14/03/2009

UN GRAND LEADER DE L’OPPOSITION TUNISIENNE AUX PÂQUIS

 

 

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Il y a des jours où c’est comme ça, on se dit que les grandes rencontres sont prédestinées. Mon interview sur le professeur de français, d'origine neuchâteloise,  de Lénine vient de s’achever. Je suis au feu rouge,  à l’angle de la rue de Berne, rue des Alpes, entrain d’attendre qu’il passe au vert. Sur ma droite, je reconnais un ami accompagné d’une grande figure de la classe politique tunisienne, leader de l’opposition, Dr Mustafa Ben Jaafar. Nous nous arrêtons quelques minutes, nous discutons, je regarde avec admiration cet homme militant de la première heure et engagé depuis toujours et qui sans relâche continue à défendre les vraies valeurs démocratiques.

Contrairement à certains qui font plus “allégeance au parti qu’opposition”. Dr Mustafa Ben Jaafar représente le  vrai parti d’opposition . Néo- destourien, issu d’une famille nationaliste, il s’engage très tôt dans le parti néo-destour qu’il quittera en 1970 pour un parti démocratique tunisien. Président du parti Forum Démocratique pour le travail et les libertés en Tunisie, il est membre de l'internationale socialiste.

Ce grand leader a été invité à donner conférences et interviews à Genève:  à la maison de quartier des Pâquis,  à Léman Bleu , au journal le Temps. De manière calme et posée, il retrace les années de Bourguiba et enchaîne sur celles de Ben Ali, il brosse un portrait de la situation économique politique et sociale de la Tunisie.

“On espérait une ouverture dès le 7 novembre 1987 avec l’arrivée au pouvoir  de Ben Ali, déception,  depuis lors il sert son parti et non  le peuple tunisien." Opposition bafouée, libertés fondamentales et  liberté d'expression entravées.  A s’exprimer si ouvertement risque-t-il pour sa vie demande Décaillet, Dr Ben Jaafar répond laconique : “Si je risque quelque chose, ce n’est pas mon affaire.”
Développement économique  contre liberté individuelle. L’Exception Tunisienne et son pluralisme de façade,  en réalité ni débat ni  liberté d’expression. On aurait espérer de vraies institutions démocratiques, mais la responsabilité du peuple est aussi de porter son choix
sur une élite dirigeante dont la culture serait ouverte au débat démocratique. Bâtir un avenir commun. Quant au soutien de l’Europe ? Parlons plutôt de compromission.


La situation du bassin minier de Gafsa en est pour preuve de ce  muselage de l’opinion, de la répression à l’encontre d’une population qui ne demande que du travail.  Syndicalistes emprisonnés, région bouclée, nul ne sort ou entre sans être contrôlé et interrogé, aucun journaliste étranger n’a été admis durant les manifestations de révolte. Silence ! On tue.
Tout commence le 5 janvier 2008,  dans cette région d’une pauvreté extrême, dont la seule infrastructure est une ligne ferroviaire servant au transport des phosphates, dont la Tunisie est le 4ème producteur mondial. Ce jour-là, des jeunes chômeurs diplômés en quête d’un emploi contestent la validité du concours d’embauche ouvert par la Compagnie des phosphates de Gafsa (CPG), principal employeur de la région. C’est le début d’un mouvement de protestation et de solidarité qui va en s’amplifiant de mois en mois, malgré la répression policière musclée et en dépit des vagues d’arrestations de manifestants et de dirigeants syndicaux. La révocation, au cours de l’été,  par le chef de l’Etat tunisien Ben Ali de plusieurs notables et son engagement d’améliorer la situation économique de la population du bassin minier de Gafsa, encore à l’état de promesses, ne suffisent pas à rétablir le calme.  

Mais tout le monde sait que cette région du Sud connaît depuis toujours une capacité de résistance sans précédent, elle est le foyer des grands mouvements de résistance avec pour modèle Lazhar Chraïti, entre autres, héros de la résistance nationale, lui-même ancien mineur dans les mines de phosphate.   La seule issue possible à cet important mouvement de contestation légitime sera le dialogue.

38 dirigeants syndicalistes sont condamnés jusqu’à 12 ans de prison pour “association de malfaiteurs.” On leur reproche de “ternir l’image de marque de la Tunisie de Ben Ali !”

Image que Ben Ali détériore à l'envi,  il s’en charge bien tout seul et peut largement compter sur ses proches qui y participent activement à entamer sa  réputation déjà bien fragile.  Corruption, vols,  souvenez-vous de l’affaire de yachts  volés par les neveux de l’épouse du président et dont l’ un des yachts appartenait à Bruno Roger patron de la banque d’affaire Lazard ami de Jaques Chirac et de Nicolas Sarkozy. Ben Ali ne semble plus être à même de répondre à l’urgence exprimée par la population de Gafsa minée par le chômage ainsi que celle du  pays tout entier. Il paraît tout aussi incapable de faire cesser le pillage, le chantage et les malversations de toutes sortes de son entourage proche qu’il finit lui-même par craindre. Ceci nous laisse songeurs, mais qui dirige donc la Tunisie, aujourd'hui, pour autant qu'on puisse appeler cela diriger  ?

Enfin, espérons que  les élections amèneront  le vrai changement, tant promis et toujours attendu,  et ce  mené par un vrai leader charismatique.

Dr Mustafa Ben Jaafar futur président de la Tunisie ? Son parti pense sérieusement à le présenter comme candidat, souhaitons-lui ainsi bonne chance contre celui qui remporte habituellement les élections à 99, 99% des voix, ce qui permet à certains qui ne manquent pas d'humour de  surnommer  Ben Ali, Ben à vie .

Djemâa Chraïti

(ci en-haut sur la photo)

Commentaires

Bravo Djemaa Chraiti pour cet article sur la tunisie et sur DR Ben Jaafar qui étais magnifique dans ses interventions et ses contactes avec les politiciens suisse et les médias Genevoise.T'as soulevé les problèmes de libertés et de démocratie en Tunisie.Il est temps que tout le monde doit dénoncer la répression dans ce pays merveilleux ou il y'a tout les ingrédients pour qu'il devient prospéré et démocratique.
Cette année d'élection doit être l'année du départ du dictateur ben Ali et sa famille mafieuse.
Nous aimerons que ce gouvernement dictatorial de Ben Ali nous donne des éclaircissement sur les dépouilles Des combattants et résistants pour la libérations de la Tunisie dont Lazhar Chraiti ,Hédi Gafsi et ses compagnons.Aujourd'hui nous voulons la vérité et la reconnaissance de ces leaders .

Écrit par : Jalel Matri | 15/03/2009

Bonjour Mme Jemaa,

Je vous remercie de votre mot concerne la Tunisie, j'espère que la Tunisie soit démocrate un jour sans le dictateur Général Ben Ali. J’espère que justice soit fete pour tous et parmi le défunt Combattent et résistent votre père Lazhar Chraiti dont vous devez être fière et Hedi Gafsi c’est eux qui vont rester dans l’histoire mais les dictateur Ben Ali et Bourguiba resteront dans la poubelle de l’histoire comme des criminels, comme je suis de Gafsa je connaît que votre père était assassine depuis que j'étais gamin (ça fait 30 ans je vit a Genève). Et j ai lu le site http://www.lazharchraiti.org/,je suit en détail La situation du bassin minier de Gafsa, j'espère que justice soit faite aussi pour mes trois frères SAIDI Ali, Amor, Habib assassine en périodes de 8 mois a Gafsa (Le défunt SAIDI Ali était président de la ligue des droit de l h'homme a Paris) par le général dictateur Ben Ali en 2002, moi je rentre plus en Tunisie depuis car j ai fait bouger la presse suisse française et américaine.
Site défunt SAIDI Ali : http://alisaidi.jimdo.com/
Autrement je vous souhaite une heureuse Vie, que dieu sauve notre cher pays.
Votre compatriote SAIDI Ali Junior, mail asaidi80@yahoo.fr, je suis un ami de jalel Matri et M. Gafsa frère du défunt Hedi Gafsi qui vit a Genève.et le neveu du defunt Ben Youssef qui vit a Geneve (defunt Ben Youssef assasine par Bourguiba)

Écrit par : SAIDI | 16/03/2009

Le bassin minier de Gafsa touche une population lourdement frappée par le chômage (30%) les militants qui ne demandaient qu’à pouvoir travailler dignement se sont retrouvés pour la plupart emprisonnés et torturés. Familles menacées. Un procès arbitraire a autorisé des peines disproportionnées, 38 syndicalistes condamnés. Avec l’affaire de Gafsa, le régime de Ben Ali a démontré son incapacité flagrante à gérer les problèmes du pays, hormis la répression, la violence, le bouclage de la ville ainsi que celle de Redaief.
Le monde entier observe avec surprise l’incapacité du régime à gérer des situations dramatiques engendrées par le laxisme et la corruption de ses dirigeants.

Pendant ce temps, une partie des proches du président planquent leur fortune à Malte, , l’argent extorqué aux Tunisiens.
ils se sont assurés des passeports maltais et préparent leur départ précipité si le vent devait tourner en leur défaveur.
A l’avenir on parlera des sanguines malto-tunisiennes, ces oranges à la couleur sang qui auront le goût du peuple assassiné.
Mais qu’ils ne se fassent pas d’illusions l’argent volé reviendra dans les caisses du pays. Nul n'est plus à l'abri, nulle part.

Écrit par : abdel | 16/03/2009

Ben Jaafar, éternel opposant, défie Ben Ali à la présidence
Le secrétaire général du Forum démocratique pour le travail et les libertés est candidat à la succession du chef d’Etat Zine el-Abidine Ben Ali fin 2009.


Il a cet air affable et rassurant que l’on souhaite aux médecins de famille, les traits ronds et le regard doux, l’attention courtoise. Mustapha Ben Jaafar est bien docteur, ancien chef du service de radiologie de l’hôpital universitaire de Tunis, professeur à la faculté de médecine. Mais il peut aussi se montrer féroce. Depuis plus de trente ans, l’homme anime la scène de l’opposition politique tunisienne, après avoir fréquenté le Néo-Destour de Bourguiba dans les années 1960.

Initiateur de la Ligue locale des droits de l’homme en 1977, membre fondateur du mouvement des démocrates socialistes en 1978 et du Conseil national des libertés en Tunisie en 1998, secrétaire général du Forum démocratique pour le travail et les libertés (FDTL) – qu’il a lancé en 1994, Mustapha Ben Jaafar est incontournable. Il pourrait, cette année, se présenter à l’élection présidentielle, si le pouvoir valide sa candidature.

«Nous savons bien que les dés sont pipés. L’opposition est totalement paralysée, on nous enlève les plâtres 15 jours par année pour faire bonne figure et on nous les remet après les scrutins. Nous espérons cependant, qu’à force de pressions, le régime sera poussé à davantage d’ouverture. 2009, qui verra se dérouler des législatives et des présidentielles, pourrait marquer un tournant.»


Fondé il y a quinze ans, le FDTL n’a été légalisé qu’en 2002. Il tente d’exister, depuis, malgré le cloisonnement imposé par les autorités; difficulté d’accéder à la sphère publique, site internet invisible dans le pays, entraves aux réunions et à la diffusion de l’hebdomadaire Mouatinoun, dirigé par Ben Jaafar… «On ne nous empêche pas de le rédiger – au contraire, il sert de caution à la propagande démocratique du régime – mais au lieu de pouvoir distribuer nos 3000 exemplaires, on ne nous en laisse que 500. Le pouvoir a tout fait pour constituer un décor pluraliste. Il a légalisé notre parti en espérant que nous jouerions le jeu, que nous deviendrons plus conciliants contre un accès au Parlement et un financement publique. Beaucoup sont rentrés dans ce système, pas nous.»
Mustapha Ben Jaafar déplore l’indulgence de la communauté internationale, trop prompte à se contenter d’une démocratie de façade, d’élections truquées mais régulières, de faux opposants et d’ONG inféodées. «La question migratoire est au cœur de ces rapports. La Tunisie assure le rôle de gendarme pour préserver les rives occidentales de la Méditerranée d’un flux menaçant de clandestins. En échange, on lui fiche la paix.»

Le militant, lui, prône le développement d’une «démocratie préventive». «La politique actuelle fait le lit de l’extrémisme. Au lieu d’intervenir en pompier, lorsque le feu est déclaré, la communauté internationale pourrait prendre la Tunisie comme un laboratoire, elle qui s’inquiète de l’évolution du monde arabo-musulman et voit des talibans partout. Nous avons un vrai potentiel: une société homogène, une seule langue, aucune division ethnique, des filles qui vont à l’école, une tradition syndicaliste…»

A 68 ans et plus de trois décennies de lutte derrière lui, le père de famille refuse de perdre espoir, malgré deux dictatures côtoyées. «Dans les années 1940-1950, alors que j’étais encore en culottes courtes, personne ne croyait à l’indépendance du pays. Et pourtant les gens se battaient.»

source Le Temps Caroline Stevan

Écrit par : abdel | 16/03/2009

tel pere tel fils

Écrit par : bravo chraiti | 15/09/2009

Madame, Monsieur,

Je crois en l'équilibre Politique, mi-socialiste, mi-Islamiste, l'honnéteté du pauvre face à la cupidité de la mafia, dans le dernier livre sur Leila Trabelsi que je trouve très belle, je ne vois absolument rien à faire remarquer si ce n'est que je LUI ait donner 20 euros, et le serpent se mange la queue, je l'enverrai avec mes commentaires, blablas et pâquerettes, CREER UNE OPPOSITION pour se garentir une légitimité, A LA CAN, je constate que la pelouse est HAUTE au Palais mais bien tondue pour le footballeur Dragi....

Écrit par : STAINIER | 20/01/2010

bonjour jeema je suis fiére de voir que sidi Lazhar n'est pas éteint méme aprés 48ans les gens parle de lui et le prénnent comme exemple a suivre . Avoir le méme sang que Lazhar nous oblige et motive pour dire non a l'injustice ces dernier jour a sidi bouzid( une ville pas loin de gafsa ) a eu des manifs et des meurtres ;des jeunes chomeurs manifestés leurs rale bol et la police en face a tiré a balla réel mais l'info est nul par sauf sur le net. Bravo a tout ceus qui ferme pas les yeux la tunisie est a nous les citoyens .

Écrit par : chraiti aida | 27/12/2010

bonjour jeema je suis fiére de voir que sidi Lazhar n'est pas éteint méme aprés 48ans les gens parle de lui et le prénnent comme exemple a suivre . Avoir le méme sang que Lazhar nous oblige et motive pour dire non a l'injustice ces dernier jour a sidi bouzid( une ville pas loin de gafsa ) a eu des manifs et des meurtres ;des jeunes chomeurs manifestés leurs rale bol et la police en face a tiré a balla réel mais l'info est nul par sauf sur le net. Bravo a tout ceus qui ferme pas les yeux la tunisie est a nous les citoyens .

Écrit par : chraiti aida | 27/12/2010

Qui a cru ce jour-là qu'il deviendrait Ministre de la Santé ? comme la vie est curieuse.

Écrit par : curieux | 18/01/2011

Bravo pour cet article, petite Bédouine ;-)
Heureux pour toi et que ton père soit enfin reconnu comme victime de cette dictature post-coloniale. Tel père, telle fille!

Écrit par : Moi | 21/02/2011

"Ben Ali ne semble plus être à même de répondre à l’urgence exprimée par la population"

Il était trop occupé à remplir ses coffres-forts, à meubler et tapisser sa résidence (la Commission va "visiter" les autres résidences) de milliers de liasses de billets de banque (euros, dollars, etc..) des bouteilles de vins millésimées et de bijoux d'une valeur inestimable. Des milliards....!!!!! (vu sur les chaînes Itélé et BFM TV!

Hallucinant!!!!!!

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Djemâa, votre âme se reflète sur votre visage et vous rend doublement belle!

Écrit par : Patoucha | 21/02/2011

"votre "belle" âme se....

Écrit par : Patoucha | 21/02/2011

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