24/05/2009

Les fenêtres des Pâquis

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EXPOSITION DU  8-12 JUIN 2009

Travaux d'étudiants de 1 ère année d'architecture HES

dessin et représentation visuelle

Quartier des Pâquis: fenêtres, techniques et représentations

Michel Vincent, professeur responsable du cours de représentation visuelle et Aisha Espinoza, assistante remercient les habitants du quartier des Pâquis qui ont prêté leur concours aux étudiants de 1ère année et les invitent au vernissage de l'exposition, lundi 8 juin 2009 à 17h, galerie du bâtiment B, hepia, 4 , rue de la Prairie, 1202 Genève -- Hes-so

 

 

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21/05/2009

Après le Palais Wilson, voilà le Palais des addictions

 

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Pandelis nous l'a promis, le Palais des addictions des HUG sera très beau au 15, rue Rothschild. Les dealers pourront se déplacer et enfin quitter la rue de Neuchâtel et rue de Zürich pour aller fournir leurs clients directement entre deux traitements de méthadone.

Le grand tourniquet des addictions couvre un champs très large, il suffira de suivre la flèche. Pour les cyberaddictions vous suivez la ligne rouge, troisième étage. Les toxico, la ligne blanche qui leur rappelera assurément la ligne de coke, deuxième à gauche. Les addict du porno, la ligne jaune cocu tout droit au fond du couloir. Les fanas des jeux, après le tourniquet vous prenez la roulette. Toutes ces addictions qui sont comme des cris dans la nuit.

Ce sera le grand rendez-vous de toutes les déviations qu'engendre notre société un tantinet malade.  Mais comme il n'y aura pas que des marginaux selon Pandelis qui sont les autres ? Peut-être des blogueurs, cas  désespérés !

Quant aux addicts du plan Victoria, les Victoriens qui sniffent à longueur de journée les chiffres de la rentabilité et de la diminution des coûts, vous suivez le couloir et prenez la trappe abyssale, des  incurables  !

Selon les dernières nouvelles, le Palais des addictions n'aurait été qu'un mirage Hugien dans le paysage pâquisard !

20/05/2009

Un fort vent Victoria souffle sur les Pâquis

 

 Aux Pâquis,  la résistance s'organise contre  le  projet HUG , prévu en 2010,   au 15, rue Rothschild et en lien avec la création d'un  grand centre de traitement dédié aux addictions.  Le Centre  inclura la cyberaddiction et  accueillera plus de 400 personnes par jour dont certaines ont deux ou trois rendez-vous par jour.  Selon Dr Pandelis Giannakopoulos ce ne seront pas que des marginaux. 

Ce regroupement concerne quatre lieux, aujourd'hui,  disséminés en ville et qui dépendent du Département de psychiatrie: la consultation de la rue Verte (Roseraie), l'hôpital de jour Les Crêts (Champel), la consultation des Acacias (alcool et médicaments) et le Programme expérimental de prescription de stupéfiants (PEPS), qui est actuellement installé à la rue des Pâquis.  Ces quatre entités, aujourd'hui,  affichent 1'000 rendez-vous par jour.

 

 

On déplore le timing de ce projet qui tombe mal alors que le problème des dealers et de la petite délinquances sont loin d'être résolus, les nuisances qu'induisent un tel regroupement, le risque d'une ghettoïsation, la population mal préparée et peu concertée en réalité et qui gère  déjà une cohabitation difficile avec les patients de la Consultation de la Navigation. La proximité de lieux accueillant des jeunes et des enfants  ne peut permettre une telle promiscuité de population aux besoins si différents.

 

Dans un courrier prêt à être envoyé à M. Unger, les diverses associations de quartier et autres groupements font part de leur mécontentement et demandent la tenue d'une séance d'urgence  avec également M. Gruson, directeur des HUG, le Dr. Giannakopoulos, chef du département de psychiatrie des HUG afin que la population du quartier puisse s'exprimer,  donner son opinion et faire part de sa crainte.

 

 

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 Quant au Dr Pandelis Giannakopoulos, il  se veut aussi encourageant que possible et rassure tant bien que mal également  le personnel hospitalier qui craint-là une réduction d'effectif en précisant qu'il n'est pas prévu d'économies autres que celles déjà planifiées dans le cadre du plan «Victoria» - ce qui veut déjà tout dire.

 

 

Ah!  Victoria quant tu nous tiens……. Au tour des Pâquis de faire les frais de la  politique rouleau compresseur des HUG qui a amorcé un démantèlement  sans précédent des prestations hospitalières au nom des économies procédées  bien évidemment sur le dos du personnel  en grande partie.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

17/05/2009

Tcherga - une roulotte tzigane aux Pâquis

 

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Il est toujours passionnant de rencontrer des personnes qui vous ont été mentionnées par des gens d’horizons très différents : Colombiens, Serbes, Suisses, Croates m’ont vanté le Tcherga et surtout la conductrice de la roulotte Tzigane, Svetlana Gojun.
Loin d’être déçue, j’ai été surprise de rencontrer une femme tout de feu qui lorsqu’elle vous parle, les yeux rieurs et pétillants de vie vous mangent le visage. Son corps tout entier accompagne ses mots, il tangue, balance, elle appuie ce qu’elle dit avec tout son être. Cela a pour conséquence qu’on ne la lâche plus du regard, à travers elle, on voit défiler des paysages, des ambiances, des rythmes tziganes, on l’imagine enfant danser avec les tziganes dans sa ville natale de Loznica en Serbie, la ville au bord de la Drina, entre la frontière bosniaque et serbe, elle-même vient du côté serbe. Et ces tziganes qu’elle décrit avec tant d’admiration qui venaient jouer dignes et fiers même pas pour de l’argent, ils recevaient de la nourriture en échange de leurs prestations musicales. Svetlana est choquée de voir comment on les juge en Suisse, en France et en Italie. Elle a connu des gens respectueux, fiers de leur musique et qui gagnaient leur vie avec, qui n’étaient ni des voleurs ni des mendiants. Elle insiste avec toute l’admiration qu’elle leur porte; elle ne les reconnaît pas à travers ce qu'en disent  les médias, ce n’est qu’une infime partie d’entre eux, on ne peut pas généraliser et cela n’est pas juste à leur égard.

Son père s’installera à Genève comme restaurateur. A l’âge de 23 ans, elle le rejoint sans trop de conviction, artiste aux talents multiples, comédienne, journaliste, speakerine à Belgrade, elle se demandait ce qu’elle pourrait bien faire à Genève. Accompagnée de son mari et de ses deux enfants après avoir touché à plusieurs petits boulots, elle finit par obtenir la patente de cafetière, elle gérera le restaurant Café de la Banque à Nyon durant six ans avec sous ses ordres quatorze personnes dont des apprentis. Au sous-sol, elle créera la Taverne slave où on y joue de la musique slave traditionnelle.
Elle lâche Nyon pour Genève et lance le Tcherga à la rue de la Navigation, et considérant la musique tzigane plus festive, elle invite de nombreux musiciens à venir s’y produire.

 

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Tandis qu’elle parle un accordéoniste et un pianiste jouent de la musique , elle me désigne Elvis rrom de Macédoine, le fils d’une des plus grandes chanteuses tziganes, Esma Redzepova, surnommée reine de la musique tzigane et qui a déjà été l’invitée du Paléo festival.

 

 

 

P1000326.JPGPassionnée par cette aventure, Svetlana raconte les amis artistes qui viennent l’aider à aménager les lieux, on y est vraiment dans la roulotte, une roue accrochée aux murs, des peintures riches en couleurs qui montrent des scènes de danse de belles tziganes aux yeux de braise dans des robes rouges qui tournoient diablement.

Mais Svetlana n’a pas totalement abandonné le théâtre, elle a écrit et mis en scène une pièce intitulée “L’Emigrée” qui raconte un peu son histoire. A partir du mois d’août, tous les lundis, elle organisera l’accompagnement musical de textes balkans lus par Jacques Michel.
Tandis qu’elle me parle et qu’entre deux phrases elle demande aux musiciens de jouer Gelem Gelem, elle me sert un verre de Slijvovica, puis me fait goûter du Pelinkovac, une alcool aux 27 herbes amère, puis pour couronner le tout un Kruskovac, une liqueur aux poires. Alors, hmmmm, donc je vous disais……hips..........que ………la musique tzigane,,,,,,,, c’est vraiment génial !!

Svetlana porte le titre de grande ambassadrice de la musique serbe. Et il est vrai que dans sa roulotte, elle parvient à rassembler des gens du monde entier, les ennemis d’hier se retrouvent assis côte-à-côte à écouter une musique envoûtante qui les rapproche définitivement.

 

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pour plus de renseignements

http://www.tcherga.com

 

 

 

TCHERGA
Bar à musique tzigane



Du jeudi 28 au dimanche 1 er  juin Duo Zoki et Rade,  Zoran, guitariste pianiste de jazz et chanteur sera accompagné par Rade, accordéoniste chanteur  pour la musique pop et tzigane de l’ex-Yougoslavie.

Dès le 4 juin Avec le beau temps qui arrive, vous êtes moins nombreux à descendre dans notre roulotte. Nous sommes donc obligés de réduire nos soirées Live.
Tous les jeudis, Svetlana et son énorme discographie tzigane slave, des Balkans et du monde entier.
Les vendredi 5, samedi 6, vendredi 12 et samedi 13 juin
Romano Ton, Deux véritables  tziganes. Rade, excellent accordéoniste chanteur et Elvis, fils d’Esma Redzepova , pour de la musique tzigane de l’Est  et des Balkans.
Du jeudi 18 au samedi 20 juin Fête de la Musique à Tcherga, avec DJ spécial musique des Balkans
Les vendredi 26 et samedi 27 juin Duo Zoki et Misa, Zoran, guitariste pianiste de jazz et chanteur sera accompagné par Misa, violoniste chanteur pour la musique pop folk et tzigane de l’Est.

21:47 Publié dans Genève | Tags : tcherga, svetlana gojun | Lien permanent | Commentaires (5)

Paisible petit air estival en terre pâquisarde !

 

 

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22h- L'éléphant du restaurant Bollywood semble surveiller la Place de la Navigation, sur les bancs de jeunes ado mangent leur glace et vous regardent passer comme seuls les ado savent le faire :  "dégoûtés" et qui paraissent vous dire "Pouah, ces adultes, quelle engeance!". Les terrasses sont pleines. Les commerçants, enfin, se sentent compris et épaulés. "Depuis les interventions de la police ça va mieux, c'est tranquille" - Toutefois, avec  un petit bémol  "Avec des flics partout postés pour surveiller les dealers, on ne pourra même plus sortir bourrés des boîtes. A peine éméchés, il faudra souffler dans le ballon. Vous imaginez !  il y aura toujours des dealers et nous, on ne pourra plus se saoûler à souhait, voilà ce qui va se passer" dit une commerçante en hochant la tête, ahurie, les yeux ronds à la perspective de ce nouveau cauchemar qui menace les Pâquis. Les clients vont fuir.

 

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Du côté des glaces, on fait déjà un quart d'heure de queue. En été, la longue file  varie de   100 à  150 personnes qui peuvent patienter  jusqu'à 40 minutes pour déguster les glaces artisanales. Les deux jeunes filles ave leur tablier rose et leur bonnet blanc tentent de suivre tant bien que mal la cadence.

 

 

 

 

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Les couteaux suisses Victorinox sont vendus par des Chinois, ceux-ci sont en général , à l'intérieur du magasin de tabac , très concentrés sur leurs jeux de carte, sept hommes sérieux, ça boit sec et ça joue pour de vrai. On se croirait à Macao dans des tripots clandestins.  Même, selon certains, au resto d'à côté ça dégénère parfois en bagarres. Quelques cris dans la nuit, on essaie de régler ses comptes discrètement de manière honorable sans trop déranger les voisins pour pas donner une mauvaise opinion d'eux. Dans la vitrine, toutes les indications sont en chinois, sur le côté toutefois quelques figurines  et ampoules chinoises de décoration, puis de longs sabres pour rester dans la coutellerie sino-suisse. Quant aux coucous suisses, ils sont vendus plus loin par des Japonais.

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P1000316.JPGDes musiciens rroms déambulent, celui qui paraît être le chef salue  chaleureusement d'un geste de la main les patrons de bistrot et se mettent à jouer. Etrange bastringue,  il ne manquerait plus que l'ours dansant. On dirait qu'ils viennent d'arriver, le plus jeune tient son accordéon sous son bras et tire la valise rouge dans laquelle ils ont mis toutes leurs affaires.  Ils jouent très vite et foncent au bistrot suivant. Pressés d'avoir un peu d'argent pour la chambre d'hôtel ?

 

 

 

Un homme m'accoste avec un suave "bonsoir", je lui balance sur un ton plutôt sympa "trop jeune pour moi, mon vieux!" il me regard ahuri, sort son petit dico français-polonais et tente de trouver la définition exacte de cette étrange phrase-équation.

Des dealers, moins nombreux cette fois-ci,  sont regroupés dans le préau de l'école primaire pour la simple raison qu'il y fait sombre , pas de lumière. Alors ç'est simple, on y avait déjà pensé au Moyen-Age,  éclairer un maximum  les rues. Pour ma part, je mets de bonnes chaussures s'il fallait courir et marche au milieu de la rue et pas sur les trottoirs. Mon sac en bandoulière est à l'intérieur de ma veste, caché.

Direction Tcherga pour le prochain billet.

09:08 Publié dans Genève | Tags : pâquis | Lien permanent | Commentaires (0)

10/05/2009

Mieux vaut le narguilé qu'être nargué !

 

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Après  les mille et une nuits vinrent  les  “mille et un Pâquis." Dans ce quartier animé, la nuit,  vous y découvrez les saveurs enchanteresses d’un narguilé  au parfum de vanille, de fraise ou de  pomme. Le gargouillis de l’air traversant l’eau  lorsqu’on aspire profondément sur le Agizlik (tuyau) vous  plonge dans un ravissement aux allures d’aillleurs. Flaubert l’écrivait si bien  “une vie de fainéantise et de rêvasserie à fumer des chibouks et des narguilés vautrés sur notre tapis à regarder l’eau du fleuve”.
Vous y êtes presque avec un gros effort d'imagination; affalés sur un divan ou des fauteuils accueillants et en place du fleuve, vous observez le flux de voitures et les passants.


Dans ce décor de rêverie orientale, Yilmaz Enver est assis devant son café, à discuter, recevoir des amis. Assis dehors sur la terrasse, il observe du coin de l’oeil en bon patron qu’il est tout ce qui se passe autour de lui. Des jeunes d’écoles internationales, des habitués du quartier, des fonctionnaires internationaux, des touristes du Proche-Orient, des Azerbaïdjanais, des Russes, tout ce monde se croise autour d’une chicha. Et Yilmaz est toujours prêt selon la tradition à vous offrir la causette et l’hospitalité, il vous désigne le siège et vous demande si vous avez du temps.  Il faut naturellement répondre  Oui !
Il me fait apporter un café turc et me prévient aussitôt :”On parle de tout sauf de politique”. Lorsqu’il me dit être Kurde, je comprends immédiatement ses réticences.
Arrivé en Suisse en 1981 comme réfugié politique, il recoit son permis humanitaire en 1987.  Très vite, il s’est mis à travailler même sans savoir le Français, en qualité de carrossier de formation, son métier d'origine,  il travaillera à Meyrin dans une carrosserie.  Puis il se retrouve à piloter  des machines CNC, une grande maison horlogère l’engage durant plusieurs années. Le temps lui a donné raison, la chicha est plus sûre que le chablon, il a préféré se mettre à son compte, il a d’abord ouvert un Kebab, puis ensuite en face le bistrot  “Chez Leyla”  à la Place de la Navigation.

Selon lui, les Pâquis est  un quartier formidable pour les commerçants, ils travaillent presque tous les jours de l’année jusqu’à 2h du matin, c’est animé, vivant.  Evidemment il y en a toujours qui embêtent, la police devrait être fréquemment là, pas seulement de temps en temps.

Et bien tiens ! Pas plus tard que hier, un gars arrive, jette ses déchets sur la table du restaurant, Enver lui propose de reprendre ses  détritus  et de les jeter à la poubelle. Le gars l’insulte “Ouais, vous les Turcs à un mariage vous venez de tuer 44 personnes !” –Enver lui répond, si tu ne veux pas être la 45 ème personne, déguerpis. Le gars lui fait un bras d’honneur et s’en va le narguer un peu plus loin “Prends Turkish Airlines et rentre chez toi !”
Mais son copain thaïlandais du resto d'à côté a aussi eu des problèmes en sortant de son Kebab; un homme pas très fort, ni très musclé, pas bien gros, voire même un peu petit, toujours selon Enver, qui a été délesté de son portemonnaie après avoir été menacé par des malfrats.

P1000259.JPGSuisse Enver ? Non, il est le seul étranger de la famille, ses cinq enfants sont suisses. C’est comme ça !  Fataliste, il rit en haussant les épaules. Un jour, peut-être…….

La réponse est sans aucun doute  au fond du marc de café turc..................................

22:03 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0)

08/05/2009

Nash, le chien policier traqueur de dealers

 

 

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22 h - Deux fourgonnettes s'engouffrent dans la rue de Berne en provenance de la rue de la Navigation, des policiers sortent en trombe du véhicule.  Nash les suit tout content, tout frétillant, prêt à jouer un bon coup. Il a 6 ans, l'oeil vif et alerte comme tout.

Il se réjouit de jouer à cache-cache,  il court dans la cour de récréation des enfants de l'école primaire et repère un dealer caché dans les éléments en bois style cabine. Le  gars, très jeune, avait des écouteurs sur les oreilles sans doute entrain d'écouter du Bob Marley "Man, no man don't cry" - le chien gratte  et aboie super content d'avoir trouvé le premier, l'homme caché. Il est ravi de ses nouveaux compagnons de jeu, c'est bizarre semble s'interroger le chien, ils viennent pour la plupart d'Afrique, mais qu'importe, l'essentiel est de s'amuser avec ses nouveaux copains africains.

 

 

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Le jeune est menotté et embarqué sans violence, calmement. Nash les regarde un peu surpris, et trouve qu'ils ont l'air de trouver le jeu moins drôle que lui.

Nash finit par jouer avec son jouet rouge,  il l' adore. Il se repose un    peu tout en observant tout ce monde qui s'agite  autour de lui;  lampes de poche, cris, course poursuite.

Vraiment, se dit-il,  les hommes ne savent pas prendre du bon temps;  mieux vaut une vie de chien peinard à jouer à cache-cache avec des copains sympa qui ne demandent qu'à se planquer ! Nash, c'est la nouvelle mascotte des Pâquis.

 

crédit photo Djemâa Chraïti

 

 

 

 

 

 

 

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Suivez la ligne !

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Pareille aux timides, je marche les yeux rivés au sol,  ils sont accrochés à la pointe de mes chaussures, mais pour une bonne raison sans doute : je suis le tracé de la ligne blanche, cette ligne fait rêver et elle mènera qui sait où.

 

Ce sont des lignes pour les aveugles, un tracé qui leur permettra à coups de canne, tandis qu'ils marchent le visage levé légèrement vers le ciel, les yeux cachés par les lunettes sombres,  le bras tendu devant eux à tapoter à gauche et à droite de leur long bâton blanc,  à  se repérer dans l’espace, à suivre leur route dans cet  espace terrien si confus.

Et  pardi ! pensé-je, il n’y a pas que les aveugles qui ont besoin d’une ligne dans la vie. Et nous donc !

Il y a ces lignes  qui indiquent la bonne direction : la ligne de conduite, la ligne de vie, celles qui nous situent  telle la  ligne de front,  la ligne rouge à ne pas dépasser, mais  il y a celle qui nous égare, la ligne de coke.


Chemin faisant, je reste persuadée qu'il n’y a pas que les aveugles qui ont besoin d’une ligne même les bonvoyants perdus dans la nuit de leur vie ont besoin d’une ligne salvatrice qui donne la direction juste, et même pas juste, mais au moins une direction à suivre;  atteints de cécité que nous sommes, parfois, même si souvent, à ne plus rien voir devant soi.............

 

Suivez la ligne……….



Pour les petits curieux qui connaissent bien leur ville, il y a quoi au bout de cette ligne ?

a) la gare
b) l’hôpital cantonal
c) le  jet d’eau

13:12 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0)

04/05/2009

Aux Pâquis, la situation est si désespérante qu'on a fait appel à une .........

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FAKIR-ECHASSIERS- CHARMEUSE DE SERPENTS.......................
Les échasses c'est pour apprendre  aux habitants à marcher en hauteur et regarder les dealers de haut, très très haut.
photo prise à la rue de Fribourg de la pub peinte sur la carrosserie de la voiture de la Fakir en question

16:39 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (1)

ALAIN BITTAR - UN TRAIT D'UNION ENTRE LES CULTURES


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Alain Bittar est aux Pâquis ce que Avicenne  était à Cordoue;  il insuffle un peu de cet esprit Cordoba teinté de tolérance, de pluralité multiculturelle et de cohabitation pacifique entre les différentes sensibilités politiques, religieuses et culturelles. Dans cette petite Andalousie que représente cette  rue de Fribourg, autrefois, à large majorité hispanophone, un tantinet irrévérencieuse et sur laquelle plane comme un parfum de Méditerranée,   Alain Bittar  avec sa femme Catherine Maurin y tiennent la librairie l’Olivier depuis trente ans, carrefour des lettrés pour juifs, musulmans , chrétiens et agnostiques curieux de découvrir le monde arabe, sa culture, sa musique, ses recettes de cuisine. Lui-même se définit cosmopolite, il exècre les communautarismes. Il expose dans la Galerie de la librairie arabe l’Olivier, un peintre suisse.  Sa  langue pourrait être l’espéranto.

Alain Bittar vous fait penser à un kaléidoscope, à chacune de ses réponse, les prismes de son existence vous offrent la variété infinie des nuances de couleurs, une exploration magique dans un tableau retracé qui va de la Syrie au Liban, de l’Egypte au Soudan, périple qui aboutira à Genève.

Ses deux grands-pères d’origine Syro-libanaise de confession melkite, c’est-à-dire greco-catholique ont émigré en Egypte, puis au Soudan  à l’époque de l’empire ottoman . A la maison on parle français. le jeune Alain à l’âge de 6 ans rejoint un internat à Château-d’Oex où il y restera jusqu’à 12 ans.  Ensuite, direction Genève, le quartier de Sécheron, un quartier populaire dans lequel il se sent immédiatement à l’aise. A travers la Paroisse de la Trinité et le scoutisme il continue à se frotter  avec joie au brassage de population:  Genevois, Fribourgeois, Italiens, Espagnols, Brésiliens. Il accumule les premières expériences professionnelles, moniteur de camps, livreur. A l’âge de 17 ans, membre de Jeunesses etudiantes Catholique (JEC) il s’engage dans l’association “Chrétiens pour la paix.” A Florimont, on voit d’un mauvais oeil,  le jeune élève Bittar, manifester contre la présence de Monseigneur Mamie à Genève. Une broutille offrira le prétexte d’un renvoi de son collège, renvoi qui sera la cause d’ un premier refus de naturalisation.
Qu’à cela ne tienne il passe son bac malgré tout, commence les études à HEI, passe deux ans au Liban à s’intéresser à la cause palestinienne tout  en rêvant ensuite de s’engager pour le CICR. Ce  rêve  ne restera qu’à l’état de  voeu, parce qu’il fallait être suisse et que la nationalité, il ne la possède toujours pas après cinquante ans dans ce pays qui l’a accueilli. Alors, Alain Bittar sourit en regrettant cette politique un tantinet schizophrène;  alors qu’il a dans sa jeunesse fait l’objet de trois refus de naturalisation, il acceptera avec émotion la  Médaille de la Genève reconnaissante que la ville de Genève lui décerne en 2006. Il s’en console un peu et se sent avant tout  profondément genevois. L’absurde dit-il est que la démarche nécessite de devoir fournir un certificat de naissance Egyptien après avoir vécu 50 ans dans le pays .

La création de la librairie ,s’inscrit d’abord dans la recherche de ses propres racines et  depuis, lui offre une belle histoire de rencontres humaines; d’abord établie dans un kiosque tabac-journaux à la rue Schaub, Alain Bittar  s’installera ensuite à la rue de Fribourg. Son meilleur client qui deviendra aussi en quelque sorte son “mentor” est le Cheikh Bouzouzou grand lettré,  qui lui commandera et suggérera des ouvrages, ensuite c’est l’Institut suisse du droit comparé à  Lausanne qui se constituera certainement une des plus grandes bibliothèques du droit arabe au monde en commençant par commander ses livres à la librairie arabe « L’Olivier »..

La sécurité aux Pâquis ? Alain Bittar est au coeur du débat, interviewé, il martèle sans se lasser les mêmes propos. Laisser une petite bande de délinquants, que l’on appele communément “harragas” se comporter en prédateurs,  mettre à mal la diversité et le vivre ensemble , en faisant naître un sentiment d’insécurité diffus au sein de la population fait le lit de l’extrême-droite et permet la surenchère populiste. En l’absence de règles de droit claires qui s’appliqueraient à eux ,ils narguent la police et se sentent invincibles. Les politiciens ont laissé ces gens traficoter au coeur des zones d’habitation populaire, “s’ils s’étaient installés à Champel”, les autorités auraient réagi depuis belle lurette. Principalement cantonnés à la rue de Fribourg, rue de Zürich, rue de Neuchâtel, ils sont devenus des petits caïds qui n’ont peur de rien et de personne. Alain Bittar refuse toute récupération politique, et affirme que c’est juste une affaire de démocratie que de permettre aux citoyens de vivre en paix et en sécurité. Il appelle tous les partis à collaborer au delà de leurs divergences pour trouver une solution.

Alain Bittar rêvait de devenir diplomate, la diplomatie il l’exerce spontanément, trait d’union entre les uns et les autres, il explique, défend, démontre et au bout de tout cela, il vise ce qui a été l’élan de toute une vie : la tolérance, la cohabitation pacifique, la compréhension mutuelle, tout simplement le goût des autres.

07:23 Publié dans Genève | Tags : alain bittar | Lien permanent | Commentaires (0)

03/05/2009

Ces mots qui dérangent et qui vous hantent……………..

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C’est un grand jour, le manuscrit corrigé et recorrigé et re-recorrigé est enfin lâché, abandonné, envoyé à la maison d’édition parisienne.

Le coeur léger, toute guillerette, je m’en vais faire le plein d’essence et là, tout s’effondre. Ecrit en gros, en caractères gras,  le mot “Jerrycan” sur une pub,  du style : après X pleins vous gagnez le fameux “Jerrycan”.

Moi je l’ai écrit avec “ i“ – jerrican-  J’interpelle la caissière du comment s’écrit le célèbre  mot, cauchemar de mes nuits.  Toute affaire cessante, elle lâche sa caisse, va vérifier le mot en question et revient glorieuse avec un “Y” , une autre vendeuse prenant l’affaire très au sérieux, elle aussi,  déboule tout aussi triomphante et annonce qu’il s’écrit avec un “ i “. Troublée, définitivement noyée dans le “bidon à essence”, je m’en vais chercher ce mot qui finit par me hanter, je pue l’essence, il suffirait d’une allumette pour que je m’enflamme et sois réduite en poussière, triste tas : ci-gît une vie enfumée  par un bidon d’essence : un jerrican !


Je vérifie dans Tintin au Pays de l’or noir- Dupond et Dupont qui perdent “ leur jerrican”  dans le désert et quant à moi je me suis perdue définitivement au pays de l'or noir.

12:01 Publié dans Humour | Lien permanent | Commentaires (0)