23/01/2009

Libre circulation - Dessine moi un Rrom !

 

 

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Mais qui sont donc ces Rroms qui hantent Genève et qui font couler tant d’encre ? Les représentants de Mesemrom sous l’autorité de Dina Bazarbachi (photo) et Doris Leuenberger étaient là, hier, réunis dans la salle du Temple des Pâquis ,  pour décrire ces mendiants et musiciens venus pour la plupart de Aïud, préfecture d’Alba Iulia en Roumanie. Ils viennent d’être renvoyés de Genève, il y a quelques jours seulement, 27 d’entre eux dont 15 hommes, 7 femmes et quatre enfants avec une interdiction d’entrer en Suisse pour  deux ans .

Contrairement aux discours xénophobes, il n’y a pas eu d’augmentation massive d’arrivée de mendiants depuis 2004 selon les dernière statistiques de la police et comparées aux précédentes. Malgré la crainte de l’appel d’air, plus on les aide plus ils viendront est fausse, il y a auto-régulation de cette communauté.

Contrairement à ce qu’on tente de vous faire coire, il n’y a pas de réseau mafieux. S'ils étaient voleurs, ils ne mendieraient pas. Ce sont des mendiants qui tendent le gobelet en espérant une vie meilleure chez eux, une vie digne et décente. Leur objectif est de s’offrir ces conditions de vie. Actuellement, à Aïud, ils dorment tous dans une seule pièce, tirent l’eau du puits, évoluent  dans des conditions de précarité extrêmes. Avec  l’argent récolté, ils espèrent se construire peu à peu une maison digne de porter ce nom et de pouvoir nourrir leurs enfants décemment.

Il est intéressant de constater qu’ils nous étonnent, qu’ils nous surprennent mais nous autant qu’eux. Ils ont même parfois peur de notre attitude hargneuse, chargée de rancoeur, de rage, ils ne comprennent pas forcément notre  haine . Pourquoi eux tous sont renvoyés et pas les autres mendiants, eux tous paient une amende et pas les autres ? On les déclare sans adresse sur le procès-verbal des amendes , alors qu’ils en ont une à Aïud clairement écrite  et identifiable sur leur document d’identité.

Et puis toutes les prestations qui leur sont refusées en plein coeur de l’hiver, ils n’ont pas droit aux abris et sont chassés de sous les ponts au milieu de la nuit , du coup ils vont se réfugier,  éparpillés,  dans les parcs genevois, au nom de la fameuse crainte d'appel d'air.   Par là-même le canton déroge à toute les lois d’aide d’urgence en faveur des plus démunis. Deux poids, deux mesures. Une discrimination bien réelle alors  que la Ville a  ratifié la " Charte Européenne des droits de l’homme dans la Ville".

Autre projet commun et qui mérite notre attention est celui de la construction de bains publics à Aïud pour les Rroms et pour les Roumains qui vivent aussi dans des conditions précaires. Un projet qui coûte 100’000 francs et pour lequel l’association Mesemrom cherche des fonds.
Pour plus de détails sur ce projet

http://www.mesemrom.org/projets.html


Il est important de souligner aussi que la Roumanie s'est engagée dans des programmes d'aide importants et qui s'étaleront sur des années. Etonnamment, aucun de ceux qui poussent des cris  d’effraie n’étaient présents à cette rencontre de découverte des autres, enfin savoir qui  sont ces Rroms et pourquoi ils nous font tant peur, s'offrir enfin l'occasion de casser des clichés bien ancrés.

On leur en veut surtout de nous montrer la misère là sous nos yeux, nous qui sommes si riches, si pleins, si tant de tout !!

 

09:35 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (0)

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