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  • - Mihai Eminescu réinventé aux Pâquis

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    418092_369392246425530_100000642747050_1164144_213489683_n.jpgL'Association universitaire Eminescu avec à sa présidence,  Chiril Tiscic,  a  eu l'excellente initiative  de réunir,  le samedi 17 mars,  à l'atelier d'art de la rue du Môle, un panel d'intervenants pour nous présenter un grand poète roumain, né dans la principauté de  Moldavie,  sous le titre de « Eminescu Réinventé « .

    Sorina Sandu a présente un essai intitulé  »A la recherche d'Eminescu »,  elle nous invite à  méditer  une autre manière d'aborder l'œuvre  du poète national roumain.  Ainsi, elle nous propose de sortir de l'espace des poésies et de faire un effort afin de découvrir le poète dans la partie de son œuvre qui reste encore dans l' ombre : le journalisme, la correspondance, les essais.

    Sorina Sandu dit que, en lisant « Les écritures essentielles » elle a découvert un autre Eminescu, la révélation du texte lui offrant l'enthousiasme nécessaire pour approfondir l'œuvre du poète. Elle tente de déconstruire l'image d'Eminescu, poète amoureux, la tête dans les nuages, dont les critiques ne cessent pas d'en parler.

    S'approcher d'Eminescu, c'est oublier un peu ses créations trop connues et découvrir les plus profondes. Il faut descendre Eminescu de son piédestal imposé. S'approcher de ce créateur c'est aussi avoir la conscience que lui, le génie roumain, est notre contemporain

     

    Le romancier Oleg Garaz , né le 5 janvier 1964  à Soroca, en Moldavie, a parlé de son roman d'aventure   « Territoria ».  Egalement enseignant, il a suivi ses études de musicologie  au Conservatoire de Chisinau et ensuite au Conservatoire National de Cluj, en Roumanie, où il est devenu enseignant en musicologie. Il prépare sa thèse de doctorat à Genève, ville  qu'il a spécialement choisie pour sa dimension humaine.

    (sur la photo Sorina Sandu et Oleg Garaz, à droite)

     

    556596_343521455699759_1348.jpgChantal Doupeux a présenté le projet de son guide.  Chantal Doupeux est une  journaliste,  humaniste  qui s'est mis en tête de nous introduire la République de Moldavie,  à travers la création  d'un guide sur cette région encore méconnue  et intitulée :  « Guide sur le Patrimoine Historique et Culturel de la République de Moldavie ». Chantal n'hésite pas à souligner les similitudes entre l'Auvergne;  la région de son enfance et la Moldavie qui ont des traits communs en tant que  régions rurales qui rencontrent les mêmes difficultés;  des ressemblances entre  ces gens qui les habitent. Un projet ambitieux, avec  encore peu de financement,  voire  pas du tout . Des documents rares et pas traduits. Qu'importe, elle ne renonce pas .  Elle souhaite nous faire partager  une passion toute particulière et qui la motive pour la  culture des Cucuténi-Tripylie, société matriarcale et pacifiste qui pendant 4 millénaires, sur un territoire qui s'étendait de la Roumanie à l'Ukraine, soit 35 000 km² a laissé de nombreux vestiges. Elle court les donateurs et ne désespère pas de les trouver.

    L'Europe s'ouvre et on connaît encore si mal ces pays européens.  Des confusions immenses continuent à être entretenues  entre Rroms et Roumains. Les Rroms issus de l'Inde se sont disséminés d'abord dans toute l'Europe dès le XV ème siècle et dans le reste du monde par la suite  , ce qui signifie que l'on trouve des Rroms en Colombie et qui n'ont rien à voir avec la Roumanie. Rrom signifie "Homme libre, être humain" et désigne l'ensemble de la population issue de cette veine indienne et qui constituera des sous-groupes variés avec pour langue commune le Rromani et non pas le Roumain . http://roms.blog.tdg.ch/archive/2008/09/24/le-rromani-soeur-ou-fille-du-sanscrit.html

     

    Ce fut une belle occasion de créer des ponts entre les cultures. Souligner l'universalité et l'intemporalité de la poésie.

    Votre servante est intervenue avec un poème dédié au grand poète.  A la lecture des poèmes de Mihai Eminescu que j'ai découverts grâce à cette  soirée,  organisée par l'Association et  à laquelle Chantal Doupeux m'a invitée, j'ai été aussitôt subjuguée par le chant universel du poète. A mon tour, j'ai voulu montrer qu'on peut répondre à ce langage solaire par un doux murmure  d'étoiles. Que la poésie construit un pont entre les êtres qui peuvent communiquer par cette construction stellaire qui unit les âmes sensibles et forme un arc-en-ciel au-dessus des humains à qui il suffira de relever la tête pour écouter le chant astral et se plonger dans l'exquise beauté  des coeurs ardents.

     

    Rediffusion du cénacle littéraire sur la chaîne moldave

     

    si vous souhaitez accéder à mon site web http://www.djemaachraiti.ch/

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  • Sorina Sandu - Une poétesse roumaine aux Pâquis

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    07072011517.jpgSorina Sandu, jeune poétesse roumaine vivant et étudiant à Genève la littérature française,  a succombé sous le charme du  63,  rue de Berne.

    Sorina Sandu est née le 14 février 1980 à Craiova, une ville au Sud de la Roumanie.

    Elle a fait ses études en Théologie et Littérature à l'Université de Craiova. En Roumanie, elle travaille au début à la radio et à la télévision. Plus tard elle devient professeur de théologie et roumain. Depuis cinq ans, elle fait des études et travaille à Genève. Sorina Sandu a créé ses premières poésies très tôt, avant même d'apprendre à lire et à écrire. Vers l'âge de 15 ans elle a commencé à  publier dans les revues de sa ville natale. Son premier volume de poésies, « Le temps des rêves », a été publie en 1998, aux Editions de la Fondation « Dor » de Craiova.  Sorina Sandu a aussi publié ses poèmes dans la revue "L'Echo Magazine"  ainsi que des  d'aphorismes dans la revue "Itinéraires" à Lausanne . Elle compte à son actif d'autres publications de recueils de poèmes  en Roumanie et  des poèmes traduits en Anglais et publiés  en Australie.

    Sorina Sandu s'est toujours  intéressée a la littérature. La lecture est sa passion principale.  Parmi les écrivains qui l'inspirent,  on compte : Rainer Maria Rilke, Emil Cioran, Antoine de Saint-Exupéry, Hermann Hesse, Paul Celan.

     

     

    RUE DE BERNE 63

     

    Je me promène sur la rue de Berne

    Près des arbres, près du lac

    Qui s'offre aux passants

    Comme un pain quotidien

    ***

    Au numéro 63

    J'ai rencontré le maître des brochures colorées

    Il se taisait beaucoup

    Pour attirer les regards des oiseaux

    De temps en temps il fermait les volets

    Pour oublier la lumière de la rue,

    La lumière comme une belle de nuit

    Déchirant la tendresse du silence.

    ***

    Il m'a regardée les yeux mi-clos

    Et pour un instant j'ai cru

    Que j'étais seule dans cette ville,

    Et que cet homme n'était que l'ombre du lac,

    Ou le cri d'une mouette.

    « Monsieur, vos brochures

    Sont-elles remplies de poèmes,

    Ou d'oiseaux en colère ?

    Pourquoi tenez-vous autant de poupées aveugles

    Sur votre bureau ?

     

    Et pourquoi fermer les volets en pleine journée !?

     

    Il n'y a pas assez de lumière sur cette rue, Monsieur,

    Il n'y a ni tables, ni chats

    Il ne reste que votre fenêtre

    (On dit que les autres ont quitté le pays)

    Il n'y a que la  longue rue de Berne qui demeure dans cette ville

    Où les yeux de poisson

    Lisent les visages des passants

    Comme on lit de vieux journaux,

    Où les algues tombent amoureuses au crépuscule.

     

    Je ne reste pas longtemps ici,

    Rien qu'une minute

    Le temps de dire bonjour à cette fenêtre

    Et de ramasser

    Quelques lettres égarées

    ***

    Restez au bord de la fenêtre, Monsieur,

    Regardez tous ces mots, pèlerins sans bagages,

    Qui battent comme le cœur d'un enfant,

    Tous ces arbres qui passent en chantant...

    On peut marcher très loin, Monsieur !

     

    La joie est ailleurs

     

     

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