30/03/2009

CESSONS DE MASSACRER NOS JEUNES !

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ILS SONT NOTRE FUTUR !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Samedi après-midi, deux jeunes éméchés sur un banc, ils se font un bottelon à deux, à coup de canettes de bière, ils noient leurs interrogations au fond d'un verre, leurs questions sans réponses, qui finissent par flotter tels ces cachets effervescents qui disparaîssent dans un magmas indéfinissabe, à la surface de l'eau. Les adultes ont de moins en moins de réponses à leur offrir, il est certain. Ils sont si jeunes. Je m'arrête,  sur un ton,  un tant soit peu maternel, je les interpelle.  Ensuite, assise à leurs côtés, j'engage la conversation, ils ont vraiment des choses à dire, ils les disent brefs, courts, avec leurs mots à eux, un vocabulaire qui leur appartient, une pointe d'angoisse au fond des yeux.  Et l'un et l'autre, racontent les démarches qu'ils entament pour  trouver leur job d'été. A l'école, ça va couci-couça, cahin-caha.Un,  avait pour habitude de pousser les chariots à l'aéroport en été, mais depuis plus d'un an,   l'aéroport n'engage plus de jeunes, la direction de l'aéroport a préféré les remplacer par des pièces de deux francs. Beaucoup plus rentable.

L'autre travaillait, il y a deux ans, pour la voirie dans le cadre des fêtes de Genève, mais là aussi, c'est délégué à une entreprise sous-traitante qui n'engage que très peu de jeunes. Alors, ils ne savent plus très bien. De toutes les façons, ils ne partiront pas en vacances, trop pauvres, les parents font des ménages. Ils erreront sans but durant tout l'été.

Voilà, c'est simple, la conclusion est cruelle, il y a  de moins en moins de jobs d'été, c'était la belle occasion de permettre aux jeunes de se frotter au monde du travail,  d'acquérir de l' expérience professionnelle, de développer un peu de savoir-faire et beaucoup de savoir-être. Des petits boulots qui faisaient office de prévention contre la violence, contre la vaine errance. On n'y pense plus aux jeunes, les places sont de plus en plus rares. Ce qui est devenu très important c'est de montrer surtout les chiffres glorieux de la Ville, du Canton.  Exhiber des chiffres, des bénéfices,  au détriment des jeunes qui ne savent plus très bien ce qu'on attend d'eux, on leur impose de plus en plus de formation pour moins de places formatrices, on exige plus en plus d'expérience professionnelle alors qu'on ne peut même plus leur proposer le moindre boulot ou du moins qu'on ne veut plus leur proposer. Les statistiques des hospitalisations en clinique psychiatrique  révèlent  des  patients de plus en plus jeunes. C'est un constat, les jeunes souffrent.

Alors, ils sont là, à boire, à revoir inlassablement leur CV sans plus savoir où l'envoyer, quelle déprime ! Je leur propose un coup de main, sans illusion, c'est très difficile. Qu'avons-nous fait pour les amener là ? L'aéroport devrait, du moins en été, offrir des jobs, ces fameux chariots à pousser qui ont fait des générations de bienheureux. Nous avons tous un jour ou l'autre, travailler dans une usine, un magasin, un aéroport en été. Les Fêtes de Genève devraient aussi leur offrir l'occasion de s'occuper durant les périodes festives où l'argent rentre à flot. La Ville, l'Etat, les Communes devraient s'organiser pour les proposer des boulots d'été par milliers et aux grandes entreprises de suivre le mouvement. Par exemple, Rolex n'engage pratiquement que des frontaliers, donc les enfants des frontaliers en été et en quantité réduite à sa plus simple expression.  La boucle est bouclée.

Pensons-y aux jeunes, ils sont notre futur. Leur champ de vision, en ces temps d'incertitude,  n'est qu'une série de points d'interrogation laissés sans réponses. Des points de suspension ad infinitum. Que les politiciens s'organisent, anticipent, prévoient les budgets en conséquence  au lieu de se targuer d'avoir fait des bénéfices sur le dos des gens! Attitude mortifère, favoriser la rentabilité contre la vie en devenir.

 

Un ancien billet qui reste d'actualité.

Chariots inhumains à l'aéroport

La lettre du jour | Pour rebondir sur le courrier du lecteur en lien avec les chariots payants de l'aéroport, j'aimerais ajouter que non seulement on rend la vie impossible aux usagers qui en arrivant en Suisse n'ont pas les deux francs pour le chariot, mais pire c'est un job d'été, voire un job tout court en moins pour les jeunes. Pousser les chariots à l'aéroport pour les jeunes en «retard d'éclosion», qui s'occupaient en attendant de mûrir ou pour le job alimentaire, était devenu une institution bien genevoise.


| 14.04.2008 | 00:01

Pour rebondir sur le courrier du lecteur en lien avec les chariots payants de l'aéroport, j'aimerais ajouter que non seulement on rend la vie impossible aux usagers qui en arrivant en Suisse n'ont pas les deux francs pour le chariot, mais pire c'est un job d'été, voire un job tout court en moins pour les jeunes.
Pousser les chariots à l'aéroport pour les jeunes en «retard d'éclosion», qui s'occupaient en attendant de mûrir ou pour le job alimentaire, était devenu une institution bien genevoise.
Ce sont encore et toujours les jeunes qui font les frais des petites économies misérables d'un technocrate qui pense avoir trouvé la solution pour réduire les frais. Economies de bout de ficelle, parce que les jeunes inoccupés en été auraient aussi pour quelques-uns tendance à faire des bêtises alors qu'ils ne demanderaient qu'à travailler.
Non aux chariots payants, non à la réduction des coûts au détriment de notre jeunesse.
Assez! Assez de cette politique sournoise qui ne tient plus compte des humains!

Djemâa Chraïti

( lors de la parution de ce courrier,   une erreur s'est glissée dans la signature  qui avait été attribuée par mégarde à quelqu'un d'autre)

 

Crédit photo Djemâa Chraïti

 

 

28/03/2009

JACQUES BERTHET - PHOTOGRAPHE-POETE

 

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10 h – Place de la Navigation, le marché attire acheteurs et badauds, un petit air printanier réjouit enfin les  coeurs. Je grimpe les deux étages d’un immeuble ancien, la porte en bois s’ouvre large comme des bras ouverts. Jacques m’invite dans son bureau, je m’affale dans un sofa profond. Le regard est affolé, il se promène et  tente de saisir toutes les richesses accumulées du voyageur, du photographe et du  poète. Des livres sur le désert, des ouvrages sur la nature, des photos de deux Tibétains. Encore d’autres  grandes  photos contre le mur :  les entrailles du Cern , un enchevêtrement de fils électriques de toutes les couleurs, puis à côté,  un olivier millénaire, arbre torturé au large tronc.  Ce lieu pourrait tout aussi bien être celui d’un écrivain, des  livres sur la table : Moby Dick, Yasmin Khadra. Un carnet de notes.

Jacques saisit au vol tout ce qui est bon à prendre, il transforme, adapte, s’adapte. Les SMS lui font aimer les haïkus, cette poésie japonaise, courte et fulgurante, qui nous rappelle l’évanescence des choses, cet instant sans ego qui est saisi sur le vif comme une photo volée et qui suggère l’instantanéité du moment, l‘éphémère immortalisé, arraché en plein vol.  L’image est infime en rapport aux mots, l’image est descriptive tandis que le mot révèle l’âme  en profondeur. Alors,  oubliez les cartes postales ! En guise de  lettres, ce sera un haïku que vous recevrez sur votre portable et qui dira :
“Entre les effluves de menthe
Et le vacarme des cigales
un  colosse”

Ce colosse est assurément un  olivier centenaire ou millénaire. Sur les traces des oliviers depuis  trois ans,  à parcourir tout le pourtour de la Méditerranée, la Grèce, l’Espagne, l’Italie. Jacques est amoureux de ces arbres qui lui offrent soit un spectacle de  flamenco, soit le conciliabule des sages. L’anthropomorphisme de ces arbres l’ont véritablement subjugué. On croirait des personnages de contes, pour le photographe,  ils sont métaphysiques.

Les voyages de Jacques s’organisent autour d’un thème, les herbes dans les pays du Nord dans ces landes sauvages balayées par le vent. Parce que dans ses photos, le vent est tout aussi présent que la lumière, le vent  ploie les herbes, on croirait l’entendre siffler, il interfère dans la prise d’images, parfois ami, parfois ennemi.  Jacques partira en Thaïlande, à Bangok, pour une exposition de photos sur le végétal et l’architecture.
Mais il se passionne tout autant pour ces migrants qu’il a photographiés aux Pâquis. On les voit sourire à l’attention du photographe, enfin ils existent à travers son objectif. Jacques raconte la joie de ce  Kurde irakien, de cette Equatorienne,  de ce Pakistanais, de cette Erythréenne dont il me montre les portraits. Sans statut légal, requérants, commerçants. Dans leurs plus beaux atours, ils se présentent fiers,  ces tranches de vie merveilleuses qui se racontent au détour d’une photo. Certains les ont agrandies et affichées dans leur magasin .

Oui, c’est vrai ! Ils sont très beaux !  On sent la relation de confiance qu’a réussi à établir Jacques avec ses sujets. Il aimerait tant continuer ce travail de ceux et celles qui font les Pâquis, de ceux et celles qui font Genève. Selon lui, ils ont apporté non seulemement le brassage multiculturel, ce qui implique qu’ils apportent  au-delà de  leur culture,aussi leur nourriture, leurs épices, leur langue.  Nous sommes tout imprégnés de ce qu’ils nous offrent. Cette exposition, selon Jacques,  mériterait d’être achevée en collaboration avec d’autres artistes, photographes, poètes. On ne se lassera jamais de raconter les autres.


Les Pâquis, Jacques y vit depuis 25 ans, il a vu et vécu les changements, tout au long de ces années, il est vrai que  selon lui, le quartier  a bien changé, on s’y sent assurément moins en sécurité.  Il quitte souvent le  quartier pour ses voyages et surtout pour des marches. Ces longues marches dans le désert entre Tamanrasset et Janet, à marcher des jours entiers sur du plat ou escalader les montagnes de l’Atlas. Vivre avec les Berbères, dormir à la belle étoile, se frotter aux joies de la vie frugale. Marcher, c’est aussi vivre un  voyage intérieur, en solitaire, se ressourcer , en quête de spiritualité.

Il est là assis dans son fauteuil à balayer le monde d’un geste ample  son regard est celui des grands voyageurs, on y voit des contrées, des paysages, des oliviers. Et le haïku qu’il a choisi pour  la première page de son site lui convient à merveille : “ Rien qui ne m’appartienne – sinon la paix du coeur et la fraîcheur de l’air.”

Vous pouvez voir l’exposition de Jacques Berthet à la pinacothèque des Eaux-vives et ce jusqu’au 5 avril ( 7 rue de Montchoisy)ouverture mercredi et vendredi de 16h à 19h- jeudi de 16h à 20h et samedi de 11h à18h- Brunch de clôture- dimanche 5 avril dès 11h.

 

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son site http://www.jacques-berthet.net/

09:51 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (3)

27/03/2009

Une marguerite perdue dans la ville

 

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Brassens aurait aimé, il a consacré quelques belles lignes à cette fleur dont on arrache un à un les pétales, avec un je t’aime, un peu, beaucoup, passionnément….. La marguerite est tombée, si singulière, trois pétales de scandale, la frivole, fleur qui vole,  fleur volée, si légère. Fleur, peuchère…..


Une performance, ou un larcin inachevé ?  Un caddy dans lequel repose un vieux pantalon, puis cette marguerite qui nargue , son oeil jaune soleil vous regarde, ou vous le regardez, on ne sait plus très bien……….

Poésie urbaine,  au petit matin

25/03/2009

Ni baston, ni Couchepin aux Bastions !

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En ma qualité de patiente soutenant la manifestation des médecins, j'y étais. Tiens surprise ! je croise le pédiatre qui me demande des nouvelles des enfants. Et puis imaginez, en plein coeur des Bastions,  au milieu de l'allée d'arbres, je tombe sur  mon allergologue.  Je lui tends la main et lui demande vu qu'il a analysé et constaté que j'étais allergique au frêne s'il y en a. Il observe longuement les arbres - il doit se dire purée la colle- une sacrée envie de rire me chatouille le ventre, évidemment meilleur médecin que botaniste, il hausse les épaules, il n'en sait rien.

 

Une ambiance bonne enfant, malgré la colère perceptible, les slogans sont drôles dont un que j'ai retenu "Le médecin chez moi, le Valais pour toi !"

Espérons que Couchepin ait entendu la rumeur s'élever de la base, il propose un table ronde, osons croire qu'il en sortira quelque chose hormis faire tourner les tables et que ce n'est pas juste une façon de gagner du temps.

08:11 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0)

24/03/2009

La grève des médecins- Notre "barrage contre le Pacifique"

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Les médecins sont les premiers à ressentir sur le terrain les dysfonctionnements, ils sont les premiers à constater les effets d'une politique délétère. Et nous le savons tous, toutes les politiques d'exclusion, toutes les atteintes aux acquis de la société civile commencent par la santé, puis viennent ensuite les prestations sociales, puis enfin la culture. Dès lors,  sont révélées au grand jour les prémisses d'un Etat qui sacrifie ce qui nous est le plus cher au nom de la sacro-sainte économie et de la rentabilité. Nous constaterons, alors, qu'il est trop tard, nous réaliserons avec dépit et amertume qu'il aurait fallu s'opposer plus tôt.

 

Donc, nous n'avons pas d'autre choix que celui de faire front commun avec les médecins, ils sont notre "barrage contre le  Pacifique" avant la noyade finale de tous nos acquis sociaux.

Soutenons-les ! Participons activement à la manifestation.

23/03/2009

Presque tous sauvés !

 

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(suite du billet précédent)


8h ce matin, me voilà devant  la maison  La Croisette sur la route de  Vernier, l'ancienne demeure a été  récemment incendiée, elle accueillait des requérants d'asile pris en charge par l'Agora . Un malheur ne vient jamais seul, d'abord l'expulsion pour laisser Ikéa s'implanter suivie d'un sinistre causé par une main criminelle, sans doute.

Tout est calme, le soleil brille, le jardin est baigné de lumière, des pâquerettes fleurissent, les oiseaux chantent. Les volets sont entrouverts, j’entre en marchant prudemment, une odeur âcre de fumée empuante l’air ,  des sans-abris ont dû passer la nuit dans les pièces nues, ça sent l’urine, une chaussure de femme, un bas qui traîne. Pas un bruit. L’atmosphère est lugubre, tout est si sombre, si noir à 'intérieur.
Je visite les pièces du rez-de-chaussée presque entièrement dévastées par le feu, spectacle de désolation. Un geste criminel, sans aucun doute, une vitre a été cassée puis quelqu’un de mal intentionné a bouté le feu. Le piano est calciné, les murs sont noircis par la fumée, les tapisseries sous l’effet de la chaleur se sont décollées, elle penchent tristement comme les prises  le long du mur. Heureusement que les pompiers sont vite intervenus, le feu a été rapidement maîtrisé, sauvant du coup la bibliothèque.

Nous montons avec les deux aumôniers, Pierre Dürrenmatt et Véronique Egger,  au premier étage de l’ancienne maison. Les livres “enfumés” sont alignés; sages, imperturbables, immuables, endeuillés par cette légère suie noir qu'ils arborent comme un costume de deuil. Nous les  ramassons, un par un, les fourrons dans  nos cabas dont un d’Ikéa, le grand cabas bleu en plastique , ce serait presque amusant dans d’autres circonstances. Mais, c’est bien la maison suédoise qui viendra s’implanter à cet endroit. Les doigts noircissent. Il faut choisir ceux qui sont en bon état, voire récupérables. Certains ne méritent pas trop d’attention, par exemple trois volumes  sur “sorcellerie et occultisme”, je les jette par terre, ils resteront à  cet endroit à ensorceler les suivants, adorateurs du veau d’or.  J’en ramasse une trentaine, des bénévoles, dans le courant de la matinée,  viendront en chercher d’autres, à ramener chez elles pour les dépoussiérer, les désenfumer et les nettoyer.


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Avec notre chargement, lourd, encombrant, il faut redescendre l’escalier étroit et raide,  inutile de s’accrocher à la rampe, elle est à moitié détruite, totalement calcinée.

Avant de repartir, je prends une photo des deux aumôniers et leur pose la question suivante : “ça doit vous paraître étrange de quitter cet endroit après tant d’années pour laisser place à un magasin de meubles ?”

 

 

P1000071.JPGIls répondent par un sourire, ils ont encore tant à faire, les requérants sont là, ils faut s’en occuper. Alors,  les états d’âme, ce sera pour une autre fois.

Les livres sauvés et nettoyés  offerts par l'Agora rejoindront l’Espace solidaire du Temple des Pâquis pour de nouvelles aventures. Sur les 1’000, nous en avons récupéré une bonne partie.

Ainsi va la vie …………………………………………….........................................................................................................

22/03/2009

Nous les sauverons tous !

Dans un silence sépulcral, adieu les rires des enfants, adieu les chuchotements, adieu les bavardages dans toutes les langues, ils sont là serrés, les uns contre les autres, seuls dans cet espace déserté, isolés dans cet univers de désolation où les habitants semblent avoir été chassés et n'auraient eu que si peu de temps pour s'enfuir, ce qui expliquerait cet état de dévastation qui vous serre le coeur.   La grande maison vide de tout habitant a un je-ne-sais-quoi de fantômatique. Dans un froid glacial, à  l’heure de poltron-minet, un craquement soudain, un bruit inattendu, puis une chaleur intense qui croît de seconde en seconde, des flammes qui semblent courir, en une sarabande  endiablée, et dévorent tout sur leur passage.

Comme le destin des hommes, celui des livres est parfois tout aussi contrarié. Brûlés, censurés, autodafés, interdits de publication, les bouquins racontent aussi leur histoire et connaissent des périples de vie tout aussi intense que celle des plus grands héros.

5h30 du matin, les pompiers sont arrivés à temps pour éviter à la bibliothèque multiculturelle de l’Agora de partir en fumée. Mais les 1’000 livres,  témoins discrets sont dorénavant tout enfumés, noirs de suie. Un autre drame les guette, la pelleteuse destructrice et papivore d’Ikéa, parce la direction du magasin suédois a assez attendu, alors maintenant il faut rentabiliser le plus tôt possible.  Saccager, détruire, procéder à l’explosion de  l’ancienne aumônerie qui partira dans un nuage de poussière, huit ans d’accueil des requérants, effacés à la dynamite . Ces derniers, les premiers avant les livres ont déménagé dans le centre des requérants déboutés des Tattes.

Alors voilà, il ne nous restera plus qu’à nous pointer avec nos sacs cabas, y entasser des livres par dizaines; les aspirer, les épousseter, les "désenfumer", les nettoyer avec un chiffon humide et puis ils déménageront au Temples des Pâquis,  offerts par l’Agora à l’Association espace solidaire des Pâquis, sigle ESP  comme espoir vraisemblablement.

Ces 1'000 bouquins  feront assurément la joie des petits et des grands. Souhaitons leur d’offrir beaucoup de bonheur dans leur nouveau quartier.

 

Et si quelqu'un a envie de participer au sauvetage des livres c'est lundi matin, 23 mars  de 8h à 10h à l'Agora, rte de Vernier,  Maison de la Croisette. Il s'agit de les embarquer, de les nettoyer et de les ramener au Temple des Pâquis pour l'association Espace solidaire des Pâquis.

Pour l'opération sauvetage de la bibliothèque multiculturelle de l'Agora, vous pouvez soit envoyer un email ou téléphoner avant de vous y rendre.

tél: 076.323.62.21

16/03/2009

Le professeur de français de Lénine

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Alexandre Lambert m’attend dans son  bureau baigné de lumière, sis au 6 ème étage de la rue de Monthoux. Un historien qui s’est découvert une passion pour l’histoire très tôt, comme dans les romans, il farfouillait dans le grenier de ses parents à Winthertur et dans la malle imposante, un carnet bleu attire son attention. D'une écriture régulière et serrée,  ce sont les mémoires de l’arrière-grand-père Jacques Alexis Lambert, il y consignait ses souvenirs de professeur de français de Lénine et de sa période russe.

Alexandre de langue maternelle suisse-allemande, l'arrière-petit-fils, déchiffrera peu à peu ce trésor de souvenirs, en fera son thème de mémoire puis il faudra encore vingt ans pour qu’un ouvrage soit publié.

A travers cet opuscule, qui sera très probablement aussi publié en russe par l’édition des Suisses dans le Monde, c’est la saga des Suisses à l’étranger qui rappelle les grands mouvements migratoires des Suisses en quête de subsistance. Précepteurs, enseignants, gouvernantes, cuisiniers, ils partaient conquérir le monde. La Russie tsariste attirait notamment les Suisses. En 1884, Jacques Alexis, Neuchâtelois,  s’embarque pour la ville de Simbirsk pour y enseigner le français au lycée où le jeune Lénine (Vladimir Oulianov de son vrai nom) suivra ses cours en 1889.
Il se souvient d’un jeune élève brillant décrit comme :”talentueux, il avait fondé un groupe de lecture marxiste avec quelques-uns de ses camarades”.


On y décrit avec force détails, le jeune élève Oulianov surnommé le “tsar-communiste” par son enseignant sur qui pourtant il lui faudra compter pour quitter le pays après l’instauration du régime révolutionnaire  par son ex-élève et qui depuis le Kremlin, à Moscou,  dirige le pays. La guerre fait rage, sur les conseils de Lénine, l’enseignant contacte le ministre des affaires étrangères, Tchitchérine, qui lui suggère de quitter le pays par le nord-ouest, mais le front polonais le contraint d’opter pour une autre solution, il quittera le pays par la Mer Noire, transitera par Marseille pour enfin regagner Genève.






Alexandre Lambert_Fils de Victor Lambert_2004_IUHEI.jpgAlexandre Lambert  pourrait durant des heures raconter cette saga magnifique. Intarissable, il mentionne les relations privilégiées que la Suisse entretenait avec la Russie et rappelle que la Russie et les Russes sont à 90% dans l’Europe et que nous devrions reconstruire et créer de nouveaux ponts avec ce pays, maintenant que le rideau de fer est tombé.

Alexandre, après des études d’histoire à l’Université de Zürich, obtiendra un doctorat en relations internationales à HEI. Il est directeur académique et professeur à la School for International Training, institut universitaire américain sis à la rue de Monthoux. Il enseigne aussi les relations internationales à la Geneva School of Diplomacy and International Relations, un autre institut universitaire privé basé au Château de Penthes.

Etonnamment, Alexandre qui se trouve donc enseignant aux Pâquis fait référence au fils du célèbre arrière-grand-père de Russie, Nicolas Lambert qui après des études de théologie à Genève oeuvrera comme pasteur protestant aux Pâquis.

Décidément, se pourrait-il aussi qu’on hérite dans nos gènes de la mémoire des lieux ? 

Pour rencontrer l’auteur rendez-vous au Domaine de Penthes, Musée, dimanche 17 mai 2009, à 14h30 avec en sus dégustation de thé russe et programme-cadre débutant vers 11:30 - 18, chemin de l’Impératrice, 1292 Pregny.

14/03/2009

UN GRAND LEADER DE L’OPPOSITION TUNISIENNE AUX PÂQUIS

 

 

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Il y a des jours où c’est comme ça, on se dit que les grandes rencontres sont prédestinées. Mon interview sur le professeur de français, d'origine neuchâteloise,  de Lénine vient de s’achever. Je suis au feu rouge,  à l’angle de la rue de Berne, rue des Alpes, entrain d’attendre qu’il passe au vert. Sur ma droite, je reconnais un ami accompagné d’une grande figure de la classe politique tunisienne, leader de l’opposition, Dr Mustafa Ben Jaafar. Nous nous arrêtons quelques minutes, nous discutons, je regarde avec admiration cet homme militant de la première heure et engagé depuis toujours et qui sans relâche continue à défendre les vraies valeurs démocratiques.

Contrairement à certains qui font plus “allégeance au parti qu’opposition”. Dr Mustafa Ben Jaafar représente le  vrai parti d’opposition . Néo- destourien, issu d’une famille nationaliste, il s’engage très tôt dans le parti néo-destour qu’il quittera en 1970 pour un parti démocratique tunisien. Président du parti Forum Démocratique pour le travail et les libertés en Tunisie, il est membre de l'internationale socialiste.

Ce grand leader a été invité à donner conférences et interviews à Genève:  à la maison de quartier des Pâquis,  à Léman Bleu , au journal le Temps. De manière calme et posée, il retrace les années de Bourguiba et enchaîne sur celles de Ben Ali, il brosse un portrait de la situation économique politique et sociale de la Tunisie.

“On espérait une ouverture dès le 7 novembre 1987 avec l’arrivée au pouvoir  de Ben Ali, déception,  depuis lors il sert son parti et non  le peuple tunisien." Opposition bafouée, libertés fondamentales et  liberté d'expression entravées.  A s’exprimer si ouvertement risque-t-il pour sa vie demande Décaillet, Dr Ben Jaafar répond laconique : “Si je risque quelque chose, ce n’est pas mon affaire.”
Développement économique  contre liberté individuelle. L’Exception Tunisienne et son pluralisme de façade,  en réalité ni débat ni  liberté d’expression. On aurait espérer de vraies institutions démocratiques, mais la responsabilité du peuple est aussi de porter son choix
sur une élite dirigeante dont la culture serait ouverte au débat démocratique. Bâtir un avenir commun. Quant au soutien de l’Europe ? Parlons plutôt de compromission.


La situation du bassin minier de Gafsa en est pour preuve de ce  muselage de l’opinion, de la répression à l’encontre d’une population qui ne demande que du travail.  Syndicalistes emprisonnés, région bouclée, nul ne sort ou entre sans être contrôlé et interrogé, aucun journaliste étranger n’a été admis durant les manifestations de révolte. Silence ! On tue.
Tout commence le 5 janvier 2008,  dans cette région d’une pauvreté extrême, dont la seule infrastructure est une ligne ferroviaire servant au transport des phosphates, dont la Tunisie est le 4ème producteur mondial. Ce jour-là, des jeunes chômeurs diplômés en quête d’un emploi contestent la validité du concours d’embauche ouvert par la Compagnie des phosphates de Gafsa (CPG), principal employeur de la région. C’est le début d’un mouvement de protestation et de solidarité qui va en s’amplifiant de mois en mois, malgré la répression policière musclée et en dépit des vagues d’arrestations de manifestants et de dirigeants syndicaux. La révocation, au cours de l’été,  par le chef de l’Etat tunisien Ben Ali de plusieurs notables et son engagement d’améliorer la situation économique de la population du bassin minier de Gafsa, encore à l’état de promesses, ne suffisent pas à rétablir le calme.  

Mais tout le monde sait que cette région du Sud connaît depuis toujours une capacité de résistance sans précédent, elle est le foyer des grands mouvements de résistance avec pour modèle Lazhar Chraïti, entre autres, héros de la résistance nationale, lui-même ancien mineur dans les mines de phosphate.   La seule issue possible à cet important mouvement de contestation légitime sera le dialogue.

38 dirigeants syndicalistes sont condamnés jusqu’à 12 ans de prison pour “association de malfaiteurs.” On leur reproche de “ternir l’image de marque de la Tunisie de Ben Ali !”

Image que Ben Ali détériore à l'envi,  il s’en charge bien tout seul et peut largement compter sur ses proches qui y participent activement à entamer sa  réputation déjà bien fragile.  Corruption, vols,  souvenez-vous de l’affaire de yachts  volés par les neveux de l’épouse du président et dont l’ un des yachts appartenait à Bruno Roger patron de la banque d’affaire Lazard ami de Jaques Chirac et de Nicolas Sarkozy. Ben Ali ne semble plus être à même de répondre à l’urgence exprimée par la population de Gafsa minée par le chômage ainsi que celle du  pays tout entier. Il paraît tout aussi incapable de faire cesser le pillage, le chantage et les malversations de toutes sortes de son entourage proche qu’il finit lui-même par craindre. Ceci nous laisse songeurs, mais qui dirige donc la Tunisie, aujourd'hui, pour autant qu'on puisse appeler cela diriger  ?

Enfin, espérons que  les élections amèneront  le vrai changement, tant promis et toujours attendu,  et ce  mené par un vrai leader charismatique.

Dr Mustafa Ben Jaafar futur président de la Tunisie ? Son parti pense sérieusement à le présenter comme candidat, souhaitons-lui ainsi bonne chance contre celui qui remporte habituellement les élections à 99, 99% des voix, ce qui permet à certains qui ne manquent pas d'humour de  surnommer  Ben Ali, Ben à vie .

Djemâa Chraïti

(ci en-haut sur la photo)

08/03/2009

Médecin généraliste aux Pâquis : une blouse blanche bien discrète

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13h 45 Café des Trois Rois , mon stamm de prédilection pour mes entretiens. Enfin, ma blouse blanche qui porte  pour  nom  Dr Fleury a accepté le rendez-vous. Dans le quartier, on me l’a dit et répété, un personnage incontournable et qui ne se  laisse que difficilement contourner.

J’ai un quart d’heure d’avance, je peux me le représenter, à loisir,  à quoi peut-il bien ressembler ? Ce qui est intéressant lorsqu’on doit rencontrer un inconnu, c’est  l’imaginer.  Il est certain qu’à défaut de blouse blanche, il portera une chemise blanche et peut-être un pantalon bleu marine.

Raté ! Il entre dans le bistrot d’un pas léger et décontracté, de taille moyenne,  un air d’ado qui traîne malgré la plus que cinquantaine, une chemise rose sous un pull en laine bleu marine légèrement usé aux coudes, sans doute à force de les poser sur son bureau et écouter longuement les patients,  un jeans délavé.  Ses petites lunettes rondes à fines montures sont posées sur des cheveux légèrement bouclés, comme perdues au milieu des vagues.  Il a des yeux d’un bleu intense, au-dessus desquels trônent des sourcils en broussaille.  Une barbe naissante. Il porte une montre swatch avec sur le bracelet des motifs de  chiens bleus et roses et sur lequel on peut lire “waouf !waouf!” qui vient achever le portrait d’un médecin qui correspondrait plutôt à celui d’un marin du  Grand Nord avec du bleu des mers au fond des yeux.

Il se demande encore hésitant, ce que je peux bien lui vouloir.  “Vous savez un médecin ressemble à un autre médecin et quant à l’homme, il n y a  peut-être pas grand-chose à dire, c’est de l’ordre de la sphère privée.” Il tente gentiment dans un dernier effort timide de me couper  l’herbe sous les pieds. Je l’observe quelques minutes,  je me  sens comme devant  une paroi rocheuse qu’on étudie et  évalue et qu’il  va falloir attaquer, en cherchant les meilleures prises auxquelles se raccrocher.

Aux Pâquis, il y a installé son cabinet presque par hasard,  23 ans déjà. Avec son logement, la régie lui proposa dans la foulée, un cabinet. Depuis il a  gardé son cabinet dans ce quartier et a changé de domicile pour un autre endroit de la ville. Pour lui les Pâquis, c’est la diversité, la multiculturalité, une tolérance qui y  règne bien pâquisarde. Un vrai quartier dans une vraie ville.

Il peut comparer avec d’autres villes, après des études de médecine à l’Université de Genève, il a travaillé à l’hôpital de Sierre et à l’hôpital de  St-Denis à Paris pour sa formation postgraduée qui a duré neuf ans. Chirurgie, neurologie, psychiatrie, gériatrie, médecine interne. Il  a fait le tour des différents services pour sa formation.

Il aime son métier de médecin généraliste qui exige une vraie connaissance de soi aussi, il apprécie soigner des gens dans leur globalité même si parfois c’est très complexe. Mais il sait ce qu’il sait et surtout ce qu’il ne sait pas, il faut être modeste, en empathie avec les autres. L’important c’est de connaître les limites de sa connaissance. Etre accessible, se déplacer pour une consultation évite parfois une hospitalisation, même le dimanche il se déplace auprès de ses patients, parfois très âgés.
Et surtout le métier exige d’écouter les personnes et toujours les croire. Quelqu’un qui vous dit souffrir vous le croyez, vous ne mettez pas en doute ce qu’il dit. Il dit cela en plaçant ses mains l’une contre l’autre  pour bien insister, donner un poids aux mots,  laisser la place aux maux peu importe de la manière dont ils sont exprimés, ils sont là et il faut les entendre.

Ses  passions:  le foot et le vélo, la peinture, le théâtre, la bonne chère.  Il adore cuisiner, il a découvert ses premières recettes de cuisine dans un bouquin de Girardet. Une fois par an, il se rend à vélo à Avignon pour son  Festival, 100 km par jour et qui  lui autorisent quelques arrêts gastronomiques bien mérités. Son  peintre préféré Vermeer : le  jeu subtil d’ombre et de lumière ( l’astronome, le collier de perles, mes tableaux préférés). Vermeer est le peintre qui dépeint méticuleusement les objets les plus insignifiants, tout est transcendé par ces halos lumineux venus d' on ne  sait où, de quel univers, du génie probablement. Pour lui, la peinture permet d’appréhender  les gens différemment. Elle offre d’autres clés de lecture, une autre compréhension des êtres . L’art a le mérite d’inviter à regarder la vie sous un angle nouveau.

La grèves des médecins le 24 mars ? C’est sûr, il fera aussi grève pour soutenir ses confrères parce que la santé , ce n’est pas juste la réduction des coûts et de la comptabilité qui n’est qu’une vision à court terme. On traite les médecins avec bien peu de considération. Une santé de qualité, ça coûte et la santé est un choix de société.

Pour terminer je lui  demande l'autorisation de le  photographier. Mais pourquoi faire ? s’étonne-t-il.  Ben, c’est pour qu’on s'exclame tout content : “Eh ! j’ai vu la tête de mon médecin sur un blog “ et de s’en réjouir .


Dr Fleury en quelques mots :  un indépendant seul maître à bord, un hédoniste fin gourmet et surtout beaucoup d’empathie et comme il le dit si bien  avec une pointe d'humour : “Un homme qui aime Girardet  et le vélo ne peut pas  être complètement mauvais!”

 

19:13 Publié dans Genève | Tags : médecin, pâquis | Lien permanent | Commentaires (7)

02/03/2009

Melting Pot - De l’Ethiopie à la Bretagne

 

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Carrefour des goûts et des cultures,  creuset des populations, aux Pâquis, la tentation était grande d’appeler son restaurant  Melting Pot. Helena, la voyageuse, ne s'en est pas privée. Elle a repris un restaurant à la rue de la Navigation, l’a décoré de  petites lumières scintillantes un peu partout, de plantes vertes, de miroirs,  de bougies, un  sofa qui invite le voyageur au repos. Doux mélange de saveurs et de couleurs. Le regard  navigue surpris, étonné, interpellé, il s'accroche à une multitude d'objets empreints de poésie et de nostalgie. L’ambiance y est chaleureuse, la patronne dynamique et sympathique, elle a un  mot gentil pour tout le monde.

Helena , c’est un petit bout de femme qui vous ébouriffe la tête  en quelques minutes. Elle est pétillante, son resto, c’est elle tout entière, il est à son image, elle le couve du regard, le surveille. C’est son bébé et elle me propose cette  jolie métaphore, “comme une mère qui allaite, tu ne quittes pas ton enfant, jusqu’à ce qu’il ait suffisamment grandi.” Genevoise d’adoption, elle est née à Addis-Abeba en Ethiopie, a été élevée,  dès l’âge de huit, par sa grand-mère à Asmara en Erythrée. Puis, c’est la guerre, il faut s'enfuir, elle est emmenée au  Soudan, accueillie comme  réfugiée de guerre en Suisse. D’autres séjours après coup, à Milan puis à Chicago la forment et la transforment.

Touche à tout, elle a essayé assistante dentaire, assistante en pharmacie, infirmière, esthéticienne, vendeuse, décoratrice, interprète pour les réfugiés, son baluchon, à chaque nouvelle expérience, s'enrichit.  Enfin, la cuisine l’attire et la happe entièrement. Sa patente de cafetière-restauratrice en poche, Jean-François Schlemmer des Bastions “son idole, son mentor, celui qui lui a donné sa chance “  - note, note, insiste-t-elle - lui tend la perche. Il lui confie la responsabilité du kiosque des Bastions et c’est lui aussi qui lui offrira  la cuisinière pour son restaurant.  Contacts avec les fournisseurs,  gestions des équipes, elle apprend son métier sans perdre de vue qu’elle vise avant tout son indépendance  et espère se mettre à son compte.

Elle travaille chez des crêpiers à Genève, pas très satisfaite, qu'à cela ne tienne, elle part aussitôt en Bretagne apprendre le métier et en reviendra, très fière,  avec un certificat de crêpière. Elle avait d’abord pensé appeler son restaurant “passer composer” parce que chacun crée et imagine sa crêpe ou sa galette ingera, galette en farine de sarrasin qui se mange en Ethiopie et en Erythrée et que l’on garnit de viande et de légume à choix.

Pendant notre entretien, des personnes entrent, Helena les salue, leur sert un café torréfié maison, elle discute, offre généreusement le café, le thé à la citronnelle.  Elle revient s’asseoir en face de moi , toute souriante et je la regarde, reine au milieu de son restaurant ou princesse-nomade qui s’est arrêtée un moment  aux Pâquis, oasis où il fait bon se reposer, avant un autre grand départ pour de nouvelles aventures ?
Helena se résume en trois mots – Déterminée, va jusqu’au bout de ses rêves et adore les gens.

Pour en savoir plus
Melting pot
8, rue de la Navigation
Pâquis

http://www.resto-rang.ch/view_comment.cfm?restono=1552&canton=ge