28/08/2012

Causerie au coin de la rue

get_attachment-2.php.jpegA -  ça fait combien  de temps que tu bosses ici ?

B - quelques semaines , avant je travaillais dans une usine en Bulgarie, ils l’ont bouclée pour délocaliser en Chine et ils ont mis tout le monde au chômage, des centaines de personnes.  J’ai trois enfants, il faut bien les nourrir (elle lui montre les photos).  Et toi ? 

A.- moi, c’est l’Afrique, on peut même pas te mettre au chômage, y’a pas de boulot. J’ai cinq enfants, c'est ma soeur qui les garde, elle  en a trois et j’envoie l’argent pour tout le monde. Les pères ? tu sais comment sont les hommes. Vite dedans ! Vite parti ! C’est du vent……Comme dit le proverbe chez moi : "La femme,  c’est la ceinture de l’homme ». Au moins, on arrive à l’attacher à quelque chose, déjà à son pantalon. C’est toujours mieux que rien ! (éclat de rire) 

B  -    on dit que ça rapporte bien ici, que les gens sont gentils. Avant de venir, j'ai essayé de travailler  en Allemagne, c'était dur.

A -   quand t’as payé ton loyer, acheté les habits et envoyé l’argent, il ne te reste que des larmes à pleurer. Mais bon si tu tiens deux ans, tu déconnes pas avec l'alcool ou la drogue et t'as pas un mac qui te bouffe tout,  tu achètes la maison chez toi ou tu ouvres une petite affaire et tu rentres.

B -  il paraît qu’il y a une fille qui a été tuée par un fou. ça arrive souvent, ici  ?

A-  c’est comme les accidents de voiture, tu roules, tu roules et un jour c’est l’accident. Mais c’est rare qu’on s’attaque aux filles et puis si on chope le gars, il va en taule ! Faut pas plaisanter, même si on est des putes, on peut pas nous tuer comme ça ! On est des humains, on fait de mal à personne, hein !  Pas des bêtes qu’on écrase sur la route !

B-       tu vas travailler dans la vitrine en hiver ?

A-       pfff !! Mieux vaut s’acheter le gros manteau d’hiver, ils te prennent beaucoup d’argent quand tu veux rester au chaud derrière la vitrine ! Non, j’suis  pas un objet, devant le magasin, pas derrière la vitrine.

B- salut,  y' a un client qui attend !

A- ciao, je le connais, un habitué, il est gentil,  il paie bien. N'oublie pas proteccion, proteccion, guapa ! On se reverra bientôt, j'espère.

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Un grand merci pour ces photos à Bruno Toffano, la suite des photos  sur son site récemment lancé sous les blogs de la Tribune de Genève

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27/08/2012

ça s'en va et ça revient !

 

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Une  traditionnelle,  Course autour du phare, la 15 ème édition , un petit 450 mètres à effectuer en un temps record tandis que la foule encourage, siffle, hue. Des mouvements rapides et réguliers.  Ca s'en va et ça revient, ça revient et ça s'en va,  tout cela  pour fendre l'eau bleue, un rendez-vous d'eau très prisé aux Bains des Pâquis dans un décor magnifique, à faire pâlir d'envie les sirènes.

 

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Une belle occasion pour les Raëliens de revendiquer la nudité des genres;  torse nu pour les hommes et pour les femmes, tous égaux ! On pourra tous bomber dorénavant du torse.

 

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L'Association Gotopless s'est même engagée dans une campagne punchy aux Etats- Unis pour le droit de se découvrir le torse  !

 

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26/08/2012

BOIRE LA TASSE

get_attachment-2.php.jpegQuiconque a un bu une tasse de chocolat résiste à une journée de voyage, dixit Goethe aussitôt mis en pratique,  à l’aube,  aux Bains des Pâquis  qui nous offrent « La Tasse ».  Un spectacle musical  qui met en scène l’arôme du café, le goût du thé, l’amertume du chocolat. Un café grec/turc si bien décrit par les Turcs . Le café doit être noir comme l’enfer, fort comme la mort et doux comme l’amour.

Un petit serré, un long brun, un fort mais suave, un bien charpenté franc du collier. Un au goût flatteur,  un petit rond et charnu au goût de cannelle, un petit à la puissance corsée. La même chose garçon, encore un ! Une tasse de café naturellement ! 


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Etienne Privat: chant; Julien Paillard: accordéon; Luis Alberte, Jacques Vincenti, Philippe Clerc: saxophone; Jean-Luc Riesen: contrebasse; Lorena Parini: percussion


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25/08/2012

Le nombre de dealers est proportionnel à nos addictions

872965195.JPGUn sujet qui fâche, les dealers qui envahissent les préaux d’écoles aux Pâquis, qui se battent aux couteaux entre eux pour le millimètre de trottoir , des commerçants excédés qui montent au front.

On pointe du doigt les vendeurs de « rêves et d’extase » et qu’en est-il du consommateur ?

Celui qui vient ranger sa BMW aux plaques genevoises,  le long d’un trottoir pour acheter sa dose et celle de ses potes. Le portier d'un hôtel qui répond sur-le-champ à la demande de ses clients. La responsable des ressources humaines d’une compagnie qui vient acheter de quoi amuser les employés en fin de soirée de fin d’année pour les consoler de la prime non versée et leur faire plutôt voir blanc que rouge.   Avocats, traders, étudiants, travailleurs acharnés qui ont besoin d’un stimulant pour résister à la pression et continuer à être rentables comme des citrons qu’on pressent,  jusqu’à rendre l’âme.  Gars en uniforme . Qu’en est-il de tout ceux qui ont pignon sur rue, sniffeurs occasionnels ou  schnouffeurs accoutumés ?

Et puis tant qu’on y est la liste des addictions est bien longue; drogue, alcool, télé, internet,  beaucoup de sexe et peu de rock’n' roll, jeux vidéos, jeux de hasard qui ne sont que du bonneteau officialisé dans le fond et j’en passe.

Alors oui, on peut continuer à ergoter;  jouer les redresseurs de torts accuser quelques NEM (non entrée en matière de requérants d’asile) jetés dans la rue,  à l'âge de 15 ans,  et qui dealent. En faire tout un fromage ou tout un joint; continuer à peindre la girafe sur les trottoirs pâquisards, gueuler jusqu’à la Saint-Glinglin;   jeter de l’huile sur le feu, braire comme des ânes qu’on castrerait.

Force de conclure que c’est notre tempérance qui contribuera à diminuer le trafic de drogue. Ce sont  nos propres addictions qui permettent à des dealers vendeurs de shit et autres d’envahir les préaux d’école, parce que, eux,   savent,   que compte tenu de la qualité de leurs clients, de leur dépendance  et de leurs propres réseaux d’influence, qu'ils sont tranquilles pour l’éternité.  Notre  manque d'abstinence participe largement à leur business et nos vices nous rendent complices de la mise  en danger d'enfants dans le  préau d'école.

La question serait aussi  de savoir s'il y a un lien direct entre l'offre et la demande, et  si le nombre de consommateurs augmente proportionnellement au nombre de dealers  et vice versa ? La poule, ou l'oeuf d'abord? 

Ce qui est certain, pour réduire les nuisances liées à la  drogue, commençons par devenir moins addictifs, voire plus sages, - miroir aux alouettes -  en attendant de voir diminuer le nombre de consommateurs qui viennent se fournir aux Pâquis , on peut encore essayer de mettre le jet d’eau sous une cloche de verre, ou en bouteille.   

Pour mémoire et lu dans la presse récemment : "les statistiques des villes suisses  montrent  un bien triste record: elles arrivent en tête du hit-parade européen de la consommation de cocaïne, en partageant ce rang peu enviable avec de grands centres urbains des Pays-Bas ou de Belgique. C’est le résultat d’une comparaison à l’échelon européen publiée et mise en relation avec les données suisses recueillies par l’Université de Berne et l’Institut de recherche sur l’eau (Eawag) à Dübendorf."


La tempérance , frontière contre les addictions,  est bien un art de vivre qui exige une grande discipline intérieure, l'art du contentement et du renoncement.  Je propose d'ouvrir des ateliers de réflexion philosophique aux Pâquis, destinés aux dealers, aux prostitué-ées et aux clients des deux groupes. 

Ma note à ce sujet - La tempérance, source d'indépendance et de liberté


23/08/2012

Monument Brunswick – Un square, un banc,... le temps qui passe

get_attachment-9.php.jpegMarbre de Vérone et pierre de Carrare d’un rose tendre pour le tombeau de celui qui n’a connu que l’exil, le duc Charle II. Cette architecture cistercienne est composée  d’un élégant mausolée  gothique entourée d’une balustrade en marbre. Construit dans un carré paisible où bruissent les fontaines et fleurissent les nostalgies tressées d'épines et de roses, tandis que les lions surveillent en admirant le lac, le cénotaphe du duc au-dessus duquel trône un baldaquin;  couleur bleu roi piqueté d’étoiles et bercé par des anges. Arcs trilobés et moulurés soutiennent les colonnes. 

Que d’effort insensé  pour redonner à la mort,  une touche poétique, en la drapant gracieusement dans un linceul de marbre;  une tentative désespérée de donner au sommeil éternel, le visage d’un sensible humanisme. Le tout exacerbe la nostalgie;  il ne reste de tout cet éclat fantaisiste que le mouvement souple du drapé pour faire oublier la raideur de la pierre, austère comme la mort. Mais la mort, elle,  quoi qu'on fasse gardera  éternellement  la dureté de la pierre.



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get_attachment-6.php.jpegDans un square sur un banc 

 Il y a le temps

 Le temps qui passe

 Qui vous appelle

 Ni ne l’écouter

 Ni s’arrêter

 


Faire comme si on ne le voyait pas

 Comme si on ne l’entendait pas

 Passer et presser le pas

 Si vous vous asseyez

 Vous verrez le temps

 Qui vous fige

 Et vous regardez les enfants qui jouent

 Les oiseaux qui volent

 Comme le temps a passé

 (inspiré du poème de Jacques Prévert)

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22/08/2012

Chaud......Chaud........Chaud

 On a l'air un peu nigaud

Sur son vélo

Quand il fait chaud

Un brin rougeaud

Les plus finauds

Le posent

Pour un peu d'eau 

 

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21/08/2012

"Mon empire pour un sandwich"

120817-HNB141853N.jpgMon cher Louis, très cher cousin. Ah ! Si vous saviez combien les  Genevois m'ont gâtée. Me voici érigée en statue de bronze, à la taille si fine;  vivante, j'en rougirais de plaisir. Moi Impératrice d'Autriche et reine de Hongrie, loin de la matriarche Sophie et de l'ennuyeux époux,  François-Joseph, enfin je parade, libre et heureuse.  Si loin de la cour. Adieu protocole et baisemains ! Quel soulagement.

Dans le quartier où je pose pour la postérité, le  « Morgengabe » est monnaie courante.  Vous souvenez- vous,  cet  affront que j'ai subi le lendemain de mes nuits de noces, en recevant une cassette de pièces d'or, comme une vulgaire fille de joie. Heureusement, que je suis, selon les rumeurs dans un quartier où , les pauvres dames ne recoivent que de misérables billets qui circulent de main en main. Je me console en me disant que je valais bien quelques écus d'or bien que la bagatelle, vous savez ce que j'en pense, avec ou sans écus.

 

Cher  Louis, vous, mon très tendre cousin,  si  féru de Beauté, vous seriez aux anges, à mes côtés et ce serait fort à propos que vous pourriez comme vous aimez tant le faire me surnommer :  « La Mouette ,  d'aucun pays », maintenant que je réside définitivement si proche du bleu de ce lac Léman magnifique. Je le survole en pensées.   J'imagine, déployer mes   ailes majestueuses et virevolter en regardant le Mont-Blanc, tournoyer inlassablement autour de ce qu'ils appelent le « Jet d'eau ». Vous pourriez, quant à vous,  vous laissez aller à votre douce rêverie en admirant le lac, tandis que pour ma part, je tourne le dos à ces merveilles, certainement pour me faire oublier le lieu de mon assassinat , le Quai du Mont- Blanc et me distraire de ma propre tragédie. De  Là, je ne vois que ma chambre, de l'Hôtel Beau-Rivage, celle où je m'y suis si souvent et tant  languie. J'aurais préféré admiré le lac et ses dégradés de bleu.

Cher  Louis, associez vos prières aux miennes et rejoignez-moi, sans plus tarder.  Nous mêlerons nos deux mélancolies pour construire des châteaux en Espagne. Cher" Aigle des montagnes de Bavière", sur ces quais amusants où tout n'est que fureur et mouvement, nous pourrions disserter sur la beauté du monde en contemplant les monts enneigés.

Loin de l'ennui du  « Château de  Schönbrunn » de ses bals insipides, on s'amuse follement ici, croyez- moi. Fêtes et feux d'artifices, vous raviront les yeux, et votre musique bien-aimée ne saurait manquer à ce paysage féerique.

L'autre jour, un homme relativement fort, s'est assis à mes pieds et il  réclamait,  à cor et à cri : « mon  sandwich à la  mayonnaise », son épouse ne cessait de maugréer en farfouillant dans un sac.  Moi, qui craignais tant de ressembler à un tonneau, ces rondeurs à  mes pieds m'ont réconciliée avec la joie de vivre.  Aujourd'hui, je donnerais mon empire pour son sandwich et renoncerais,  à mes 50 centimètres de taille, sans hésiter.   Oh ! Que les gens sont drôles, ici.

 

Votre chère et tendre cousine,  Sissi

 

Elisabeth Amélie Eugénie de Wittelsbach Duchesse en Bavière,  devenue impératrice d'Autriche et reine de Hongrie, surnommée "Sissi"  décrivait  Genève en ces termes : "C'est mon lieu de séjour favori parce que je puis y marcher à ma guise parmi des gens cosmopolites : cela me donne l'illusion d'être vraiment telle que chacun devrait être".

 

 

 

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20/08/2012

Tibet - Le cri ultime : l'immolation !

120817-HNB145003N.jpgSur le quai devant le Palais Wilson- C'est la 2ème manifestation de la 2ème année d'une campagne de 2 ans organisée par la  Communauté Tibétaine de Suisse et du Liechtenstein  pour :

- Demander  aux Nations Unies d'envoyer une mission d'enquête indépendante ayant une totale liberté de mouvement au Tibet

- Demander urgemment à la République Populaire de Chine de cesser immédiatement l'utilisation

généralisée de la torture et des mauvais traitements.

-Appeler la Chine à reprendre le dialogue avec les représentants Tibétains afin de trouver une solution mutuelle pour les deux partis aux problèmes politiques de longue date.

 

 

Depuis 1996, de nouvelles techniques de tortures sont apparues dans les prisons et les centres de détention. Chocs électriques infligés au moyen de tiges  métalliques aux parties génitales, dans la bouche, dans les yeux et sur d'autres parties sensibles. Les coups  avec des barres métalliques. D'autres formes de techniques ont également été répertoriées telle la famine, l'obligation de fixer le soleil pendant des heures, l'attaque par des chiens féroces, les viols ainsi que les tortures psychologiques en assistant à des simulacres.

La seule issue face au silence de la communauté internationale  sont les immolations, un cri ultime dans ce désert d'indifférence. On en dénombre 43,  depuis 2009,  quant aux Chinois, ils demeurent impitoyables face à ces actes désespérés qu'ils associent à des actes de terrorisme.  Il faut savoir que le Tibet est devenu une prison fermée  aux journalistes et touristes.

Combien de morts faudra-t-il encore, de personnes qui s'immolent pour qu'enfin on entende le cri de désespoir des Tibétains ?  Cris étouffés par les bottes chinoises et surtout le mépris. Et cet autre ennemi terrible des Tibétains ; notre indifférence, notre conscience qui a assimilé l'injustice et  la cruauté, notre perte du sens de la justice. Combien de temps encore, resterons- nous, ces  témoins silencieux du massacre des Tibétains si soucieux que nous sommes de déplaire aux Chinois ? Soucieux au point d'en devenir aveugles et muets !

 

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19/08/2012

Aubade aux Bains des Pâquis

Dimanche 19 août 2012  - Une aubade enchanteresse aux Bains des Pâquis. Saluer le lever du soleil en musique; un instant magique durant lequel les notes se mêlent aux  couleurs pastels d'un pinceau qui dessine la rade tandis que l'astre solaire se déploie dans un  voile mordoré laissant les ténèbres loin derrière. Hélios s'enivre des notes égrénées, emportées par une brise légère. Amaterasu, s'incline profondément tandis que la musique habille l'espace pour  apaiser les âmes.

Hormis, le sublime silence;  la musique est si belle.

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12/08/2012

Ô FEUX ! Ô FEUX! Et course des plateaux en noir et blanc

 
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Et LA COURSE DES PLATEAUX EN NOIR ET BLANC

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Merci à S. Chraiti (photographe)  pour les 4 premières photos du feux d'artifice

Un autre grand merci à Bruno Toffano de Aphrodite Pix Art

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11/08/2012

Des Canards et des Hommes

canard.jpgBains des Pâquis - Occupée aux Bains des Pâquis à terminer ma salade mozza,  j'observe un canard et sa cane, quasiment assis l'un à côté de l'autre, sur les escaliers qui mènent aux bassins des femmes;  à croire qu'ils babillent gentiment, profitant des derniers rayons du soleil et appréciant la fraîcheur à peine suggérée, enfin au rendez-vous.

Une femme en face de qui je me trouve assise,  jette  des morceaux de pain et n'en vise qu'à la cane, le mâle essaie d'en attraper un morceau, la lanceuse de pain  s'exclame : « Ah non, pas toi le vilain canard ! »- Elle lance, à nouveau,  un morceau uniquement à la cane. Conclusion de cette saynète,  le canard et la cane se pincent du bec, s'énervent et finalement se battent.

J'en reste stupéfaite, coite par ce qui me semble être profondément injuste, ce canardage contre les hommes contre-nature,  et regarde la femme,  en face de moi. Sur ces traits une colère et une dureté à l'égard du « canard » qui en réalité représente, pour elle,  l'élément masculin, la gent masculine honnie. Cette scène s'est déroulée en boucle dans ma tête durant plusieurs jours, et force est de constater que le « féminisme » mal placé peut faire  des ravages. Là, où l'harmonie semblait régnait, c'est le chaos qui est advenu et cela par un traitement inéquitable d'un des deux genres.

Quelle leçon formidable ! C'est comme si tout le mal de la société, s'était cristallisé sous mes yeux. On a beaucoup écrit et sur le machisme et sur le féminisme, les inégalités de traitement bien réelles.

La seule réponse à donner est toute confucéenne : "Ne fais pas à autrui ce que tu n'aimerais pas que l'on te fasse." ... "Tout ce qui te répugne, ne le fais pas non plus aux autres." ... Confucius (551-479 avant JC)

Cette règle d'or devrait prévaloir sur le traitement des genres et qui équivaut à dire : «  respecte-moi comme tu souhaiterais être respecté."

Dans le sâmsara, cycle de vie et Karma, il est dit que nous réapparaîtrons sous une autre forme, dont celle du genre opposé dont nous sommes déjà en partie composés.  Un juste Yin et Yang, deux énergies non-dualisables qui devraient être parfaitement équilibrées et indissociables . Mieux vaut dès à présent se traiter avec bonté ;  tout ça de gagné sur l'avenir.

 

Traitons les Hommes, les Femmes et les Canards avec respect !

 

 

 

 

 

 

07/08/2012

PÂQUISARDONS EN CHOEUR

Un nouveau verbe "pâquisarder" s'est imposé après ma rencontre avec un journaliste suisse-allemand qui m'interviewait récemment sur les Pâquis; tout cela parce que les Suisses allemands ont peur de venir à Genève et particulièrement dans ce quartier. Lieu de tous les vices et de si peu de vertu, un Harlem tout genevois, un ghetto de Soweto, dans l'imaginaire,  où on vous ôterait  la vie pour une thune, où les dealers font  la loi et les putes l'émoi.

Avant mon rendez-vous fixé avec le journaliste aux "Parfums de Beyrouth", je décidai de déambuler avec les yeux d'un paysan du Thierachern dans le quartier "chaud" genevois, avec ce regard neuf de celui qui confronte pour la première fois un environnement. Rue de Berne, je tire à droite et entame une conversation avec une prostituée de Saint Domingue et lui demande si elle n'aurait pas elle aussi préféré travailler dans une vitrine, en hiver. Elle me répond d'un ton âpre en espagnol  :"mieux vaut crever dans la rue que travailler derrière une vitrine !" -  Elle n'est pas un objet à vendre et toi ? me lance-t-elle "Tu travailles dans la vitrine?"- Une envie d'hurler de rire me saisit les entrailles et je me demande si le succès pour un écrivain ne  le réduit pas aussi  à parader derrière une vitrine, où éditeurs, journalistes, annonceurs viennent le chercher contre pactole. Elle a bien raison, la prostituée, les écrivains à succès finissent aussi derrière une vitre, celle du succès et de revoir un Marc Levy ou un Michel Houellebecq devant une longue queue de personnes qui trépignent d'impatience pour les autographes, au Salon du Livre de Paris , épuisés, les cernes lourdes, soupirer : au suivant, au suivant, au suivant, au suivant ................

Rue de Zürich, je constate que les dealers ont changé de poste, ils ont quitté l'angle rue de Neuchâtel, pour se poster à l'angle de la  rue de Berne et s'installer, assis, dans un pot de fleurs où pousse un arbre encore frêle. Ils sont , trois,  à l'ombre de l'arbre naissant en pleines palabres. Un franc bonjour m'accueille, la scène a quelque chose de cocasse.

Devant un hôtel rue de Berne, un père et un fils,  originaires du Golfe,  s'épuisent les yeux à les plonger dans le décolleté abyssal d'une prostituée, malgré le ramadan, il n'y a pas encore de fatwa pâquisarde qui empêche de farfouiller du regard les chaires abondantes et offertes à tout vent. Ils s'en donnent à coeur joie, je ne sais pas si c'est la soif, ou la faim qui leur fait abondamment se lécher les babines par l'envie de boire ou de manger, ou la simple vue de cette hétaïre extatique derrière ses faux-cils interminables, aussi longs que ses jambes; la pointure des chaussures annonce, sans doute,  une transexuelle.

Finalement, me voilà, assise devant le journaliste, à l'heure dite. Il me pose des questions et paf ! Je ne m'étais pas attendue à celle concernant l'architecture. Rien de spécial en terme d'architecture aux Pâquis, n'est-ce pas ? s'enquiert  l'interlocuteur. Je bafouille, j'hésite, certes, il y l'école, un immeuble historique sur la place de la Navigation. Puis, je me souviens avoir toujours regardé les immeubles, le nez levé, non pas tant pour l'aspect architectural, mais parce que les immeubles vivent de la vie intense de leurs habitants. A une fenêtre, une lampe qui s'éteint et s'allume annonçant que la prostituée est libre; ailleurs des chemises de clandestin lavées à la main et suspendues à un cintre qui tournoient dans une brise légère, là, un pot de marijuana florissant. Ce n'est pas tant l'architecture qui frappe, mais l'usage qui en est fait.

Lors de notre interview, notre voisine de table acquiesce de la tête, à ce que je dis, son grand cartable à dessin près d'elle, elle confirme.  Les Pâquis , c'est formidable et ce restaurant sert les meilleurs chawarmas du monde. Le personnel offre  la tête d'un jour de ramadan, long comme un jour sans pain. Puis, une française intervient, à son tour, designer de bijoux, elle a quitté Paris, après avoir tout vendu, pour venir s'installer à Genève et créer des modèles pour riches clients de Dubaï. Je regarde, le journaliste et confirme : c'est ça les Pâquis, tout le monde se mêle de ce que vous dites :  ça vit, ça boit, ça chante, ça crie, ça cogne parfois. Un quartier proche de la gare, ça vient, ça repart, un brassage continu, un flux migratoire qui change au fil des ans.

Les Suisses allemands peuvent venir sans risque aucun "pâquisarder", comme tout lieu proche des gares, le sac à dos plutôt devant, mais c'est sûr, comme à Thierachern et pas davantage, il y a toujours un loup qui rôde.  Rester un  brin attentif, mais surtout musarder en une douce flânerie et sentir un quartier qui vous fait souvent de sacrés clins d'oeil et vous rappelle à la vie joyeuse et intense.

 

Pâquisarder :(mot genevois)  v.i flâner, musarder dans un quartier de Genève appelé les Pâquis.

Je pâquisarde, tu pâquisardes, il/elle pâquisarde, nous pâquisardons, vous pâquisardez,ils/elles pâquisardent.

 

L'émission est   retransmise le 8 août, 18 h30 , Radio DRS, voici le lien :" Les trottoirs des Pâquis"

http://www.drs.ch/www/de/drs/nachrichten/regional/ewigi-l...