26/01/2009

Faut pas couper les cheveux en quatre !

 

 

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Salon José à la rue de Fribourg, Monsieur José Gilarranz m’attend patiemment en faisant des mots croisés, le journal posé bien ouvert devant lui. Il ôte ses lunettes et me salue. Deux chaises de coiffeur en cuir, un salon lumineux qui donne sur la rue.

Originaire d’Espagne, de Segovia dans la région de Castilla y Leon, il décida de quitter l’Espagne de Franco,  trop dictatorial à son goût, bien qu’il n’ait eu aucun problème particulier.  Lui, s’estimait un homme libre qui n’avait aucune raison de subir ce régime qui ne lui convenait pas.

Donc direction Suisse- Arrivé à Genève, il a des amis au bar Don Quichote à la rue de Berne, après une semaine, ils  lui trouvent un emploi de coiffeur déjà expérimenté à la rue du Stand.
Des fourreurs tenant boutique à côté du salon de coiffure décident de s’étendre et l’achètent. Il perd son emploi.

José , toujours aussi libre opte,  cette fois-ci,  pour se mettre à son compte. Il devient son propre patron à la rue de Fribourg et appose sa belle enseigne blanche ronde, au-dessus de la vitrine et sur laquelle on peut lire : Salon José - c’était en 1965.

Le Français, il l’a appris aux cours du soir de l’Ecole Club Migros. Les Pâquis, c’est son quartier, il y a sa clientèle fidèle depuis plus de 40 ans, composée à 60% d’Espagnols.

Des problèmes dans le quartier ? Pas tant que ça, une fois le personnel du restaurant El Ruedo l’a appelé le soir pour lui annoncer que sa vitrine venait d’être fracassée. Il arrive en courant, une bagarre qui s’est mal terminée et un des deux protagonistes finit sa course, projeté dans la vitrine. Ce n’était pas intentionnel,  insiste-t-il, que voulez-vous voler chez moi ? Des chaises de coiffeur, des peignes  ? – Il hausse les épaules.

Genève c’est ma ville, j’y resterai même après ma retraite, c’est mon pays, un pays cinq étoiles. Lorsque vous êtes au sommet du Salève et que vous voyez la rade scintiller de milliers de lumières , ah ! c’est la plus belle ville du monde. Vous êtes pas d’accord ? C’est unique !

Un client rentre et s’installe dans la chaise de coiffeur. Je demande à prendre une photo tandis que le coiffeur de ses mains expertes fait courir  ciseaux et peigne à toute vitesse. Je m’adresse au client :
- Monsieur, ça ne vous dérange que je photographie Monsieur José entrain de vous coiffer. Sur la photo, on y verra que votre nuque.
- Allez-y, faites seulement, c’est ce qu’il y a de plus beau chez moi. Eclat de rire.

- Monsieur José, quand vous disiez être un homme libre vous entendiez quoi par là, au juste ?

-Faut pas couper les cheveux en quatre, hein  ! Le mot, il faut le prendre comme il vient tout entier.
Un homme libre, c’est un homme qui fait ce qu’il veut dans sa vie et de sa vie, sans pression de nulle part.

Quelqu’un de libre quoi, quelqu’un comme moi !

20:01 Publié dans Genève | Tags : coiffeur, espagnol, pâquis | Lien permanent | Commentaires (3)

Commentaires

Oooooooouuuuuuhhhhhhh..... Moi qui aime parfois couper les cheveux en quatre... Mais vous savez, un coiffeur, au bout de 3 fois il ne fait plus ce que vous demandez... Je ne suis pas un numéro, je suis un homme libre, et je change de coiffeur régulièrement!...

(:o)

(Raaaahhh, vos cheveux en pétard... n'allez quand-même pas faire une mise en plis, non mais, ça ne va pas du tout, mais alors pas du tout avec les collant qui filent!)

Écrit par : hommelibre | 26/01/2009

Décidément j'aime beaucoup ce blog sur les Pâquis.
Moi j'vais chez le sarde M. Canu au bout de ma rue de Berne me faire couper les cheveux....tiens à propos j'y vais demain.
p.losio
habitant des Pâquis
député

Écrit par : pierre losio | 27/01/2009

@losio- alors il ne reste plus qu'à se rencontrer ! Voici mon mail pour fixer un rdv - jetdo@infomaniak.ch

Écrit par : jetdo | 27/01/2009

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