18/03/2012

Sorina Sandu - Une poétesse roumaine aux Pâquis

07072011517.jpgSorina Sandu, jeune poétesse roumaine vivant et étudiant à Genève la littérature française,  a succombé sous le charme du  63,  rue de Berne.

Sorina Sandu est née le 14 février 1980 à Craiova, une ville au Sud de la Roumanie.

Elle a fait ses études en Théologie et Littérature à l'Université de Craiova. En Roumanie, elle travaille au début à la radio et à la télévision. Plus tard elle devient professeur de théologie et roumain. Depuis cinq ans, elle fait des études et travaille à Genève. Sorina Sandu a créé ses premières poésies très tôt, avant même d'apprendre à lire et à écrire. Vers l'âge de 15 ans elle a commencé à  publier dans les revues de sa ville natale. Son premier volume de poésies, « Le temps des rêves », a été publie en 1998, aux Editions de la Fondation « Dor » de Craiova.  Sorina Sandu a aussi publié ses poèmes dans la revue "L'Echo Magazine"  ainsi que des  d'aphorismes dans la revue "Itinéraires" à Lausanne . Elle compte à son actif d'autres publications de recueils de poèmes  en Roumanie et  des poèmes traduits en Anglais et publiés  en Australie.

Sorina Sandu s'est toujours  intéressée a la littérature. La lecture est sa passion principale.  Parmi les écrivains qui l'inspirent,  on compte : Rainer Maria Rilke, Emil Cioran, Antoine de Saint-Exupéry, Hermann Hesse, Paul Celan.

 

 

RUE DE BERNE 63

 

Je me promène sur la rue de Berne

Près des arbres, près du lac

Qui s'offre aux passants

Comme un pain quotidien

***

Au numéro 63

J'ai rencontré le maître des brochures colorées

Il se taisait beaucoup

Pour attirer les regards des oiseaux

De temps en temps il fermait les volets

Pour oublier la lumière de la rue,

La lumière comme une belle de nuit

Déchirant la tendresse du silence.

***

Il m'a regardée les yeux mi-clos

Et pour un instant j'ai cru

Que j'étais seule dans cette ville,

Et que cet homme n'était que l'ombre du lac,

Ou le cri d'une mouette.

« Monsieur, vos brochures

Sont-elles remplies de poèmes,

Ou d'oiseaux en colère ?

Pourquoi tenez-vous autant de poupées aveugles

Sur votre bureau ?

 

Et pourquoi fermer les volets en pleine journée !?

 

Il n'y a pas assez de lumière sur cette rue, Monsieur,

Il n'y a ni tables, ni chats

Il ne reste que votre fenêtre

(On dit que les autres ont quitté le pays)

Il n'y a que la  longue rue de Berne qui demeure dans cette ville

Où les yeux de poisson

Lisent les visages des passants

Comme on lit de vieux journaux,

Où les algues tombent amoureuses au crépuscule.

 

Je ne reste pas longtemps ici,

Rien qu'une minute

Le temps de dire bonjour à cette fenêtre

Et de ramasser

Quelques lettres égarées

***

Restez au bord de la fenêtre, Monsieur,

Regardez tous ces mots, pèlerins sans bagages,

Qui battent comme le cœur d'un enfant,

Tous ces arbres qui passent en chantant...

On peut marcher très loin, Monsieur !

 

La joie est ailleurs

 

 

Les commentaires sont fermés.