21/05/2010

Dialogues, blogs : médialogues de RSR

Encore et toujours tout savoir sur les blogs et pourquoi on blogue. Une émission à laquelle j’ai participé ce matin sur Médialogues RSR. ch, podcast de ce jour 21 mai 2010.

Une nouvelle  occasion de vous exprimer sur le sujet  et surtout de démontrer que nous ne sommes pas - nous autres blogueurs- des autistes rivés derrière nos écrans et acharnés sur nos claviers mais bien des acteurs impliqués dans les réseaux sociaux et dans la vie, des 4X4 tous terrains en quelque sorte pollution en moins, bien que, bien que........

http://www.rsr.ch/la-1ere/medialogues/

“Regard explicatif et critique sur le traitement de l'actualité dans les médias: TV, radio, presse écrite, internet, principalement en Suisse mais aussi parfois en France ou ailleurs.

Le background, les enjeux médiatiques, décryptés avec les journalistes concernés, des experts en médias, des spécialistes du domaine traité ou des personnes directement concernées par le traitement médiatique dont il est question.

Mise en valeur d’enquêtes originales, d'analyses, de reportages, d'interviews hors du commun.

Médialogues est également présent sur Twitter”

15/05/2010

Un banquier sans boa

boa-plumes-rose-vif-2-metres-[1].jpgIl tournoie inlassablement en se tenant à la barre centrale en acier de la petite estrade d'une boîte de nuit à la rue de Berne, scène sur laquelle ces demoiselles habituellement s'effeuillent, mais ce coup-ci c'est un banquier qui tourne, tourne comme pour oublier la crise, les boni incriminés, pour oublier qu'on le traite maintenant de voleur et de menteur. Il karaoke en faisant semblant de chanter et en se trémoussant.

Son visage cachet d'aspirine est rond et blanc, petit et trapu, ni angle, ni pointe, tout n'est que  rondeur chez lui, pour le résumer : une pièce de 5 francs !  Un crâne légèrement chauve et sur lequel les filles passent et repassent leurs mains, elles se souviennent alors pour certaines du doux crâne de leur  propre enfant avant la pousse des cheveux. Sa chemise à moitié hors du pantalon laisse apparaître un ventre généreux, la cravate défaite, il la brandit pareille à un boa rose. Il n'y a encore que des femmes dans le bar, il est trop tôt, les filles rigolent, je tiens mon carnet de notes et inscris ce que me raconte une Ukrainienne, finalement, il s'affale à côté de moi, salement éméché, bebelotant, légèrement en sueur, des auréoles  immenses sous les bras de sa chemise.   La musique est très forte, il m'hurle quelque chose dans les oreilles, je suis affolée, très rapidement deux filles l'entraînent derrière un paravent d'où ne proviennent plus que gloussements et soupirs, une bouteille de champagne est débouchonnée, le volume musical baisse.

On l'imagine à son tour  être vidé de  ses poches, se laisser piller, emberlificoter, tromper, mener en bourrique, trainer par le bout du nez. Sans le savoir, il est passé de l'autre côté, celui de ceux qui raquent quoiqu'il advienne. Il découvre allongé sur un sofa velours rouge, lle goût des comptes vidés de ses clients, les subprimés, les supprimés de la liste noire, pour la liste rouge ad aeternam.

Et lundi, net et propre derrière son bureau, tiré à quatre épingles; la cravate droite comme un i, lorsqu'on lui mentionnera la crise, il aura un hochement de tête sincère, il sait ce que signifie lui, partager avec les plus pauvres et avec les pauvresses surtout. La chemise profondément rentrée dans le pantalon sur un ventre proéminent avec une légère gueule de bois et quelques Alka Seltzer dans la poche, il hochera de la tête compatissant, il précise ne pas soutenir une ONG à but humanitaire mais disons presque, une fois par semaine, il participe à la redistribution des richesses Nord-Sud. La dame avec qui il parlera acquiescera du chef en soulignant : " c'est bon de connaître des banquiers encore généreux et qui font du bien autour d'eux !"

 

13/05/2010

POUR QUOI ET POUR QUI UN BLOG ?

 

P1010849.jpgSans trop me poser de questions, je me suis lancée dans cette aventure, il y a deux ans. Rêvassant dans les rues des Pâquis, j'imaginai créer un bureau d'écrivain bénévole, songeant qu'il était  de notre devoir de donner une voix et une plume à ceux qui n'ont pas la chance d'en avoir.

Finalement, un ami m'a suggéré de développer un projet en collaboration avec l'Espace Solidaire des Pâquis, de retour de Londres, je leur proposai la création d'un Bureau Citoyen sur le modèle anglais et qui consistait à venir en aide à toute personne pour tout type de requête: correspondance, CV, aide administrative, etc.  L'idée est retenue, réalisée et adaptée au contexte genevois, aujourd'hui ce ne sont pas moins de 1'200 personnes par mois qui ont recours à cet espace solidaire.

En parallèle, souvent fourrée aux Pâquis et grande admiratrice de Naguib Mahfouz et de son  "Impasse des deux Palais ou du "Passage des Miracles", je pensais que ce quartier se prêterait bien à une saga. Un quartier avec ses courtisanes, ses dealers, ses homosexuels, ses  flics, ses philosophes,  poètes et photographes, ses hôtels chics et ses bouges, ce flot continu de  touristes issus du monde entier. Soit, sous mes yeux, tout un matériau pour un roman où le vice fraie avec la grandeur, destins croisés et contrariés,  autant de tableaux juxtaposés peut-être dans une seule et unique rue ? Celle de  la rue de Berne.

Mais encore ! Le goût d'écrire, le goût des autres, aimer raconter. Et avec ce regret de ne pas savoir peindre, alors par défaut, je décris avec minutie et beaucoup de couleurs le monde qui nous entoure et m'accroche aux paroles de ceux qui me racontent des histoires, tandis qu'ils parlent, ils mettent sans le savoir en branle un processus artistique, des paysages qui défilent, des bruits, des ambiances, l'imaginaire prend son envol irrésistiblement. J'accroche à leurs mots des ailes.

Le blog reste un espace citoyen, très proche du terrain, il raconte l'histoire de la rue et parfois s'en fait l'écho, un regard libre, désintéressé, animé essentiellement par le plaisir d'écrire et de raconter une histoire avec talent et passion ou du moins de tout faire pour.

 

 

12/05/2010

REGARDS CROISES DE GENEVE ET D'AILLEURS

 

MERCREDI 12 MAI 2010 à 19h30

REGARDS CROISES DE GENEVE ET D'AILLEURS


L'IMPACT DES NOUVELLES TECHNOLOGIES MEDIATIQUES ET DE COMMUNICATION (FACEBOOK - TWITTER)

SUR LES SOCIETES



5 Blogueurs (dont votre humble serviteuse) chercheurs, illustrateurs et journalistes se pencheront sur la question de l'impact des nouvelles technologies médiatiques et de communications sur les sociétés moyen-orientales et européennes

Intervenants:

- Maya Zankoul, Illustratrice et designer graphique, auteure du blog et du livre Amalgam http://www.mayazankoul.com , viendra de Beyrouth
- Paola Salwan, Co-fondatrice du blog Café Thawra et co-administratrice du réseau Women and Work
- Joseph Daher, Blogger et Chercheur
- Djemâa Chraïti, Blogueuse et Auteure, http://paquis.blog.tdg.ch/
- Jean-François Mabut, Journaliste, Blogueur, Directeur de la Plateforme blog de la Tribune de Genève

Une verrée amicale aura lieu après le débat.


à la LIBRAIRIE ARABE "L'OLIVIER"

19h30

5 rue de Fribourg - 1201 GENEVE

 

01/05/2010

Onze minutes

default.jpgOnze  minutes est un roman de Paulo Coelho, romancier brésilien et  publié en 2003 . L'histoire se déroule en partie aux Pâquis, principalement à la rue de Berne.   Maria, la jeune héroïne du roman,  est une femme brésilienne du Nordeste qui a vraiment existé sous un autre nom et qu' a rencontrée l'écrivain. "Un ouvrage cru, choquant, difficile" selon l'auteur.

Pourquoi onze  minutes ? Le temps d'une passe.

Maria est une jeune brésilienne dont le premier chagrin d'amour la convainc qu'elle ne trouvera jamais l'amour de sa vie et pense "Que l'amour est une chose terrible qui vous fait souffrir".  Elle préfère partir à l'aventure. Un directeur artistique suisse lui fait miroiter richesse  et fortune, elle passera d'artiste de cabaret à  prostituée à la rue de Berne.  Elle développera une fascination morbide pour le sexe. Mais sépare bien l'âme du corps. Un jeune peintre lui présente la vie sous un autre jour, elle hésite,  le suivre ou repartir au Brésil seule.

Paulo Coelho semble avoir été fasciné par les Pâquis  dans ce roman. Mais dans le fond, la vie n'y vibre pas comme dans la réalité, on n'y retrouve  pas la multiculturalité, le brassage perpétuel, les filles debout dans la rue. Le monde de Maria évolue  dans les bars tamisés, à l'intérieur, elle est cachée  derrière les façades de la bienséance.   Je parcours donc la rue de Berne,  après  avoir lu  "Onze minutes" , Coelho  y mentionne une plaque  " St Jacques de Compostelle", je m'adresse à un policier pour lui demander si on trouve effectivement  cette plaque citée dans le roman. Il s'étonne, il ne l'a jamais vue et  il prévient quand on sait le nombre de "c.........s qu'on peut lire dans la vie, il suffit de lire la Bible!" - J'apprécie en souriant, son grand sens de la critique littéraire, son acolyte s'esclaffe carrément.

Pour finir, j'arrive au bout de la rue de Berne et confirme que le roman n'a pas su donner l'ambiance véritable des Pâquis, et puis ce n'était certainement pas le but recherché par l'auteur.

Par conséquent, à  défaut d'avoir trouvé St Jacques de Compostelle, je me rabats sur un café , certes moins miraculeux, mais plus concret et efficace.  Assise  à une terrasse, je discute avec un jeune Portugais, bien habillé, propre sur lui, il dit être maçon non qualifié et travaillait en Espagne durant des années. Après avoir perdu son boulot,  il tente sa chance en Suisse et dort dans la rue, il espère décrocher un job,  n'importe lequel.  Un autre homme  se joint à notre conversation, et insiste en montrant le Portugais : "lui au moins il a de la chance, il est jeune, j'en connais un autre qui est venu lorsqu'il était mineur, ça fait 30 ans qu'il dort dans la rue et il n'a plus aucun papier à montrer !" -

Je remonte la rue de Berne, les "filles" me lancent un "Olà Madame", je leur rends leurs sourires, tout en pensant à la Maria de Paulo Coelho, la plupart sont sans aucun doute des filles qui sont venues, elles aussi,  nourries de rêves et espèrent comme l'héroïne quitter la rue, se marier, avoir des enfants, éventuellement rentrer chez elles, pleines de cadeaux pour tout le monde.

Et   la question qui tombera inévitablement : Comment était-ce l'Europe ? On imagine, leur réponse laconique et évasive :  très froid !