08/05/2009

Nash, le chien policier traqueur de dealers

 

 

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22 h - Deux fourgonnettes s'engouffrent dans la rue de Berne en provenance de la rue de la Navigation, des policiers sortent en trombe du véhicule.  Nash les suit tout content, tout frétillant, prêt à jouer un bon coup. Il a 6 ans, l'oeil vif et alerte comme tout.

Il se réjouit de jouer à cache-cache,  il court dans la cour de récréation des enfants de l'école primaire et repère un dealer caché dans les éléments en bois style cabine. Le  gars, très jeune, avait des écouteurs sur les oreilles sans doute entrain d'écouter du Bob Marley "Man, no man don't cry" - le chien gratte  et aboie super content d'avoir trouvé le premier, l'homme caché. Il est ravi de ses nouveaux compagnons de jeu, c'est bizarre semble s'interroger le chien, ils viennent pour la plupart d'Afrique, mais qu'importe, l'essentiel est de s'amuser avec ses nouveaux copains africains.

 

 

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Le jeune est menotté et embarqué sans violence, calmement. Nash les regarde un peu surpris, et trouve qu'ils ont l'air de trouver le jeu moins drôle que lui.

Nash finit par jouer avec son jouet rouge,  il l' adore. Il se repose un    peu tout en observant tout ce monde qui s'agite  autour de lui;  lampes de poche, cris, course poursuite.

Vraiment, se dit-il,  les hommes ne savent pas prendre du bon temps;  mieux vaut une vie de chien peinard à jouer à cache-cache avec des copains sympa qui ne demandent qu'à se planquer ! Nash, c'est la nouvelle mascotte des Pâquis.

 

crédit photo Djemâa Chraïti

 

 

 

 

 

 

 

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Suivez la ligne !

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Pareille aux timides, je marche les yeux rivés au sol,  ils sont accrochés à la pointe de mes chaussures, mais pour une bonne raison sans doute : je suis le tracé de la ligne blanche, cette ligne fait rêver et elle mènera qui sait où.

 

Ce sont des lignes pour les aveugles, un tracé qui leur permettra à coups de canne, tandis qu'ils marchent le visage levé légèrement vers le ciel, les yeux cachés par les lunettes sombres,  le bras tendu devant eux à tapoter à gauche et à droite de leur long bâton blanc,  à  se repérer dans l’espace, à suivre leur route dans cet  espace terrien si confus.

Et  pardi ! pensé-je, il n’y a pas que les aveugles qui ont besoin d’une ligne dans la vie. Et nous donc !

Il y a ces lignes  qui indiquent la bonne direction : la ligne de conduite, la ligne de vie, celles qui nous situent  telle la  ligne de front,  la ligne rouge à ne pas dépasser, mais  il y a celle qui nous égare, la ligne de coke.


Chemin faisant, je reste persuadée qu'il n’y a pas que les aveugles qui ont besoin d’une ligne même les bonvoyants perdus dans la nuit de leur vie ont besoin d’une ligne salvatrice qui donne la direction juste, et même pas juste, mais au moins une direction à suivre;  atteints de cécité que nous sommes, parfois, même si souvent, à ne plus rien voir devant soi.............

 

Suivez la ligne……….



Pour les petits curieux qui connaissent bien leur ville, il y a quoi au bout de cette ligne ?

a) la gare
b) l’hôpital cantonal
c) le  jet d’eau

13:12 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0)

04/05/2009

Aux Pâquis, la situation est si désespérante qu'on a fait appel à une .........

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FAKIR-ECHASSIERS- CHARMEUSE DE SERPENTS.......................
Les échasses c'est pour apprendre  aux habitants à marcher en hauteur et regarder les dealers de haut, très très haut.
photo prise à la rue de Fribourg de la pub peinte sur la carrosserie de la voiture de la Fakir en question

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ALAIN BITTAR - UN TRAIT D'UNION ENTRE LES CULTURES


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Alain Bittar est aux Pâquis ce que Avicenne  était à Cordoue;  il insuffle un peu de cet esprit Cordoba teinté de tolérance, de pluralité multiculturelle et de cohabitation pacifique entre les différentes sensibilités politiques, religieuses et culturelles. Dans cette petite Andalousie que représente cette  rue de Fribourg, autrefois, à large majorité hispanophone, un tantinet irrévérencieuse et sur laquelle plane comme un parfum de Méditerranée,   Alain Bittar  avec sa femme Catherine Maurin y tiennent la librairie l’Olivier depuis trente ans, carrefour des lettrés pour juifs, musulmans , chrétiens et agnostiques curieux de découvrir le monde arabe, sa culture, sa musique, ses recettes de cuisine. Lui-même se définit cosmopolite, il exècre les communautarismes. Il expose dans la Galerie de la librairie arabe l’Olivier, un peintre suisse.  Sa  langue pourrait être l’espéranto.

Alain Bittar vous fait penser à un kaléidoscope, à chacune de ses réponse, les prismes de son existence vous offrent la variété infinie des nuances de couleurs, une exploration magique dans un tableau retracé qui va de la Syrie au Liban, de l’Egypte au Soudan, périple qui aboutira à Genève.

Ses deux grands-pères d’origine Syro-libanaise de confession melkite, c’est-à-dire greco-catholique ont émigré en Egypte, puis au Soudan  à l’époque de l’empire ottoman . A la maison on parle français. le jeune Alain à l’âge de 6 ans rejoint un internat à Château-d’Oex où il y restera jusqu’à 12 ans.  Ensuite, direction Genève, le quartier de Sécheron, un quartier populaire dans lequel il se sent immédiatement à l’aise. A travers la Paroisse de la Trinité et le scoutisme il continue à se frotter  avec joie au brassage de population:  Genevois, Fribourgeois, Italiens, Espagnols, Brésiliens. Il accumule les premières expériences professionnelles, moniteur de camps, livreur. A l’âge de 17 ans, membre de Jeunesses etudiantes Catholique (JEC) il s’engage dans l’association “Chrétiens pour la paix.” A Florimont, on voit d’un mauvais oeil,  le jeune élève Bittar, manifester contre la présence de Monseigneur Mamie à Genève. Une broutille offrira le prétexte d’un renvoi de son collège, renvoi qui sera la cause d’ un premier refus de naturalisation.
Qu’à cela ne tienne il passe son bac malgré tout, commence les études à HEI, passe deux ans au Liban à s’intéresser à la cause palestinienne tout  en rêvant ensuite de s’engager pour le CICR. Ce  rêve  ne restera qu’à l’état de  voeu, parce qu’il fallait être suisse et que la nationalité, il ne la possède toujours pas après cinquante ans dans ce pays qui l’a accueilli. Alors, Alain Bittar sourit en regrettant cette politique un tantinet schizophrène;  alors qu’il a dans sa jeunesse fait l’objet de trois refus de naturalisation, il acceptera avec émotion la  Médaille de la Genève reconnaissante que la ville de Genève lui décerne en 2006. Il s’en console un peu et se sent avant tout  profondément genevois. L’absurde dit-il est que la démarche nécessite de devoir fournir un certificat de naissance Egyptien après avoir vécu 50 ans dans le pays .

La création de la librairie ,s’inscrit d’abord dans la recherche de ses propres racines et  depuis, lui offre une belle histoire de rencontres humaines; d’abord établie dans un kiosque tabac-journaux à la rue Schaub, Alain Bittar  s’installera ensuite à la rue de Fribourg. Son meilleur client qui deviendra aussi en quelque sorte son “mentor” est le Cheikh Bouzouzou grand lettré,  qui lui commandera et suggérera des ouvrages, ensuite c’est l’Institut suisse du droit comparé à  Lausanne qui se constituera certainement une des plus grandes bibliothèques du droit arabe au monde en commençant par commander ses livres à la librairie arabe « L’Olivier »..

La sécurité aux Pâquis ? Alain Bittar est au coeur du débat, interviewé, il martèle sans se lasser les mêmes propos. Laisser une petite bande de délinquants, que l’on appele communément “harragas” se comporter en prédateurs,  mettre à mal la diversité et le vivre ensemble , en faisant naître un sentiment d’insécurité diffus au sein de la population fait le lit de l’extrême-droite et permet la surenchère populiste. En l’absence de règles de droit claires qui s’appliqueraient à eux ,ils narguent la police et se sentent invincibles. Les politiciens ont laissé ces gens traficoter au coeur des zones d’habitation populaire, “s’ils s’étaient installés à Champel”, les autorités auraient réagi depuis belle lurette. Principalement cantonnés à la rue de Fribourg, rue de Zürich, rue de Neuchâtel, ils sont devenus des petits caïds qui n’ont peur de rien et de personne. Alain Bittar refuse toute récupération politique, et affirme que c’est juste une affaire de démocratie que de permettre aux citoyens de vivre en paix et en sécurité. Il appelle tous les partis à collaborer au delà de leurs divergences pour trouver une solution.

Alain Bittar rêvait de devenir diplomate, la diplomatie il l’exerce spontanément, trait d’union entre les uns et les autres, il explique, défend, démontre et au bout de tout cela, il vise ce qui a été l’élan de toute une vie : la tolérance, la cohabitation pacifique, la compréhension mutuelle, tout simplement le goût des autres.

07:23 Publié dans Genève | Tags : alain bittar | Lien permanent | Commentaires (0)

03/05/2009

Ces mots qui dérangent et qui vous hantent……………..

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C’est un grand jour, le manuscrit corrigé et recorrigé et re-recorrigé est enfin lâché, abandonné, envoyé à la maison d’édition parisienne.

Le coeur léger, toute guillerette, je m’en vais faire le plein d’essence et là, tout s’effondre. Ecrit en gros, en caractères gras,  le mot “Jerrycan” sur une pub,  du style : après X pleins vous gagnez le fameux “Jerrycan”.

Moi je l’ai écrit avec “ i“ – jerrican-  J’interpelle la caissière du comment s’écrit le célèbre  mot, cauchemar de mes nuits.  Toute affaire cessante, elle lâche sa caisse, va vérifier le mot en question et revient glorieuse avec un “Y” , une autre vendeuse prenant l’affaire très au sérieux, elle aussi,  déboule tout aussi triomphante et annonce qu’il s’écrit avec un “ i “. Troublée, définitivement noyée dans le “bidon à essence”, je m’en vais chercher ce mot qui finit par me hanter, je pue l’essence, il suffirait d’une allumette pour que je m’enflamme et sois réduite en poussière, triste tas : ci-gît une vie enfumée  par un bidon d’essence : un jerrican !


Je vérifie dans Tintin au Pays de l’or noir- Dupond et Dupont qui perdent “ leur jerrican”  dans le désert et quant à moi je me suis perdue définitivement au pays de l'or noir.

12:01 Publié dans Humour | Lien permanent | Commentaires (0)

29/04/2009

Dealers aux Pâquis - Un nouveau gibier ?

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Attention, ça va chauffer. Monica qui n'est ni le nom d'un cyclone mexicain ou américain, ni le nom d'une tornade asiatique va sévir aux Pâquis.

Une source sûre a lâché quelques bribes indiscrètes.  Alors, aux Pâquis il va falloir montrer pattes blanches, mais pas blanches  de poudre de coke, on s'entend.

Miradors, tanks, barbelés, cerbères : les Pâquis transformés en forteresse, on pourra tous y jouer Koh-Lanta, l'île de la tentation ou de la perdition, comme vous voulez.

On se demande quelle est l'origine du mot  "Pâquis" ? A l'origine, les Pâquis sont des pâturages situés hors des fortifications entourant Genève et descendant jusqu'au Lac Léman. La définition exacte : "   lieu où le gibier vient paître ; et, par extension, toute sorte de pâturages ».

Les dealers, attroupés comme du gibier qui serait venu se remplir la panse aux Pâquis, quelle coincïdence extraordinaire. Il ne reste plus qu'à chasser !!

28/04/2009

Cé qu'è lainô pour les dealers des Pâquis !

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Les Pâquisards en ont assez des dealers qui braillent sous leurs fenêtres, en pleine nuit. Alors chacun fait ce qu'il peut avec ce qu’il a ou ce qu’il n’a plus, à savoir, la paix. L’ultime recours est une pluie d’objets hétéroclites susceptibles de tomber sur la tête des vendeurs de cam.







Cé qu'è lainô version Pâquis


Celui qui est en haut, le maître des batailles
Qui se moque et se rit de la canaille
Et bien fait voir
Qu’il était patron des Pâquisards


Ils sont venus le 12 décembre
Par une nuit aussi noire que d’encre
C’était l’an deux mil huit,
Qu’ils vinrent parler un peu trop tôt


Par une nuit qui était la plus noire,
Ils vinrent ; ce n’était pas pour boire :
C’était pour piller nos maisons,
Et nous tuer, sans aucune raison


Les Pâquisards, qui avaient grand courage,
Firent bien voir qu’ils étaient des braves,
De se battre contre des gens armés
Du menton et jusqu’aux baskets

Ventre Saint-Gris ! »
« Que Genève se soit ainsi laissée prendre !
Las ! Pâquis ne pourra guère la conserver. »

Une Pâquisarde de fort méchante humeur
Leur cria :
"Vous devriez bien avoir de la vergogne
De venir me donner tant de besogne,
Car je m’en vais vous dévêtir tout nus,
Et à tous vous faire montrer le cul. »

Quand ils virent la gente dame
Renverser la marmite bouillante
Certains s’évanouirent et
D’autres s’enfuirent tout rouillés qu’ils étaient.

17:10 Publié dans Associations | Tags : dealers, pâquis, bruit | Lien permanent | Commentaires (1)

26/04/2009

La soupe populaire : une grande louchée d’humanité


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Manfred Binggeli est le pilier de la soupe populaire du samedi soir au Temple des Pâquis. 60 litres de soupe pour 120 personnes, ce qui représente des kilos de légumes récupérés à l’association Partage, banque alimentaire : choux-fleurs, poireaux, pomme de terre, carottes, céleris embarqués dans le coffre de sa voiture direction les Pâquis, et pour accompagner la soupe , 120 tartines soit au fromage soit au jambon, pour finir bananes, pommes, chocolat yaourt, selon. Des boissons, jus de fruit, puis infusion et café sont servis durant et après le repas.
Entre 6 et 10 bénévoles s’activent pour servir tout ce petit monde, des personnes qui viennent régulièrement pour la plupart. Certains ne se pointent que pour obtenir des bons qui leur permettront de dormir à l’Armée du Salut. Et on ne vient pas à la soupe populaire seulement parce qu’on a faim de nourriture, parfois c’est juste avoir faim des autres, sortir de son isolement, partager son repas avec d’autres solitudes, enfin ne plus être plus seul !

Comment se lance-t-on dans un tel projet ? – En décembre 2003, après deux ans de retraite -  auparavant Manfred travaillait comme boulanger-pâtissier, devenu allergique à la farine, il deviendra après bien des années de petits boulots, comptable à la Ville de Genève -  il s’était dit qu’il pourrait peut-être s’investir dans un projet. Il se présente donc au Centre genevois de volontariat et se retrouve parachuté à la confection des repas pour les plus démunis pour Eglise ouverte. A l’époque, il se souvient que c’était du pain, du fromage, puis il a lancé l’idée et la prise en charge de la soupe qui n’était pas une mince affaire en soi; plaques de cuisson insuffisantes, espace pas adapté pour , même Tornare s’étonne et aide à trouver les financements pour créer une petite cuisine fonctionnelle attenante au Temple des Pâquis.

Depuis tous les samedis de 18h30 à 20 h30 environ 120 personnes et le chiffre ne cesse d’augmenter depuis la crise: hommes, femmes, enfants viennent partager une soupe dans cette ambiance chaleureuse insufflée par des bénévoles qui se mettent au service des autres  avec tout leur coeur et toute leur belle énegie.

Ça apporte une certaine satisfaction : celle d’être utile, “aimer aider les gens”. Manfred se souvient,  enfant,  avoir eu faim. Ils étaient une famille nombreuse, six enfants, tous des garçons, la maman seule, qui travaillait dur pour les nourrir. La commune bernoise pas aidante pour deux sous, et bien au contraire qui s’acharnait à placer de force les enfants chez des fermiers, avec pour  seul reproche : délit de pauvreté. C’est un peu l’enfant en lui révolté qui se met au service des autres, en langage moderne on appelle cela de la résilience.
Evidemment, il y en a toujours un pour râler sur la soupe :”Y-a pas assez de patates dans ta soupe”- Manfred répond du tac-au-tac “Eh ben, si t’es pas content avec ma soupe, la prochaine fois, tu viendras éplucher les pommes de terre avec moi !” en racontant cela, Manfred rit de bon coeur.
Mais, il y des merci inoubliables qui donnent un sens à tout ce travail et quant à Manfred il suffit de le voir pour comprendre que la soupe ça lui donne une sacrée pêche.

 

si vous souhaitez devenir bénévoles motivés ou participer financièrement par des dons au repas du samedi soir vous pouvez vous annoncer sur le mail jetdo@infomaniak.ch, je transmettrai l'information.

 

 

23/04/2009

Regards croisés

 

 

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Elles regardent avec attention et amusement le défilé de la manifestation contre le racisme, je les observe derrière mon objectif, un contrechamp blanc et noir, ombres, peignoirs blancs par un bel après-midi ensoleillé, photo prise proche de la Place de la Navigation. Elles nous regardent, je les observe, la magie des rencontres, surprise, étonnement, le regard posé sur l'autre et qui interpelle. Regards croisés, richesse des regards.

22/04/2009

Avis de recherche - Un zombie en ville !

 

Zombie_No_2sabrina_friio_100x100cm_ilfochrome.jpg Si vous voyez ce zombie prévenez immédiatement les secours de police. Il s'est égaré, il s'est trompé de planète sans doute , spatialement et temporellement perdu,  en quête d'identité. Robot ou être humain ?  Homme-Machine ? Femme ? On ne le sait pas précisément, nul ne pourrait le dire.

Simple carapace ou chrysalide vide ? Encore un mystère, celui des mutants qui parcourent notre monde, sous nos yeux qui peinent à identifier et ce qui nous empêche de comprendre : qui, quoi, comment, pourquoi.

 

 

 

 

 

 

Photo Sabrina Friio

23:36 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0)

21/04/2009

L'Hôtel Kempinski, cet îlot de mystère

 

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 A Genève, ma ville, l'Hôtel Kempinsky m'ouvre ses portes.

Situé dans le quartier des Pâquis, on s'interroge sur sa présence insolite. Nous sommes géographiquement entre la vie fourmillante des Pâquis et le lac Léman qui presse de son poids les créatures les plus diverses.

A quelques brises de l'immense bleu du lac, divorcé de son environnement, l'Hôtel Kempinski dans un monde,  au-delà des genres,  vit sous une immense pression qui est l'une des conditions de gouvernement de sa vie comme la noirceur en est une autre.

D'une étrange façon, il est si lointain de la lumière du jour que seuls ceux qui l'on vu de leurs propres yeux peuvent le visualiser pleinement. Il semble retrouver son aisance dans la profondeur de sa singularité.

Après quelques pas dans le hall, des voix émergent et résonnent. Loin d'être un lieu original de vie, il la  remplace pour une courte période.

A Genève, la vie fourmille sur le quai, à la surface de l'eau et dans les rues. Par opposition, le Kempinski se maintient avec difficulté loin des affaires de la vie.

Cet isolement  est pour ses occupants plus important que les affaires matérielles. Dans cette région, le monde,  les conversations sont faites de courtes phrases sans renoncement. Topographiquement à part,  ce lieu s'organise en une série de boxes qui bordent à gauche et à droite le complexe principal.. Il existe une association entre ces environnements. La partie centrale est animée d'une vie discrète, mêlée de forces opposées. La force de vie semble se stabiliser difficilement avec les parties latérales qui fournissent tout ce dont il est nécessaire. La partie centrale est un lieu  d'échanges de vie.¨

Nous sommes à l'intérieur, quelques peintures évoquent le spirituel dans l'art. Deux tableaux présentent des cerisiers en fleurs peints dans des couleurs typiquement terrestres, du blanc qui déborde de fraîcheur, fonctionne comme un rappel au sens.

L'œuvre majeure est une sculpture, il s'agit d'une forme vivante aux mouvements  qui rappellent celui de l'animal. .Elle renvoie à une nécessité intérieure de mouvement.

 

 

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Formes végétales et formes animales dans ces compositions qui honorent l'art russe dans toutes ses grammaires et ses déclinaisons  en quête d'harmonie avec ce monde. Tourbillon universel.........................................................................

 

 

 

 

LUDOVICA CASTRACANE

12:32 Publié dans Genève | Tags : kempinski | Lien permanent | Commentaires (0)

19/04/2009

Nous ne demandons pas la lune, juste des papiers pour exister

Manifestation contre le racisme à Genève

 

 

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17/04/2009

My beautiful laundry


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La fontaine à palabres des Pâquis s’appelle le lavoir du Prieuré. On y lave son linge sale entre voisins du quartier, c'est l’occasion d’une  sympathique causerie.

 

 

 

 

 

 

P1000122.JPGCe matin, j’ai croisé Monsieur et Madame, ensemble, ils lavaient, pliaient, rangeaient leur linge dans un caddy à roulettes. Lui, ancien cordonnier portugais, elle, femme de ménage. Et il fallait la voir prendre soin de  son linge : méthodique, précise. Un  linge bien plié, mis à plat , rien ne dépasse. Une paire de chaussettes attire mon regard, il y a  un motif coquin représentant un couple en position  du kamasutra, celle du bateau ivre, la position qui fait tanguer dangereusement. Je me jette sur mon appareil pour photographier la scène érotique. Monsieur rit, Madame renâcle,  je renonce. A chacun ses coquineries…..

On parle du Portugal, de leur projet d'y retourner après vingt cinq ans de dur labeur en Suisse,  ils viennent du Nord. Ils sont ravis de savoir que j'y suis allée plusieurs fois dans leur pays et que j'aime leurs deux écrivains célèbres : Fernando Pessoa et Antonio Lobo Antunes.

 

 

 

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Modes  d'emploi, panneaux d'interdiction comme celui-là qui interpelle :"Attention Danger- Interdiction d'aller derrière les machines" - On n'y enfilerait pas un cure dent derrière les machines, elles sont quasiment collées contre le mur.

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"Si votre machine déborde en raison d'un mauvais dosage de lessive , vous êtes prié de nettoyer !!!"

Ou encore "Interdiction de laver votre tapis et vos baskets dans la machine".  Pour le cas où vous rêviez d'y enfiler votre kilim avec vos baskets, c'est rapé.

 

 

 

 

 

Sur le tableau des annonces, une repasseuse nous laisse un magnifique billet

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"J'ai ferré pour netvoyage avant s'il vous lait ? - Comprendre, selon moi, je peux laver votre linge avant de le repasser,  si vous voulez.  "En a les affaires lavés cheche à la maison "- Je peux venir chercher le linge chez vous.

 

 

 

 

 

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Et épinglée sur le  panneau, une paire de chaussettes de poupon, ces minuscules qui se glissent en général dans le joint  en plastique du hublot de la machine et qui échappent au regard maternel, parce que si petites justement. Des clés oubliées viennent achever le tableau de ces petits riens qui racontent le quotidien.Pourquoi l'usage du  lavoir ? Les réponses sont nombreuses : pas de machine à laver, machine en panne, sous-location, clandestins, clodos, voyageurs.  Il y a des milliers de raisons de se rendre dans un lavoir. Et moi ? Juste pour discuter, question de faire connaissance. Je pense y établir mon QG pour quelque temps, parce que les gens lancent leur machine et la surveillent parfois, ça laisse du temps pour tailler la bavette tranquillement, aller chercher un café au bistrot du coin et s'offrir le luxe de sentir  le temps passer au fil d'un tambour qui tourne, tourne, tourne  si vite comme la vie...........................................................

 

16:40 Publié dans Genève | Tags : lavoir, prieuré | Lien permanent | Commentaires (0)

07/04/2009

"Obama juice"

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Votre humble serviteuse n’est pas aux Pâquis, mais à Istanbul.
Et nous voilà,  ainsi arrivés,  à Istanbul,  le même jour qu’Obama. Entre Sainte Sophie, cette basilique construite au VIe siècle, puis convertie en mosquée en 1453, après la conquête de Constantinople (l'actuelle Istanbul) par les Ottomans et la Mosquée Bleu , construite au XVIIe siècle sur ordre du sultan ottoman Ahmet Ier,  s'étend  une belle esplanade, des fontaines, des parterres de tulipes à peine écloses. Une belle agitation, plutôt joyeuse. Les curieux s’agglutinent un peu partout, espérant voir le nouveau président américain.

Impossible d'entrer dans les mosquées, des policiers en grappes semblent hésiter, se diriger à gauche ou à droite, les cars des TV du monde entier sont présents avec leur antenne satellite sur le toit.  Japonais, Chinois, Européens commentent la présence d'Obama à Istanbul avec pour arrière- fond les monuments historiques. D'autres cameramen déambulent, la grosse caméra au bout du bras, ils ont l'air excédé, ils arpentent l'esplanade sans trop savoir où aller.

Les touristes s’informent, inutile d’insister, on n’entrera pas en même temps qu’Obama qui, lui, déambule en chaussettes dans les mosquées.Un tank qui passe et repasse, des limousines aux vitres teintées avec  petits rideaux à l'arrière. Debouts,  mitraillette sur l'épaule, des policiers sont debout sur le bord des voitures,  accrochés  aux portières,  ils  encadrent  "la voiture officielle". Pour couronner le spectacle "jamesbondesque", un hélicoptère de l'armée,  vert caca d'oie,  survole la Mosquée du VI siècle, au ras des minarets.

Prenant mon mal en patience, je commande un jus d’orange pressée,  sur une terrasse, 2 livres turques, c'est bien le prix affiché . Le serveur me tend l’addition, 4 livres et pourquoi donc ? Avant c’était orange juice, après Obama c’est “Obama juice” . Je me plains : “Mais, non, je ne l’ai même pas vu !” mais "le juice vous l’avez bu, on Obama day!" me rétorque le serveur.

Alors, à la santé d’Obama !

18:40 Publié dans Humour | Tags : obama, istanbul | Lien permanent | Commentaires (0)

Astrit Leka - 70 ans d’engagement pour la liberté, les droits de l’homme et la démocratie (2 ème partie)

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Et les projets de Astrit Leka ? il en a plein ses tiroirs. Le dernier en date est ce projet du mémorial de Borshi-Saranda-Albanie, qui retracera 500 ans de résistance consacrée à tous les martyres, hommes et femmes qui se sont sacrifiés au nom de la liberté et de l’indépendance. Pour rappeler que les  Albanais de partout quelques fois sont considérés et associés à la criminalité et qu’ils peuvent être fiers de leur histoire et se construire autour de références identitaires fortes, Skanderberg est l’un d’eux d’où le tollé. Respectons leurs héros, leurs mythes, ils font office de rassembleurs d’un pays et d’un peuple déchiré.

 

 

 

 

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Aux côtés de Astrit Leka, il y a la fidèle compagne de vie et de lutte Emine, dont le nom signifie fidèle. Elle l’a été aussi dans la lutte. Avant que   son mari ne soit déclaré « ennemi du  peuple » en 1967, diplômée  de deux facultés, chose rare en Albanie pour une femme, on l’avait engagée dans les recherches scientifiques, hématologie,  etc. Elle travaillait bien . Un documentaire scientifique  a été tourné sur  son activité. Le régime communiste lui a imposé de divorcer de son mari selon la morale communiste, parce que son mari,  Astrit Leka,  était considéré  comme un « ennemi du peuple. Elle ne s’est pas soumise. Elle a dû renoncer à  sa carrière scientifique pour le restant de  ses jours. On l’a condamnée à travailler dans des porcheries et ailleurs durant 23 ans jusqu’au moment où elle est venue en Suisse à l’âge de la  retraite. En Suisse , elle a été le bras droit de son mari dans toutes ses activités surtout pour accueillir tant d’ invités  illustres  et d'autres , selon les règles de l'hospitalité,   venus du monde entier,  reçus  dans cette modeste habitation des Pâquis,  à  Genève.

Un ministre du Gouvernement de Rugova du u Kosovo, un fin connaisseur du monde albanais qui a collaboré avec la famille Leka durant  les périodes les plus difficiles en lien avec la cause de la libération du Kosovo a écrit dans ses mémoires : "Je dois dire qu’un grand mérite dans les résultats de la grande activité  de Monsieur Astrit Leka revient aussi à la  bonté et à l’humanité de sa femme Emine Leka qui est une des femmes  albanaises les plus honorées que j’ai connue."

13:57 Publié dans Genève | Tags : borshi-saranda | Lien permanent | Commentaires (0)