26/09/2011

La chronique d'un quartier

peinture-pot-2.jpgPour ceux qui souhaiteraient se lancer, je ne sais pas si ma chronique des Pâquis peut être prise en exemple, mais je vais partager avec ceux qui le souhaiteraient quelques réflexions sur la façon de s'y prendre.

On aborde un quartier avec la même curiosité que si l'on se trouvait au bout du monde, l'effet de nouveauté, un regard neuf à chaque fois renouvelé. Un regard fatigué ou d'habitué use l'étonnement devant un fait anodin ou non. Et finalement tout parle, même la devanture d'un magasin, à rue de Monthoux j'observai des Indiens qui vendent des produits alimentaires russes avec un poster de Noël et le tout écrit en cyrillique. Rien que ça raconte déjà une histoire.

Puis, chaque fois que je me rends aux Pâquis c'est comme aller à la pêche, je ne sais jamais si j'en tirerais quelque chose. Il y a de la patience à avoir, traîner son oreille, appareil photo et carnet de notes cachés au fond du sac. Il faut arriver dans un endroit public de façon quasi inaperçue, plus légère que la bise, un souffle. Ou traîner sur un banc, boire un café dans un  bistrot et prendre son temps à observer, à s'approprier les lieux.

Quand les gens vous accostent, vous discutez tranquillement avec eux, vous ne savez jamais ce qu'ils vont vous raconter, une anecdote, un fait divers, un souvenir. Il se pourrait que vous tombiez sur un sujet intéressant. Petits figures comme personnages en vue, il est important de les écouter avec la même attention. La mémoire des anciens même si elle est parfois défaillante offre un bon aperçu historique du quartier, de ses changements.  Et dès que vous sentez que ça tire sur la ligne, ce n'est pas le moment de partir.  Vous hameçonnez avec  les comment, pourquoi, quand, mais encore, dites-en plus. Un maximum de détails permettra de bien retranscrire la note, en temps voulu.

 

Et quand par hasard ce que vous entendez mérite d'être noté, vous demandez si vous pouvez transcrire les propos entendus, puis éventuellement à la fin vous sortez l'appareil photo. Ce sont des choses qui font peur, car ceux qui sont en face savent  que l'on va immortaliser leurs propos ou leurs images. Donc, gestes lents, pas de précipitation.

 

Maintenant, il ne reste plus qu'à noter. Dans le fond, il est toujours important de se souvenir que le lecteur ne connaît pas les lieux, ni le visage de l'interlocuteur, ni le temps qui fait au moment ou vous écrivez. . Alors ne soyez pas avare de détails, Il faut planter, le décor, poser les personnages, décrire une ambiance et ne pas trop s'éloigner du ton sur lequel les gens parlent, avec leurs mots à eux.  Bref, peindre un tableau et dessiner les personnages avec précision et rendre de façon la plus juste possible l'âme d'un quartier.  Chaque quartier a aussi une architecture particulière, un peu de description ne mange pas de pain.

Voilà un peu les ingrédients, rien de bien original j'imagine, il suffit ensuite de bien touiller ! Un brin d'humour et d'impertinence rehausse  un peu la sauce et l'assaisonne avec délicatesse.

Et surtout avoir très très envie de raconter une histoire !

A vos plumes-pinceaux ! Si j'avais dû m'intéresser à d'autres quartiers, assurément ce sont les quartiers de St-Jean, Eaux-Vives, Thônex proche de la France plutôt côté douane  Moillesulaz qui auraient retenu mon attention. Il y a une activité particulière qui se prête bien au coup d'oeil.  Le flot des gens, les valises, les contrôles.......... L'aspect quartier-frontière avec cette dynamique du passage d'un point à l'autre.  

 

 

 

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