10/12/2008

Pâquis - So jazzy !

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Georges Romanovitch ? 6’000 morceaux de musique, vingt langues chantées dont le swahili, accompagnateur de Brel, de Piaf, Grappelli, Enrico Macias.

Il vous salue d’un baisemain comme peu savent encore le faire, les lèvres n’effleurent pas la main. Elégant dans son costume sombre, une pochette en soie rouge déborde discrète mais bien présente. C’est l’élégance d’autrefois, la patrie de cet artiste né dans une famille de musiciens c'est la terre tout entière. Sa mère était organiste, son père pianiste, sa soeur musicienne et comédienne.

De ses parents nés tous deux à Kiev, Georges garde de sa langue maternelle un “r” qui roule délicieusement au fond de la gorge, puis la deuxième langue anglaise qui mâtine magnifiquement son accent.

Licencié en philosophie, deux années de médecine, toujours avec une partition sous le bras, lui-même est né à Monte-Carlo. De formation musicale classique, il se frottera aux plus grands joueurs de jazz américains. Les plus grandes capitales n’ont plus aucun secret pour lui, tour à tour chef d’orchestre, accompagnateur de Brel. Il vous décrit l’homme comme exigeant aimant son public au point de travailler ses chansons durant trois mois avant la représentation, les répétant des milliers de fois. D’une érudition époustouflante, écorché vif et qui malgré tout s’intéressait tant aux autres. Sa passion du public consistait à lui offrir la perfection. Georges insiste il n’a jamais de sa vie rencontré un homme plus merveilleux que lui.

Georges a aussi tourné dans des films avec Tino Rossi – Naples au baiser de feu – La Belle Meunière de Pagnol toujours avec Tino Rossi et Jacqueline Pagnol.

Un soir, Georges boit un verre au Gabs aux Pâquis, il y rencontre le propriétaire, pianiste de génie qui a joué dans les plus grandes salles telles que Carnégie Hall à New Yord, Palais des Beaux-Arts à Bruxelles, il propose à Georges de venir jouer dans son lounge deux fois par semaine.

Durant l’interview, il se lève et vous chante “Ne me quitte pas “ de Brel puis une chanson d’Aznavour “Les deux guitares” - "Jouez tziganes, jouez pour moi avec plus de flammes !" Il enchaîne avec Gelem, gelem chantée en langue romani, puis une chanson en swahili pour des hôtes africains qui attablés n’en reviennent pas d’entendre cet homme chanter dans leur langue. Russe, hongrois, suédois, le monde défile en chansons.

Ses doigts agiles pour cet homme de 80 ans courent sur les touches, alertes. Une photo en noir et blanc de Coltrane derrière lui.

Georges pourriez-vous vous définir en trois mots : quelques secondes de réflexion puis la réponse fuse directe sans hésitation : Spiritualité, Amour , Musique.

J’aime l’humanité ! Et il ne fait pas semblant, il invite quelqu’un au fond de la salle à chanter et chante avec tout en jouant du piano.

Pour écouter Georges Romanovitch tous les lundi et mardi soir chez Gabs – 12 rue de Zürich

22:56 Publié dans Genève | Tags : jazz, pâquis | Lien permanent | Commentaires (0)

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