestations de révolte. Silence ! On tue.
Tout commence le 5 janvier 2008,  dans cette région d’une pauvreté extrême, dont la seule infrastructure est une ligne ferroviaire servant au transport des phosphates, dont la Tunisie est le 4ème producteur mondial. Ce jour-là, des jeunes chômeurs diplômés en quête d’un emploi contestent la validité du concours d’embauche ouvert par la Compagnie des phosphates de Gafsa (CPG), principal employeur de la région. C’est le début d’un mouvement de protestation et de solidarité qui va en s’amplifiant de mois en mois, malgré la répression policière musclée et en dépit des vagues d’arrestations de manifestants et de dirigeants syndicaux. La révocation, au cours de l’été,  par le chef de l’Etat tunisien Ben Ali de plusieurs notables et son engagement d’améliorer la situation économique de la population du bassin minier de Gafsa, encore à l’état de promesses, ne suffisent pas à rétablir le calme.  

Mais tout le monde sait que cette région du Sud connaît depuis toujours une capacité de résistance sans précédent, elle est le foyer des grands mouvements de résistance avec pour modèle Lazhar Chraïti, entre autres, héros de la résistance nationale, lui-même ancien mineur dans les mines de phosphate.   La seule issue possible à cet important mouvement de contestation légitime sera le dialogue.

38 dirigeants syndicalistes sont condamnés jusqu’à 12 ans de prison pour “association de malfaiteurs.” On leur reproche de “ternir l’image de marque de la Tunisie de Ben Ali !”

Image que Ben Ali détériore à l'envi,  il s’en charge bien tout seul et peut largement compter sur ses proches qui y participent activement à entamer sa  réputation déjà bien fragile.  Corruption, vols,  souvenez-vous de l’affaire de yachts  volés par les neveux de l’épouse du président et dont l’ un des yachts appartenait à Bruno Roger patron de la banque d’affaire Lazard ami de Jaques Chirac et de Nicolas Sarkozy. Ben Ali ne semble plus être à même de répondre à l’urgence exprimée par la population de Gafsa minée par le chômage ainsi que celle du  pays tout entier. Il paraît tout aussi incapable de faire cesser le pillage, le chantage et les malversations de toutes sortes de son entourage proche qu’il finit lui-même par craindre. Ceci nous laisse songeurs, mais qui dirige donc la Tunisie, aujourd'hui, pour autant qu'on puisse appeler cela diriger  ?

Enfin, espérons que  les élections amèneront  le vrai changement, tant promis et toujours attendu,  et ce  mené par un vrai leader charismatique.

Dr Mustafa Ben Jaafar futur président de la Tunisie ? Son parti pense sérieusement à le présenter comme candidat, souhaitons-lui ainsi bonne chance contre celui qui remporte habituellement les élections à 99, 99% des voix, ce qui permet à certains qui ne manquent pas d'humour de  surnommer  Ben Ali, Ben à vie .

Djemâa Chraïti

(ci en-haut sur la photo)

30/01/2009

GASHI, VIE GÂCHEE !

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Un grand rouquin d'une quarantaine d'années avec ses béquilles accompagné d'un jeune Africain qui le soutient et qui l'aide à marcher, ils avancent tranquillement dans la rue de Berne en quête d'un bistrot.

 

A les regarder de bien près, image assez touchante, de ce jeune qui soutient l'autre plus âgé ceci m'incite très spontanément à les suivre, discrètement. J'entre au bistrot en même temps qu'eux et m'assieds à la table juste à côté de la leur, avec l'objectif d'en savoir plus sur qui ils sont et d'où ils viennent.

 

Gashi est originaire du Kosovo, cela fait plus de vingt ans qu'il est en Suisse. Arrivé comme saisonnier avec un Permis A, il a travaillé comme maçon sur un chantier. Accident fatal, il tombe de l'échafaudage et se retrouve en partie handicapé. De recours en recours, la guerre entre temps arrive, il reste dans sa ville d'accueil, se retrouve finalement avec un document du Service de la population délivré chaque trois mois et renouvelé ainsi depuis plus de 20 ans Le document précise bien qu'il ne peut pas travailler, ni stage, ni apprentissage.  Il se marie, devient le père de trois enfants, tous nés en Suisse, scolarisés et sans statut puisque le père n'en a pas et que la mère possède celui de requérante depuis plus de dix ans. Comme il a largement participé au renouvellement de la jeunesse d'un pays vieillissant, je lui demande si ce ne serait pas une raison suffisante d' obtenir un vrai permis, peut-être qu'il pourrait poser la question au Service de la population, il sourit.

 

 

Gashi aurait tout donné pour travailler ne serait-ce que deux jours par semaine, rester à l'assistance lui pèse, travailler même un peu pour faire du bien à la tête, comme il dit. Ses mains ne sont pas touchées, il était un bon maçon, l'électricité n'a aucun mystère pour lui.

Bref, il se retourne vers Abdul, et toi Abdul raconte ton histoire, lui lance-t-il.

 

Abdul a 23 ans, il me sourit, il a un visage un peu poupon,  il est originaire du Togo. Il est requérant d'asile depuis 1 an demi. Chaque semaine, plus précisément chaque mercredi,  il doit passer au poste de police pour un relevé d'empreintes digitales, le document attestant de son passage est envoyé à Berne, les fonctionnaires fédéraux renvoient un formulaire qui autorisera le jeune Abdul a prélever 10 francs par jour. Un jour férié, des vacances, un fonctionnaire malade, soit le moindre grain de sable dans la machine administrative infernale et il n'a plus ses 10 francs pour vivre. Donc, ni autorisé à travailler, ni à étudier, il a l'obligation de quitter son foyer de requérants de 7h30 du matin à 17h. Pour tuer le temps, il zone toute la journée, s'engouffre dans  la gare pour se réchauffer.

Son espoir est d'acquérir une formation, un petit boulot au minimum et jouer au foot, il est excellent footballeur, mais aucun club ne peut le recruter en raison de son statut précaire.

 

Tous deux ont quitté leur canton pour la journée, pour se promener et espérant ainsi s'aérer la tête, sortir de la prison administrative qui les faits tourner en rond, en bourriques. Echapper à cette violence administrative, institutionnalisée.

 

Abdul est très déprimé, très fragilisé, on oserait pas le secouer tant il est rempli de larmes. Son  rêve était d'assister à un match de foot ! Gashi, en bon père de famille, aurait tellement voulu le consoler en l'emmenant voir ce match, un vrai. Ils repartent vers la gare, prendre le train qui les ramènera dans ce tunnel sans fin ………………….........................................................

Ah ! J'aurai pas dû le dire, Abdul n'était pas autorisé à quitter le canton, c'est sa cellule. Chut !