26/01/2009

EN FAVEUR DES VICTIMES CIVILES A GAZA

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24/01/2009

ODE AUX MENDIANTS

 

Les souvenirs les plus forts de mon enfance sont étroitement liés aux mendiants, aux pauvres, aux colporteurs, aux diseuses de bonne aventure, aux âmes égarées en quête de nulle part.

A Tunis, à l’âge de 6 ans,  accrochée aux barreaux du portail de ma maison qui donnait sur une avenue importante, j’observai attentivement  et avec passion le mouvement chamarré et bruyant de la rue. Au-delà de ma jolie maison blanche aux volets bleus,  du jardin au jasmin grimpant et aux roses embaumantes, commençait le bidonville qui déversait chaque matin son lot de gueux, de miséreux qui déferlaient vers la ville chasser l’aumône, ramasser un bout de pain , quémander.  Le soir,  ils revenaient épuisés, ils se traînaient telle une armée en défaite,  avec un baluchon sur l’épaule plus gros ; les mille et un trésors accumulés tout au long du jour.

Pour certains, ils avaient pris l’habitude de déposer leurs barda devant mon portail, ils s’accroupissaient, sortaient leur mouchoir s’épongeaient le front en soufflant bruyamment, on taillait la bavette et je courai avec joie leur chercher un verre d’eau. Pendant de longues minutes, ils me remerciaient, me bénissaient, me promettaient le meilleur avenir du monde. Ainsi défilaient la marchande d’oeufs, la diseuse de bonne aventure, la journalière qui travaillait chez les Fransaoui, le vendeur de charbon, le vendeur d’oranges avec sa balance et ses deux plateaux dorés sur lesquels il jetait ses poids; magnifique, rutilante au soleil.    Et ce petit monde m’occupait délicieusement toute la matinée.
Un jour, le vendeur de blocs de glace passa avec son chariot surchargé de blocs immenses roulés dans la  sciure pour éviter qu’ils ne fondent trop vite. Il livrait ces blocs que les gens achetaient puis s’empressaient de glisser dans des frigos. Malgré une matinée peu engagée, le soleil tapait déjà très fort, les mulets avançaient péniblement, puis la roue du char sortit  de son essieu dans un fracas épouvantable.  Les blocs de glace glissèrent lentement, inexorablement, et se déversèrent sur l’asphalte brûlant. L’homme s’acharnait sur la roue, criait de l’aide aux passants, pendant ce temps chaque bloc laissait sous lui  une trace d’eau de plus en plus grande. Sous mes yeux d’enfant, je compris qu’un drame se jouait, là,  devant moi. L’homme s’affolait, gesticulait, implorait au ciel sa clémence,  tandis que sa marchandise, toute sa fortune,  disparaissait peu à peu, fondait, jusqu’à ne former plus qu’une immense flaque d’eau.

A la vue de ce spectacle de désolation, il s’assit, prit sa tête dans ses mains et se mit à pleurer. Mon coeur d’enfant souffrait avec lui, je réalisai que la vie d’un pauvre se jouait sur très peu de choses.

Aujourd’hui, adulte, je note  à quel point les mendiants ont contribué à éveiller en moi une humanité généreuse et solaire et c’est le plus beau cadeau qu’ils m’aient offert dans mon existence. Et je chéris cette reconnaissance éternelle et me réjouis de faire l’aumône chaque fois que l’occasion se présente et continue comme je le faisais enfant à bavarder quelques minutes.

Tiens !  La dernière fois,  j’étais assise dans un bistrot des Pâquis, un gars s’approche de moi avec 2 francs 20 dans la main, il me demande un franc de plus pour se commander à boire et aller aux toilettes, c’est urgent,  mais s’ il ne consomme pas, le gérant refusera de le laisser entrer.  Je le taquine : “ Eh ! Mon vieux avec ce système , tu vas aux toilettes combien de fois par jour ? Il rit, vingt fois par jour, c’est la somme qu’il réussit à récolter pour survivre et à le voir chat famélique, on le croit sur parole.

 

“ Le monde souffre de ne pas avoir assez de mendiants pour rappeler aux hommes la douceur d'un geste fraternel.”
Marcel Aymé

07/12/2008

L'eau, bien public jusqu'à quand ?

L'accès à l’eau nécessaire à la vie est un droit humain fondamental, patrimoine commun de l'humanité, bien public et universel dont la gestion doit rester en mains publiques. Les citoyens et citoyennes ont un droit de regard sur toutes décisions importantes en ce domaine. Mais quoiqu'il en soit l'eau intéresse les faiseurs d'argent qui si on les laissaient faire nous feraient également payer l'air que nous respirons en fonction de la capacité respiratoire de nos poumons. Protégeons notre bien, opposons-nous à toute privatisation de l'eau.


Aujourd'hui plus que jamais, nous devons nous mobiliser pour un bien public dont dépend entièrement nos vies. Alors informez-vous et participez à la conférence ci-après au Pâquis :

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