03/12/2008

ON A TIRE UN COUP DE FEU A LA RUE DE ZURICH !

 

Elle était là digne, droite et fière dans les premières lueurs grises de l'aube, témoin silencieuse de la rue de Zürich quant un passant aviné sans raison aucune lui tira dessus. Il l'a visa longuement, voyant trouble,  tout éméché qu'il était , pourtant  il la toucha de plein fouet, en plein milieu, le coup résonna dans la rue déserte, un son  lugubre resta suspendu quelques secondes dans l'air.

Un geste gratuit, sans raison, inexplicable, elle ne faisait même pas de bruit. Un de ces gestes insensés dont la littérature raffole et qui sème le trouble. L'acte gratuit qui échappe à toute logique humaine  !

Les passants bien que rares marchaient sans s'arrêter, ils se firent complices de cet acte de violence fou, juste un regard pour la victime, un haussement d'épaules de gens résignés face au destin.

La police arrivée sur les lieux n'y comprenait rien, pourquoi elle ? Si discrète, si muette, si insignifiante et qui ne dérangeait personne. Elle était là, observait les allées et venues des gens, voyait sous ses yeux la petite vie pâquisarde défiler avec tout son cortège de petits et grands malheurs, de rencontres brèves, de courses-poursuites entre volés et voleurs, de deal rapide, de femmes cueillies sur le trottoir.

 

Mais elle, discrète jusqu'au bout n'aurait jamais pipé mot à quiconque, silencieuse comme une tombe, elle ne jugeait pas, elle se contentait d'observer le monde si dérisoire parfois.

 

Quelle folie de la part de ce forcené de  la prendre pour cible ? 

(suite prochainement) 

 

15:50 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (1)

Commentaires

Cela fait trois fois que je lis votre récit. J'en suis très émue.
Si je peux faire quelque chose pour cette femme, dites-le moi!

A bientôt pur la suite...

Écrit par : Salomé | 03/12/2008

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