15/07/2011

LES PÂQUIS DANS D'BEAUX DRAPS !

 

draps_seches_N_B_rouge.jpg Ô ! Si les draps pouvaient parler, c'est comme les murs, ils en auraient des choses à raconter, secrets d'alcôves, cris et chuchotements.  Quand l'entreprise Lavotel récupère chaque jour sa tonne et demie de draps sales recueillis auprès des hôtels pâquisards, ce ne sont que   draps roulés en boule, pliés, entortillés,  fripés, froissés comme de vieux visages ridés d'avoir trop vécus. D'autres semblent revenir d'un champ de bataille, lamentables et épuisés par  tant de vains combats. D'autres s'enorgueillissent de leur blancheur virginale encore innocents.  Traces érotiques, traces d'oubli, larges taches sphériques, en continents, en piqueté, moucheté, traînées zigzagantes, zébrant cette blancheur immaculée.  Ces draps qui racontent des vies, suaires de solitude, témoins discrets de tous les crimes et châtiments, de grands vices et de petites vertus.

Mais encore, ce drap mouillé de larmes de Saoudien, ces draps de l'Hôtel Nashville qui ont bu toute la honte amère, celle infinie de s'être fait attraper la main dans le corset de la femme de chambre. A l'étage au-dessus ce sont les mères et soeurs qui versent, elles aussi des larmes d'humiliation et de se plaindre. Pourquoi tant d'histoires pour une femme de ménage camerounaise de 36 ans ?  Vous vous imaginez si en Arabie Saoudite  toutes les femmes de ménage devaient porter plainte, où irait-on ?  On serait obligée de toutes les flageller pour  s'être laissées violées et  puis ensuite parfois, il faudrait encore les condamner à mort. Il ne resterait plus aucune femme de chambre en Arabie Saoudite, elles finiraient toutes à se balancer au bout d'une corde ou lapidées. Mais qui ferait le ménage pour finir  ?

Quartier maudit, ces Pâquis ! C'est bien ce que tente d'expliquer notre étudiant Saoudien de 22 ans. Toute cette chair étalée, ces débordements de tentation,  à chaque coin de rue, un appel irrésistible,  ces poitrines pigeonnantes enserrées dans des corsets en dentelles. Ces mini-jupes si courtes, ces hauts talons si pointus qui résonnent toute la nuit sur le trottoir et qui semblent vous inviter à un autre paradis que celui d'Allah. Un Paradis à portée de main, il suffisait de la tendre cette main pécheresse pour accéder au fruit défendu.

Notre étudiant a succombé en confondant femme de chambre et femme de joie,  belle de jour et belle de nuit. Une confusion qui montre le peu de cas que l'on fait des femmes surtout.

Après les viols de femmes de ménage, l'homme battu au ceinturon par un émirati et surnommé le "Cheikh fouettard", la prostituée tuée par étouffement  avec des draps de rideau à l'Hôtel Intercontinental, meurtre passé sous silence à coups de millions, il y a quelques années seulement. Voilà encore des  draps pourpre, les draps qui portent les couleurs de la honte derrière lesquels il ne reste plus qu'à se cacher    !