28/10/2009

Bureau Citoyen aux Pâquis

DSCN0090.JPGLe Bureau Citoyen sis au Temple des Pâquis, s'inscrit dans le cadre de l’association Espace Solidaire Pâquis et s’est basé en partie sur le modèle londonien des  Citizens Advice Bureau qui fêtent leurs 70 ans.  Nés aussitôt au début de la première guerre mondiale pour
évaluer les besoins de la population confrontée  aux problèmes de rationnement et de logement, ce ne sont pas moins de 200 bureaux qui se sont ouverts dans toute la ville.  Ces bureaux se sont donnés comme tâches d’informer, de conseiller, de soutenir les Londoniens  victimes de la guerre.

Face au succès croissant de cette initiative, les bureaux ont continué à offrir ces  prestations qui se sont avérées  être nécessaire en tout temps pour des publics aux nécessités diverses et dont les besoins ont évolué. Des bénévoles formés et des professionnels confirmés s’activent à fournir toutes les réponses à ceux et celles qui se trouvent confrontés à des difficultés momentanées ou de plus longue durée.
Logement, abris d’urgence, sanitaires, soins, aide  à remplir les formulaires administratifs compliqués pour les nouveaux migrants, recherche d’emploi, de formation. Ces Citizen Advice Bureau offrent une palette très large d’information et d’aides et représentent dès lors  un exemple intéressant d’action citoyenne proposée aux citoyens dont Genève peut tirer bénéfice et l’adapter par conséquent. 

Ainsi adapté aux besoins spécifiques du quartier des Pâquis, le Bureau Citoyen est une organisation apprenante qui s’est donné pour mission d’offrir un éventail très large de prestations et  qui consistent surtout à fournir une écoute active, des informations claires, un accompagnement ciblé et bien souvent rediriger vers des organismes susceptibles de répondre à la requête du moment.

Contexte :

« Au cœur de Genève, le quartier des Pâquis, situé  entre le lac et la gare  est souvent un passage obligé, d’accès facile pour quiconque doit séjourner à Genève, il  a toujours été un quartier populaire et animé connu pour sa vie nocturne »
Depuis le début du siècle dernier, le quartier des Pâquis était connu déjà pour être un quartier chaud où avoisinaient petits commerces et lieux de plaisir, qui vit se multiplier au fil des ans bistrots, cabarets, dancing… Mais aussi un bastion des immigrés Valaisans, Vaudois, Fribourgeois puis  Espagnols, Italiens, Portugais et aujourd’hui  Africains, Moyens Orientaux, Asiatiques et autres. Quartier cosmopolite où toutes les races, les couleurs, les cultures y résident.
Plus de 17000 habitants dont 60% d’étrangers, plus de 100  nationalités et 10 000 logements, 500 commerces, c’est aussi l’un quartier où il ya le plus de jeunes et où les étudiants, chômeurs et petits budgets peuvent encore trouver des loyers abordables.

Cependant en  se penchant sur cette diversité, on ne peut être que frappé par la nature très disparate des motivations et des trajectoires et du vécu de ces résidents, hommes, femmes et enfants, ballottés au gré d’une crise politique, d’une guerre ou de la stricte nécessité économique et qui aujourd’hui cumulant les handicaps de langue, de manque de formation, d’instruction et de compétence  peinent devant les difficultés à trouver un emploi, un logement, à communiquer avec l’administration qui travaille  de plus en plus en ligne, à déchiffrer des formulaires, etc.…handicaps qui ont pour effet de les marginaliser davantage.
C’est dans ce contexte qu’intervient le Bureau Citoyen, Ecoute,  Echange, Entraide, Empathie afin  tout simplement de les  sortir de l’isolement.
Peut-être que ces mots ont beaucoup plus que cela en commun ? Le Bureau Citoyen c'est une autre façon de profiter du savoir, des idées, de l'expérience des autres pour aller Ensemble vers une façon de vivre plus Equilibrée.

Objectif global :
Permettre à un maximum d’habitants de pouvoir devenir des acteurs  dans leur quartier et travailler en concertation avec les acteurs locaux pour le mieux vivre ensemble.

Les objectifs spécifiques :
•    Renforcer la solidarité entre habitants, commerçants, institutions et associations.
•    Recadrer les résidents  dans leur environnement (droits et obligations).
•    Redynamiser  l’action citoyenne active.
•    Construire un cadre non institutionnel et  permanent de rapprochement entre pouvoirs locaux et citadins.
•    Consolider les acteurs locaux en leur offrant une base d’adhésion élargie.


Comment ? La gratuité de nos prestations

•    Fournir un espace d’écoute et d’informations utiles, dans un contexte d’accueil, agréable, flexible et permanent.
•    Avoir une bonne compréhension des demandes.
•    Fournir une réponse immédiate qui facilite la démarche.
•    Redonner une voix à ceux qui n’en ont pas.
•    Partager des savoirs et des expériences.
•    Consacrer le temps nécessaire à l’accompagnement.

Le public cible :
Migrants, personnes analphabètes, personnes âgées, jeunes en rupture, personnes sans emploi, ou toute autre personne qui a juste envie de partager un moment agréable avec les autres.

Le citoyen est un être éminement politique qui exprime non pas son intérêt individuel mais l’intérêt général. Cet intérêt général ne se résume pas à la somme des volontés particulières  mais la dépasse. Jean Jacques Rousseau
•    Qui Sommes nous ?
L’Espace solidaire Pâquis est une association laïque, multiculturelle et à but non lucratif, née d’une rencontre entre les bénévoles de l’association évangile et travail, active depuis une dizaine d’années au Temple des Pâquis dans le domaine de la solidarité et des habitants et commerçants et associations du quartier des Pâquis.
Pourquoi ?
Cette rencontre répond à la fois à la nécessité des habitants de se rencontrer, de partager, d’échanger et d’agir et à la volonté de l’église de s’ouvrir aux acteurs impliqués et concernés, en vue d’améliorer le vivre ensemble.
•    Comment ?
Nous n’avons pas la prétention de remettre l’église au milieu du village, mais d’en faire :
•    Un lieu d’écoute
•    Un espace de convivialité
•    Une maison de solidarité
•    Un relais pour le citoyen
•    Un havre de calme et de sérénité

•    Comment ?
•    Favoriser et renforcer les rencontres entre habitants du quartier.
•    Encourager les activités citoyennes et solidaires.
•    Coopérer avec les  associations et institutions actives sur le terrain.


Activités
•    Bureau Citoyen.
•    Atelier de conversation française.
•    Atelier d’informatique.
•    Soutien scolaire français, allemand, mathématique.
•    Atelier de couture et tricot.
•    Mise à disposition de la salle et du jardin pour toute animation, musicale, théâtrale, danse, chorale, conférences et débats.

CONTACTS

Temple des Pâquis
49,rue de Berne
1201 genève
tel:022 734 32 38
E-mail:espaquis@gmail.com
contact: Riadh , Elisabeth


Le Bureau est ouvert tous les jours de 9H30 à 18h

11/10/2009

FLICS OU VOYOUS ?




P1010352.JPG18h – Je gare ma micro voiture dans une micro place :  un coup en avant, un coup en arrière, heureusement que les pare-chocs sont là pour parer aux chocs. Les manoeuvres sont fastidieuses, derrière moi une voiture noire,  deux gars en sortent rapidement, les portières claquent en un bruit sec qui résonne dans la ruelle.  Ils ont les épaules larges, les cheveux courts,  un des deux porte un t-shirt qui laisse apparaître des sacrés biceps, leur démarche retient toute mon attention . On les croirait descendus droit de leur monture après des heures passées à galoper dans le désert mexicain sous un soleil torride:  les jambes légérement écartées, ils glissent rapidement leur flingue sous leur veste,  derrière le dos.
Etonnée, je m’inquiète et m'interroge,   les Pâquis ont des allures de far-west.

Le conducteur du véhicule se gare quelques mètres plus loin, il parle doucement dans un micro . Flics ou voyous ? J’observe l’homme observer. A quelques pas de là, un peu plus tard, à la rue de Berne, une agitation rapide, course-poursuite,  cris des passants, un homme est saisi, couché à terre, il se retrouve menotté les mains derrière le dos,  face contre terre. Le tout n'a duré que quelques minutes. Devant l'homme couché, à hauteur de ses yeux de bête traquée, les pneus d’une BMW blanche plaques italiennes et dont le chauffeur déguerpit aussitôt :  la richesse à deux doigts, si cruellement proche. Cet homme à terre à bouffer l’asphalte n’est plus qu’une allégorie à lui tout seul :  pauvreté, argent facile,drogue.

Je saisis mon appareil et immortalise la scène, cinq photos en tout. Les policiers en civil relèvent l’homme, un d’eux m’a vue les photographier. Il m’interpelle brusquement :  montrez-moi votre téléphone ! je lui montre l’appareil photo. “Effacez-moi ça, tout de suite ou je le prends et le fais moi-même !"  Il me sort son insigne, juste le temps de voir un truc doré un peu genre l'étoile du shérif et brandie rapidement sous mes yeux de myope. Je me résigne, passe une à une les photos et les efface, il les regarde avec moi, finalement on tombe sur les prises de la veille : un cheval ! Peux pas m’en empêcher : vous voyez bien que ce n’est pas vous ! – Montrez-moi les suivantes ! je m’exécute . Le cliché suivant encore un cheval mais ce coup-ci avec un maréchal-ferrant qui le ferre.
Vous avez filmé ? Je lui réponds ne pas savoir filmer avec mon appareil, pas eu le temps de lire le mode d’emploi, vous comprenez.

Bref, à sa demande, je lui montre mon passeport, il inscrit mon nom sur sa main, en toute hâte. Drôle de façon de se présenter, ses yeux bleus d’un bleu intense - acier m’observent quelques secondes : Tiens !  je les aurais bien photographiés ces yeux-là qui furètent et balaient constamment l’espace autour de nous  !  En mon for intérieur : "ce n’est pas le moment d’avoir des inspirations artistiques ou littéraires qui vont m’amener droit au poste."  Entretemps, l’homme menotté est embarqué dans la voiture.

Vous l’avez compris avec moi, ce n’étaient ainsi pas des voyous qui s’apprêtaient à commettre un délit, mais des policiers en service. Il est vrai que la frontière est parfois difficile à identifer dans ces Pâquis où la nuit venue, tous les chats sont gris !

Et pour ceux qui pensent que les Pâquis sont livrés aux dealers et bien détrompez-vous, ce n’est qu’une impression.

09/10/2009

Max Künl - un poète aux Pâquis


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04/10/2009

Soutien à la population du bassin minier de Gafsa

dscn5150.jpgInvitation

L’Union des Tunisiens de Suisse vous invite à assister à la projection du film


Redeyef : le combat de la dignité

 

Ou la révolte de Redeyef et sa répression racontées par des femmes


Film 34 min.


Film réalisé par le Comité National de Soutien à la Population du Bassin Minier


Le jeudi 08 Octobre 2009 à 19H30
.

A la Maison de quartier des Pâquis,

50, rue de Berne, 1201 Genève.


Titre Original : « Leila Khaled, la Tunisienne »
Film réalisé par le Comité National de Soutien à la Population du Bassin Minier (34mn)
Diffusé avec le soutien de :
AMNESTY INTERNATIONAL France – FIDH-OMCT – FTCR - REMDH – CRLDHT (*)
Version française : Omeyya SEDDIK –traduction)- Iyed DAHMANI-FTCR ( sous-titrage)

Depuis le début de la révolte du bassin minier de Gafsa, les femmes y tiennent un rôle de première importance. Elles ont été à l’origine des principales grandes manifestations de masse suite aux premières arrestations. Elles ont conduit des initiatives de résistance de plusieurs formes (occupations, sit-in, manifestations, rassemblements…)  et elles ont été celles qui ont assuré, au quotidien, l’extraordinaire cohésion et la grande solidarité dans la population et au sein des familles permettant au mouvement de se développer et de tenir, malgré tout.
Depuis la grande répression et l’emprisonnement de dizaines d’animateurs du mouvement, ce sont toujours elles qui se battent pour la libération des prisonniers tout en assurant à Redeyef la vie de tous les jours. Aujourd’hui, elles assument le rôle de porte-paroles de leurs maris, frères et fils emprisonnés, mais aussi des populations réduites au silence dans leur localité comme dans toute la région.
Le film « Redeyef : le combat de la dignité » (34’) retrace l’histoire de ces deux dernières années à travers les mots de quelques-unes d’entre elles. Il leur est bien sûr dédié ainsi qu’à toutes celles qui n’ont pu être filmées. Il espère donner le plus grand écho à leur revendication la plus urgente : Libération immédiate de tous les prisonniers du mouvement du bassin minier.
Ce film a été réalisé par le Comité National de Soutien aux Habitants du Bassin minier grâce à de nombreuses solidarités à l’intérieur et à l’extérieur de la Tunisie.
Point de la situation à Redeyef et dans le bassin minier de Gafsa

Dans le sud-ouest de la Tunisie se trouve le gouvernorat de Gafsa (env. 350 000 hab.) du nom de la ville du même nom. La région, semi-désertique et montagneuse, vit principalement de l'industrie minière et des transferts financiers de ses ressortissants émigrés, enfin de production arboricole et d'élevage.

A l'ouest de la région de Gafsa se trouve le bassin minier du phosphate, frontalier de l'Algérie. Omm Laarayes (Moulares), Redeyef, Metlaoui et El-Mdhilla sont des villes qui vivent sous l'empire de la Compagnie des Phosphates de Gafsa (ex Compagnie des phosphates et des chemins de fer de Gafsa) depuis sa création en 1897 sous le protectorat français. Cette compagnie, parmi les plus importantes et les plus riches entreprises coloniales, nationalisée suite à l'accession de la Tunisie à l'indépendance (1956), exploite depuis plus d'un siècle l'un des plus importants gisements mondiaux de phosphate.

La région produit la principale richesse exportée par la Tunisie. Elle continue d'être l'une des régions les plus pauvres du pays et connaît un degré important de pollution des sols et des ressources hydrauliques due à l'exploitation minière. Elle présente un taux très élevé de chômage (plus du double de la moyenne nationale) en raison de l'extrême faiblesse de l'investissement local et de la restructuration de la production minière qui a très fortement réduit le nombre d'employés de la Compagnie et multiplié les formes d'emploi précaires et sous-payés.

En janvier 2008 une révolte secoue la région. Partie d’une protestation contre la corruption et contre une politique de l’emploi injuste, elle s’est renforcée en acquérant un consensus populaire très large. Cette révolte est devenue le mouvement social le plus durable, le plus fort —bien que circonscrit à la région—, et le plus mûr quant à ses revendications et ses formes de lutte qu’ait connu l’histoire récente de la Tunisie ; la ville de Redeyef en a été le centre. Y a été posée la question de l’emploi, celle de la répartition sociale et géographique des richesses, de la cherté de la vie, de la corruption, de l’exploitation des matières premières et de l’environnement.

Le pouvoir y a répondu par une répression sauvage qui a fait plusieurs morts, des dizaines de détenus d’opinion, des familles brutalisées et humiliées par un appareil policier implacable, accompagnée parfois du saccage de leurs biens en représailles…

L’escalade de la violence d’Etat s’est manifestée par l’utilisation de balles réelles contre les protestataires, par la multiplication des enlèvements de jeunes ainsi que par des ratissages militaires des montagnes environnantes afin de retrouver les fugitifs. Enfin, les autorités ont décidé d'arrêter les figures représentant le mouvement pour la ville de Redeyef. Ils ont été accusé de délits et crimes extrêmement graves et condamnés à des peines allant jusqu’à huit ans fermes à l’issue de mascarades judiciaire dénoncées par tous les observateurs, juristes et organisations de défense des droits humains.

Aujourd’hui, les syndicalistes, les chômeurs, les enseignants et étudiants emprisonnés sont toujours soumis à des conditions de détention inhumaines et sont dispersés dans toutes les prisons du pays. La ville de Redeyef est toujours soumise à un isolement et à un quadrillage policier impressionnant. Elle est en même temps punie par un ostracisme et un délaissement de la part des pouvoirs publics concernant notamment le développement des infrastructures et des services sociaux et de santé. A l’aube du 23 septembre dernier, des pluies torrentielles, particulièrement dévastatrices à Redeyef,  ont causé l’écroulement de dizaines de maisons et la mort de vingt-et-une personnes selon les chiffres officiels. De nombreux syndicalistes et acteurs de la société civile font campagne pendant ce temps, aux côtés des familles, pour la libération des prisonniers.




Solidarité avec les populations du Redeyef et du bassin minier


Libération immédiate de tous les prisonniers

Fédération des Tunisiens pour une Citoyenneté des deux Rives –FTCR
Comité pour le Respect des Libertés et des Droits de l’homme en Tunisie- CRLDHT

 

L'auteure du blog dont le père Lazhar Chraïti a aussi été mineur à Gafsa soutient personnellement cette action  -

Djemâa Chraïti

21:04 Publié dans Solidarité | Tags : gafsa, redeyef | Lien permanent | Commentaires (0)