11/10/2009

FLICS OU VOYOUS ?




P1010352.JPG18h – Je gare ma micro voiture dans une micro place :  un coup en avant, un coup en arrière, heureusement que les pare-chocs sont là pour parer aux chocs. Les manoeuvres sont fastidieuses, derrière moi une voiture noire,  deux gars en sortent rapidement, les portières claquent en un bruit sec qui résonne dans la ruelle.  Ils ont les épaules larges, les cheveux courts,  un des deux porte un t-shirt qui laisse apparaître des sacrés biceps, leur démarche retient toute mon attention . On les croirait descendus droit de leur monture après des heures passées à galoper dans le désert mexicain sous un soleil torride:  les jambes légérement écartées, ils glissent rapidement leur flingue sous leur veste,  derrière le dos.
Etonnée, je m’inquiète et m'interroge,   les Pâquis ont des allures de far-west.

Le conducteur du véhicule se gare quelques mètres plus loin, il parle doucement dans un micro . Flics ou voyous ? J’observe l’homme observer. A quelques pas de là, un peu plus tard, à la rue de Berne, une agitation rapide, course-poursuite,  cris des passants, un homme est saisi, couché à terre, il se retrouve menotté les mains derrière le dos,  face contre terre. Le tout n'a duré que quelques minutes. Devant l'homme couché, à hauteur de ses yeux de bête traquée, les pneus d’une BMW blanche plaques italiennes et dont le chauffeur déguerpit aussitôt :  la richesse à deux doigts, si cruellement proche. Cet homme à terre à bouffer l’asphalte n’est plus qu’une allégorie à lui tout seul :  pauvreté, argent facile,drogue.

Je saisis mon appareil et immortalise la scène, cinq photos en tout. Les policiers en civil relèvent l’homme, un d’eux m’a vue les photographier. Il m’interpelle brusquement :  montrez-moi votre téléphone ! je lui montre l’appareil photo. “Effacez-moi ça, tout de suite ou je le prends et le fais moi-même !"  Il me sort son insigne, juste le temps de voir un truc doré un peu genre l'étoile du shérif et brandie rapidement sous mes yeux de myope. Je me résigne, passe une à une les photos et les efface, il les regarde avec moi, finalement on tombe sur les prises de la veille : un cheval ! Peux pas m’en empêcher : vous voyez bien que ce n’est pas vous ! – Montrez-moi les suivantes ! je m’exécute . Le cliché suivant encore un cheval mais ce coup-ci avec un maréchal-ferrant qui le ferre.
Vous avez filmé ? Je lui réponds ne pas savoir filmer avec mon appareil, pas eu le temps de lire le mode d’emploi, vous comprenez.

Bref, à sa demande, je lui montre mon passeport, il inscrit mon nom sur sa main, en toute hâte. Drôle de façon de se présenter, ses yeux bleus d’un bleu intense - acier m’observent quelques secondes : Tiens !  je les aurais bien photographiés ces yeux-là qui furètent et balaient constamment l’espace autour de nous  !  En mon for intérieur : "ce n’est pas le moment d’avoir des inspirations artistiques ou littéraires qui vont m’amener droit au poste."  Entretemps, l’homme menotté est embarqué dans la voiture.

Vous l’avez compris avec moi, ce n’étaient ainsi pas des voyous qui s’apprêtaient à commettre un délit, mais des policiers en service. Il est vrai que la frontière est parfois difficile à identifer dans ces Pâquis où la nuit venue, tous les chats sont gris !

Et pour ceux qui pensent que les Pâquis sont livrés aux dealers et bien détrompez-vous, ce n’est qu’une impression.

Commentaires

Superbe écriture. Cela me rappelle que j'avais photographié des caisses entièrement automatiques dans un magasin d'une grande chaîne en France il y a quelque temps et le gérant m'avait obligé d'effacer le cliché. Quel étonnement ! mais c'était le règlement, question de sécurité...Je suppose qu'une arrestation d'un dealer ne mérite aucun cliché mais n'oublions pas que des policiers se tuent à la tâche pour les arrêter et ne tiennent pas à se retrouver en photo dans les blogs avec la mention : violence policière ! On peut les comprendre, les mauvaises langues dans le Canton ne manquent pas !

Écrit par : demain | 11/10/2009

Demain à raison en ce qui concerne la sécurité des policiers. Ils doivent se battre selon la loi contre des individus hors la loi. Ce ne sont pas des prêtres ou des pasteurs qui mettront de l'ordre dans la rue. Ces hommes sont le bras armé de la République et Canton de Genève et ils doivent très souvent uriliser la force.

Écrit par : Ivan Skyvol | 11/10/2009

Je pense que Minet va s'empresser de défendre le comportement illégal (*) de ces agents.

(*) Vous forcez à effacer les photos prises dans un lieu public.

Écrit par : Djinius | 11/10/2009

c'est à cause de gens comme vous que l insécurité monte, que les voyous sont en terre conquis dans cette ville...demain quand un vrai voyou viendra vous arracher votre portable ...vous l aurez mérité...mai 68 est terminée...je suis fière d etre une habitante et électrice de cette ville qui vive le MCG...mais le vent tourne et des anti-flics comme vous n ont aucune crédibilité...vive notre police..vive Genève..vive le mcg..

Écrit par : MCG | 11/10/2009

Je propose l'abolition immédiate de la police dans la société...Fini les match de foot, les match de hockey, les manifestations, les festivals, les concerts, le marathon de Genève, les fêtes de Genève, les procès pénaux,,,, finis...et que tous ces citoyens de merde en bave....Fini la police ....ok?
Laissons la place aux groupes anti-homos, anti-cheveux roux, anti-complets-veston, anti-juifs, anti-tout...Armons-nous, chaque citoyen...Abolissons toutes les règles de circulation...laissons faire des Ivan Skyvol et tous ces autres débiles faire notre société et on vivra mieux...

Écrit par : bar | 12/10/2009

Concernant la photo dans un lieu public, vous devez savoir que le fait de prendre un photo un agent en uniforme (police, militaire) ou un policier en civil sans leur accord constitue un délit.

Écrit par : Antipathique | 12/10/2009

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