20/08/2011

« Quand la concierge pète un câble, elle fait sauter les plombs ! »

174886_217411464945882_1773528_n.jpgRendez-vous à Charles Cusin, cet après-midi pour la  visite d'un studio. Devant l'immeuble d'à-côté, des filles attendent sur des chaises hautes, leurs jambes girafesques sont impressionnantes. Les cheveux longs et blonds ajoutent une touche finale à ce tableau longiligne. Un autre monsieur attend avec moi de visiter l'appartement. Il travaillait anciennement au César Ritz de Paris. Notre spécialiste en restauration sans le savoir travaillait déjà un peu en Suisse,  César Ritz était un Haut-Valaisan à l'origine, né en 1850, dans une famille de bergers.  L'homme à la délicatesse exquise  vient de  trouver  un travail à Genève dans un hôtel de luxe. Son air déférent et ses bonnes manières tachent dans ce décor un tant soit peu déglingué. Nous sommes accueillis par une charmante dame qui quitte pour plus grand ailleurs.

Les voisins naturellement sont bruyants nous explique-t-elle . Effectivement, une musique à plein tube dans la cour intérieure coule à flot dans les oreilles.  Ce sont des Brésiliens, elle doit appeller fréquemment la police. Des prostituées dans l'immeuble ? Juste une au deuxième qui est très calme et travaille discrètement.  Un quartier dangereux ? Non , pas spécialement, elle porte soit un sac à dos, sois un sac en bandoulière. Elle n'a jamais eu personnellement de problèmes, ni n'a jamais été volée en deux ans. Une autre femme me le confirmera, en 27 ans, elle n'a jamais eu de difficultés particulières en terme de sécurité.

Et puis si  vraiment la musique est infernale au milieu de la nuit, c'est simple parfois la concierge pète un câble et fait sauter les plombs, l'affaire est réglée ! Tout le monde au dodo. Devant la fenêtre, les murs d'un immeuble imposants.  Bon si j'avais prévu d'écrire un livre sur le goulag de Soljenitsyne, ça passerait encore. Les conditions seraient réunies en terme d'enfermement.

Le Français me lâche finalement devant l'immeuble après notre visite :  « Vous savez, moi, je n'ai pas quitté la banlieue française, pour un Barbès, ou un Pigalle version genevoise. Et vous savez les ennuis arrivent rapidement. Imaginez que quelqu'un vous glisse de la drogue dans la boîte aux lettres et vous dénonce à la police. Allez prouver que ce n'est pas vous ! "  J'en reste muette, bouche bée, quelle imagination débordante !

Tiens,  c'est qui ce Charles Cusin ? me demande-t-il. Un poète, un artiste  ? Je lui remets les pendules à l'heure. Non! Ni l'un, ni l'autre, c'est  un horloger arrivé en 1574 à Genève. Accusé de vol dans son pays. Il travaillera à Genève pour la réparation de l'horloge du Molard, sans terminer son travail,  il prendra la poudre  d'escampette vers l'Italie. Les autorités genevoises se rabattront sur son mobilier pour se rembourser de l'avance faite pour la commande inachevée.

Notre spécialiste en restauration hoche la tête d'un air pensif, il tient un plan de Genève : « Barbès made in Genève ce n'est  pas  pour moi !" conclut-il.  Il pointe son doigt sur l'avenue de France. Pur hasard ou acte manqué. Comme une envie de repartir ?

 

Commentaires

La légende d'un Valaisan à Paris
César Ritz (1850 - 1918) César Ritz naît à Niederwald, en Suisse, le 23 février 1850. À l'âge de treize ans, César est envoyé dans une famille française à Sion afin qu’il améliore son français. À l'âge de seize ans, il prend des cours en hôtellerie.

En 1867, il se trouve un emploi dans un modeste hôtel de Paris. En 1869, César travaille au restaurant Voisin où la clientèle provient de la haute société. Il apprend beaucoup sur les habitudes de cette classe de clients.

En 1871, il s'installe en Allemagne et devient maître d'hôtel du Splendide Hôtel. Il travaille ensuite à Vienne, puis à la Riviera où il dirige le restaurant du Grand Hôtel de Nice. De 1878 à 1888, il dirige le Grand Hôtel de Lucerne.

En 1888, César Ritz achète deux restaurants-hôtels à Baden-Baden. Cette ville est une station thermale fréquentée par les biens nantis. Il vend les deux hôtels en 1891 pour construire le Grand-Hôtel à Rome, premier hôtel à avoir une salle de bain dans chaque chambre.

Ritz et son associé, le chef cuisinier de renom Auguste Escoffier, ouvrent d'autres hôtels luxueux dans les grandes villes d'Europe, dont l'Hôtel Ritz à Paris en 1898.

En 1902, César Ritz souffre de dépression nerveuse. Son épouse et Escoffier s'occupent de l'entreprise. En 1906, César fait un court séjour dans un sanatorium pour maladie mentale. Le Ritz de Londres ouvre ses portes la même année.

La santé de Ritz se détériore, il se retire des affaires en 1907. César Ritz décède en Suisse le 26 octobre 1918.

L'Hôtel Ritz de Paris est acheté par Mohamed Al-Fayed en 1979.

L.D.

Écrit par : info | 20/08/2011

Le concierge est à notre écoute. A nous de bien s'entendre avec lui.

Écrit par : conciergerie d’entreprise | 02/02/2012

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