20/11/2009

Deale qui peut !

images.jpgBillet interactif. Je vous propose de poser vos questions aux dealers via ce blog, le rendez-vous pour l'interview aura lieu demain vraisemblablement auprès de trois jeunes. Ils ont à tout  casser 22 ans maximum. Le premier finit toutes ses phrases par "C'est pas grave!", le deuxième porte des baskets vert pomme, un vert criard comme on en voit nulle part. Le troisième a un visage poupon, je n'ai pas encore décelé de particularité susceptible d'être mentionnée.

Ils me précisent qu'il est inutile de prendre un rendez-vous, ils sont là tous les jours. Quelle confiance en l'avenir ! Ils en ont plus que les employés de France Télécom, en l'occurrence.

Pour la photo à prendre, nous nous sommes mis d'accord, je photographierai les mains ou les chaussures, ou les jambes. Bonjour la photo !!!

Osez poser vos questions, je les leur transmettrai . Staufferies bienvenues !!!!!  Leurs réponses casseront  peut-être quelques préjugés.

 

Je ferai au mieux, mais j'en suis certaine, nous ne resterons pas indifférents à leur point de vue.

23:36 Publié dans Genève | Tags : dealers, pâquis | Lien permanent | Commentaires (12)

Commentaires

Vous faites appel aux questions des blogueurs parce que pour vous même n'avez rien a remettre en question quand a l'occupation de ces charmants jeunes hommes (que vous semblez relativement bien connaitre) ?

C'est tellement gros que j'ai hesité a repondre. Mais soit, jouons le jeux, a vous de me dire si je suis "staufferien" pour autant:

1) Avez vous la moindre empathie pour les camés a qui vous vendez votre marchandise, ou vous foutez vous eperdument de leurs problèmes a partir du moment ou ca vous permet de pratiquer votre business ?

2) C'est un fait les cours d'ecole en tant que places publiques sont souvent des lieux de deal, pensez vous que se soit une bonne chose pour les enfants, ou peut importe du moment que vos clients sont là ?

3) Si vous aviez la possibilité d'avoir un travail modeste mais legale (genre dans la grande distribution) qui vous demanderait de vous lever tous les matins a 6h30 pour gagner 3500 Frs, l'échangeriez vous sans hesitez contre votre activité actuelle de dealers ?

Au plaisir de voir les reponses !

Écrit par : Eastwood | 21/11/2009

C'est combien?

Écrit par : combein | 21/11/2009

Bonjour, j'y vais de mes Staufferies...

- Dans leur pays, leur intégrité physique est-elle menacée pour des motifs politiques ?

- L'identité qu'ils ont donné à leur arrivée en Suisse, est-elle leur identité réelle. Si non, pourquoi... ?

- Ont-ils des rendez-vous régulier chez le médecin ou le dentiste. Si oui, qui paie ? Paient-ils des primes d'assurance ?

- Connaissent-ils des personnes qui ont construit de luxueuses villas dans leur pays d'origine, financé par le business de la drogue en Suisse ?

- Envoient-ils fréquemment de l'argent dans leur pays via des banques du style "W-U" ?

- Recoivent-ils de l'argent de services sociaux étatiques ? Si oui, quelle somme ? Si oui, en comparaison à un revenu de rentier AVS, sont-ils gênés de savoir que ce rentier à cotisé toute sa vie et peine aujourd'hui à joindre les deux bouts ?

- S'ils sont requérants d'asile, sont-ils gênés de vendre de la drogue aux habitants du pays qui leur a offert aide et protection ?

- Ont-ils l'impression de profiter du système ?

- Que pensent-ils de la loi Suisse ?

- Que pensent-ils de la police genevoise ?

- Que pensent-ils de la prison à Genève ?

....euh je vais déjà m'arrêter là... et je me réjouis de lire les réponses....

Écrit par : Réalité | 21/11/2009

J'aime beaucoup votre sens du journalisme : comme disait le chantre de Radioscopie, Jacques Chancel, "Le grand reportage est au bout de la rue !" Faites attention à vous, même si je vous imagine sûre de vous.
Une question, en plus de toutes celles pertinentes, que je lis plus haut :
- "quel métier choisiraient-ils dans une économie mondiale, sans système monétaire ?"
Si vous préférez, pour être clair, demain, on enlève l'argent du système, je suis nourri, logé, soigné, éduqué, etc., grâce à mes heures de journaliste et de sapeur-pompier.
On reconnaît mon travail en m'allouant de grands temps de vacances, à l'étranger ou pas. On m'éduque et me limite raisonnablement d'un point de vue biens de consommations, essence, gaz, matières premières.
Idem pour 6 milliards d'êtres humains. Le travail n'est pas obligatoire, mais dès lors, vos loisirs, voyages et biens de consommation sont réduits, contrairement aux travailleurs. Les donneurs de drogue sont absolument poursuivis mais ont leur donne le choix de repartir à zéro. Eux, que font-ils dans un système aussi humain ? Attention à ne pas se contenter de "Moi j'voulais être pilote d'avion md'ame !" Moi j'voulais être footballeur m'dame !" Car bien sûr, dans mon utopie créée par un capitalisme devenant géante rouge avant trou noir, nous sommes 80.000 spectateurs dans un stade à regarder... du football amateur de haut niveau ! Le lendemain du match, nos héros vont faire deux ou trois heures leur part de boulot. Quant aux avions, ils sont remplacé par trains, TGV, zeppelin et bateaux à voile.
Merci pour votre travail... gratuit ? Et bravo pour cette invention du journalisme participatif tandis que vous vous exposez seule. Je ne connais aucun journaliste professionnelle capable à la fois de votre courage et de votre ouverture d'esprit.

Loïc Le Saüder

Écrit par : Loïc Le Saüder, Lausanne | 21/11/2009

Jouons le jeu (bien que ce soit souvent un jewu mortel grâce aux activités de ces pauvres victimes di système)

- pensez-vous aider votre pays en agissant de la sorte?
-Pensez-vous respecter le pays qui vous accueille en pourissant sa jeunesse?

- pensez-vous que vous favorisez la prise de conscience et sens des responsabilités de vos gouvernements quant à leurs devoirs envers les populations restées au pays en envoyant de l'argent sale à vos famille?

- ne pensez-vous pas qu'il est préférable d'agir pour le développement de votre pays plutôt que, par vos actes ici, favoriser la continuité d'un système politique corrompu et irresponsable dans votre pays? Vos dirigeants n'ont aucunes raisons de changer leur politique, car vous assurez de substantielles rentrées d'argent au pays.Donc un grand nombres de familles vivent grâce aux actes délictueux que vous commettez ici et ne sont plus à charge du gouvernement.

- aimeriez-vous que votre mère, frère ou soeur consomment vos produits?

-aimeriez-vous que nous agissions de la même manière chez vous, avec vos proches et famille?

etc...

Écrit par : Mireille Luiset | 21/11/2009

aïe, j'aurai dù relire; bonjour les fautes de frappes!^_^

Écrit par : Mireille Luiset | 21/11/2009

Entretien avec des vampires qui font partie d'une chaîne bien huilée du trafic de narcotiques basé en Afrique de l'Ouest aux mains de gens bien respectables et influents dans leurs pays. Pour les " petites mains", sans éducation et sans scrupule, habitués à leurs propres lois, il est hors de question de se plier aux normes suisse. Tous arrivés comme requérants d'asile ou illégalement et leur modus operandi est absolument en phase avec les défaillances de notre système judiciaire, policier et politique. Pour eux, c'est la voie royale. Jamais, ils ne seront inquiétés ou si peu. Ces hommes de main n'ont aucune intention de se mouler aux us et coutumes du coin et surtout ils ne vont pas s'étriper comme des centaines de milliers d'immigrés légaux et intégrés qui sont le souffre-douleur des populistes (on se demande pourquoi ?). Eux ils vivotent, engrangent pour virer à travers des comptes bancaires ou postaux des fonds pour alimenter la famille restée au pays. C'est une sorte de nouvelle forme d'entraide. Pendant ce temps, notre société est inondée de produits stupéfiants, bon marché, accessibles à tous (surtout aux jeunes plus vulnérables). Et tout cela avec la bénédiction hypocrite de nos institutions. Ethique, moralité c'est juste bon pour remplir les lignes des journaux ou des blogs et s'acheter une bonne conscience.

Écrit par : demain | 21/11/2009

Initiative fort intéressante! Un peu le même genre que Stauffer... mais avec une réflexion et une réelle volonté de compréhension derrière donc bravo!

Je ne me substituerai pas aux principaux intéressés, évidemment. Cependant, je pense pouvoir répondre à certaines questions posées plus haut...

Q: Si vous aviez la possibilité d'avoir un travail modeste mais legale (genre dans la grande distribution) qui vous demanderait de vous lever tous les matins a 6h30 pour gagner 3500 Frs, l'échangeriez vous sans hesitez contre votre activité actuelle de dealers ?

R: Je connais beaucoup de gens dans des situations administratives impossibles (déboutés, NEM...) et tous doivent trouver des solutions illégale ou para-légales pour s'en sortir (deal, travail au noir...). Mais l'immense majorité ne rêve que d'avoir un travail honnête, déclaré et leur permettant juste de vivre ici tranquillement. N'oublions pas que ces dealers sont tout au bout de la chaîne du trafic et ne sont donc pas ceux qui s'engraissent royalement. C'est pour eux un moyen de survie, pas d'enrichissement.

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Q: Ont-ils des rendez-vous régulier chez le médecin ou le dentiste. Si oui, qui paie ? Paient-ils des primes d'assurance ?

R: La situation de chacun est évidemment différente, mais, à nouveau, les personnes de ma connaissance sans statut administratif solide ne vont plus ou moins jamais chez le médecin et sont de toute façon en-dehors du système LaMAL

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Q: Recoivent-ils de l'argent de services sociaux étatiques ? Si oui, quelle somme ? Si oui, en comparaison à un revenu de rentier AVS, sont-ils gênés de savoir que ce rentier à cotisé toute sa vie et peine aujourd'hui à joindre les deux bouts ?

R: Encore une fois, chaque cas peut être très différent mais, en gros, si l'on imagine que ces gens sont +/- issus d'une procédure d'asile:

Environ 450.- par mois (plus prestations en nature: logement en foyer collectif, assurance maladie et, sauf erreur, abonnement de bus)... pour les plus chanceux, soit ceux dans une procédure normale

Exactement 0.- par mois (plus prestations en nature: logement dans un sous-terrain de protection civile et 3 repas par jour)... pour les NEMs "récents"

Exactement 0.- par mois (et sans autre prestation)... pour ceux qui sont sortis du système, quelle qu'en soit la raison

Je connais peu de rentiers AVS dont les aides sont aussi basses...

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Q: S'ils sont requérants d'asile, sont-ils gênés de vendre de la drogue aux habitants du pays qui leur a offert aide et protection ?

R: Question intéressante... je ne veux pas me mettre à leur place mais j'imagine que, si j'y étais, j'utiliserais la même rhétorique que les opposants à l'initiative contre les exportations d'armes: "si j'arrête d'en vendre, quelqu'un d'autre le fera à ma place... donc soit j'essaye de survivre non-éthiquement, soit je suis éthique, je ne survis pas et un autre survit sur mon dos"... Tant qu'il y aura des consommateurs, il y aura des vendeurs

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Q: ne pensez-vous pas qu'il est préférable d'agir pour le développement de votre pays plutôt que, par vos actes ici, favoriser la continuité d'un système politique corrompu et irresponsable dans votre pays? Vos dirigeants n'ont aucunes raisons de changer leur politique, car vous assurez de substantielles rentrées d'argent au pays.Donc un grand nombres de familles vivent grâce aux actes délictueux que vous commettez ici et ne sont plus à charge du gouvernement.

R: à ma connaissance, les vendeurs actuels sont plutôt issus de l'Afrique de l'Ouest, alors que les trafics passent plutôt par l'Amérique latine d'un côté et Afghanistan - moyen-Orient de l'autre... donc la situation politique de leurs propres pays est assez éloignée

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Q: L'identité qu'ils ont donné à leur arrivée en Suisse, est-elle leur identité réelle. Si non, pourquoi... ?

R: on sort de la problèmatique de la drogue et on s'attaque à l'immigration là! Il est vraisemblable que certains ne donnent pas de "vraies" informations à leur arrivée en Suisse... Pourquoi?
- déjà parce que, quand on vient d'un pays qui ne délivre pas de passeports (ou seulement dans des conditions particulières), personne ne peut vérifier... l'occasion fait le larron
- ensuite parce que beaucoup sont "informés" à leur arrivée par des connaissances, passeurs,... sur les choses à dire ou ne pas dire pour avoir plus de chances de rester en Suisse. Evidemment, tous ces conseils ne sont pas bons, mais quand on a déjà risqué sa vie des dizaines de fois dans le voyage qui nous amène dans un pays qui va (on l'espère) nous offrir une chance, une falsification d'identité, d'origine ou de date de naissance ne doit pas ressembler à quelque chose extrêmement grave...

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Q: ne pensez-vous pas qu'il est préférable d'agir pour le développement de votre pays plutôt que, par vos actes ici, favoriser la continuité d'un système politique corrompu et irresponsable dans votre pays? Vos dirigeants n'ont aucunes raisons de changer leur politique, car vous assurez de substantielles rentrées d'argent au pays.Donc un grand nombres de familles vivent grâce aux actes délictueux que vous commettez ici et ne sont plus à charge du gouvernement.

R: c'est très probablement l'avis de beaucoup. La question est: comment faire? souvent issus de pays où les opportunités d'expression et de travail sont plutôt faibles, ils ne peuvent redresser le pays depuis chez eux... actuellement dans un pays qui ne les autorise pas à travailler légalement, ils ne peuvent le redresser "éthiquement" depuis ici... et, en attendant, au-delà de ces considérations politiques très pertinentes, il faut bien manger ce soir

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Voilà... encore merci et bravo pour la démarche!

Écrit par : Géographe | 21/11/2009

oups... dans mon élan j'ai répondu deux fois à la même question... désolé!

Écrit par : Géographe | 21/11/2009

Est-ce que ces dealers africains pâquisards ne sont-ils pas l'équivalent des colons français dans les territoires africains : conquérants, peu éduqués, violents, vénaux et complètement coupés des populations locales ?

Écrit par : sirène | 21/11/2009

Merci pour cet excellent reportage et vos réponses qui font voler en éclats bien des préjugés.
Non, la Suisse n'est pas le pays qui les a accueillis mais le pays qui les a déboutés, qui n'est pas entrée en matière, qui leur a refusé l'asile, qui leur refuse le droit de travailler et de se former. Donc, normal qu'eils ne soient pas tellement reconnaissants...
Une autre question : et les jeunes femmes dans la même situation, que font-elles ?
Comme vous j'adore les Pâquis, depuis qu'une famille que j'aime y habite. Multiculturels, chaleureux et proches du lac et des parcs...avant cette famille habitait les Délices. Les dealers des Délices, on n'en parlait pas, alors que je tremblais en lisant La Tribune accusant les Pâquis de tous les maux ! Je vois moins de dealers aux Pâquis qu'aux Délices.

Écrit par : Maryelle | 21/11/2009

"nous ne resterons pas indifférents à leur point de vue."

Oui, enfin si c'est pour débiter qu'ils sont des victimes, qu'ils n'en peuvent rien et qu'il y a des plus méchants ailleurs.... Moutinot nous l'a déjà sorti ces dernières années, merci.

Écrit par : Vraiment | 22/11/2009

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