30/03/2009

CESSONS DE MASSACRER NOS JEUNES !

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ILS SONT NOTRE FUTUR !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Samedi après-midi, deux jeunes éméchés sur un banc, ils se font un bottelon à deux, à coup de canettes de bière, ils noient leurs interrogations au fond d'un verre, leurs questions sans réponses, qui finissent par flotter tels ces cachets effervescents qui disparaîssent dans un magmas indéfinissabe, à la surface de l'eau. Les adultes ont de moins en moins de réponses à leur offrir, il est certain. Ils sont si jeunes. Je m'arrête,  sur un ton,  un tant soit peu maternel, je les interpelle.  Ensuite, assise à leurs côtés, j'engage la conversation, ils ont vraiment des choses à dire, ils les disent brefs, courts, avec leurs mots à eux, un vocabulaire qui leur appartient, une pointe d'angoisse au fond des yeux.  Et l'un et l'autre, racontent les démarches qu'ils entament pour  trouver leur job d'été. A l'école, ça va couci-couça, cahin-caha.Un,  avait pour habitude de pousser les chariots à l'aéroport en été, mais depuis plus d'un an,   l'aéroport n'engage plus de jeunes, la direction de l'aéroport a préféré les remplacer par des pièces de deux francs. Beaucoup plus rentable.

L'autre travaillait, il y a deux ans, pour la voirie dans le cadre des fêtes de Genève, mais là aussi, c'est délégué à une entreprise sous-traitante qui n'engage que très peu de jeunes. Alors, ils ne savent plus très bien. De toutes les façons, ils ne partiront pas en vacances, trop pauvres, les parents font des ménages. Ils erreront sans but durant tout l'été.

Voilà, c'est simple, la conclusion est cruelle, il y a  de moins en moins de jobs d'été, c'était la belle occasion de permettre aux jeunes de se frotter au monde du travail,  d'acquérir de l' expérience professionnelle, de développer un peu de savoir-faire et beaucoup de savoir-être. Des petits boulots qui faisaient office de prévention contre la violence, contre la vaine errance. On n'y pense plus aux jeunes, les places sont de plus en plus rares. Ce qui est devenu très important c'est de montrer surtout les chiffres glorieux de la Ville, du Canton.  Exhiber des chiffres, des bénéfices,  au détriment des jeunes qui ne savent plus très bien ce qu'on attend d'eux, on leur impose de plus en plus de formation pour moins de places formatrices, on exige plus en plus d'expérience professionnelle alors qu'on ne peut même plus leur proposer le moindre boulot ou du moins qu'on ne veut plus leur proposer. Les statistiques des hospitalisations en clinique psychiatrique  révèlent  des  patients de plus en plus jeunes. C'est un constat, les jeunes souffrent.

Alors, ils sont là, à boire, à revoir inlassablement leur CV sans plus savoir où l'envoyer, quelle déprime ! Je leur propose un coup de main, sans illusion, c'est très difficile. Qu'avons-nous fait pour les amener là ? L'aéroport devrait, du moins en été, offrir des jobs, ces fameux chariots à pousser qui ont fait des générations de bienheureux. Nous avons tous un jour ou l'autre, travailler dans une usine, un magasin, un aéroport en été. Les Fêtes de Genève devraient aussi leur offrir l'occasion de s'occuper durant les périodes festives où l'argent rentre à flot. La Ville, l'Etat, les Communes devraient s'organiser pour les proposer des boulots d'été par milliers et aux grandes entreprises de suivre le mouvement. Par exemple, Rolex n'engage pratiquement que des frontaliers, donc les enfants des frontaliers en été et en quantité réduite à sa plus simple expression.  La boucle est bouclée.

Pensons-y aux jeunes, ils sont notre futur. Leur champ de vision, en ces temps d'incertitude,  n'est qu'une série de points d'interrogation laissés sans réponses. Des points de suspension ad infinitum. Que les politiciens s'organisent, anticipent, prévoient les budgets en conséquence  au lieu de se targuer d'avoir fait des bénéfices sur le dos des gens! Attitude mortifère, favoriser la rentabilité contre la vie en devenir.

 

Un ancien billet qui reste d'actualité.

Chariots inhumains à l'aéroport

La lettre du jour | Pour rebondir sur le courrier du lecteur en lien avec les chariots payants de l'aéroport, j'aimerais ajouter que non seulement on rend la vie impossible aux usagers qui en arrivant en Suisse n'ont pas les deux francs pour le chariot, mais pire c'est un job d'été, voire un job tout court en moins pour les jeunes. Pousser les chariots à l'aéroport pour les jeunes en «retard d'éclosion», qui s'occupaient en attendant de mûrir ou pour le job alimentaire, était devenu une institution bien genevoise.


| 14.04.2008 | 00:01

Pour rebondir sur le courrier du lecteur en lien avec les chariots payants de l'aéroport, j'aimerais ajouter que non seulement on rend la vie impossible aux usagers qui en arrivant en Suisse n'ont pas les deux francs pour le chariot, mais pire c'est un job d'été, voire un job tout court en moins pour les jeunes.
Pousser les chariots à l'aéroport pour les jeunes en «retard d'éclosion», qui s'occupaient en attendant de mûrir ou pour le job alimentaire, était devenu une institution bien genevoise.
Ce sont encore et toujours les jeunes qui font les frais des petites économies misérables d'un technocrate qui pense avoir trouvé la solution pour réduire les frais. Economies de bout de ficelle, parce que les jeunes inoccupés en été auraient aussi pour quelques-uns tendance à faire des bêtises alors qu'ils ne demanderaient qu'à travailler.
Non aux chariots payants, non à la réduction des coûts au détriment de notre jeunesse.
Assez! Assez de cette politique sournoise qui ne tient plus compte des humains!

Djemâa Chraïti

( lors de la parution de ce courrier,   une erreur s'est glissée dans la signature  qui avait été attribuée par mégarde à quelqu'un d'autre)

 

Crédit photo Djemâa Chraïti

 

 

Commentaires

Concernant les chariots de l'aéroport de Genève, non seulement l'aéroport n'offre plus de travail aux jeunes en été mais encore, il vole les touristes. Le jeton acheté deux francs avec la carte de crédit pour avoir un chariot n'est ensuite pas remboursé. Un touriste a crié c'est du "racket"et il a bien raison. Donc, comme on ne vous rétrocède pas vos deux francs pour le jeton, il a laissé son chariot en plan sans le ramener après usage.

Écrit par : duda | 16/04/2009

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