24/03/2013
La marelle plurielle
Aux Bains des Pâquis- Des migrants qui passent d’une case à l’autre jusqu’au sommet d’une pyramide dessinée pour retracer le parcours d’intégration après avoir séduit un juge par des réponses appropriées teintées d’humour ; un jeu a priori sympathique dans le cadre de la semaine contre le racisme, le tout dans une bonne ambiance.
La réalité est moins amusante, ceux que je connais installés en Suisse et Suisses depuis plusieurs années, diplômés se désintègrent depuis quelque temps, ce n’est plus un jeu de paume, mais de paumés. De stage en stage, de promesses en désillusions, puis des anti-dépresseurs pour faire croire que la vie est encore un peu rose. Le parcours du Suisse d’origine migrante qui n’a pas la bonne couleur de peau et le nom comme il faut, devient le jeu où on tourne en rond dans l’aquarium, inlassablement. Autre exemple, Maria réfugiée politique parlant parfaitement le français et diplômée, a un Permis F depuis 7 ans, trouver un travail lui permettrait d'obtenir un Permis B, mais pas de chance de le trouver avec un permis précaire. Conclusion, retour au start avec un peu de Prozac. C'est le jeu du dindon de la farce !


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27/01/2013
Une minute pour la paix
En gare de Cornavin ce matin, une manifestation est interrompue par les agents de sécurité, une minute de méditation pour le monde, contre la guerre, la torture, les petites filles violées en Inde, les réfugiés jetés sur les routes de l'exil, les révolutions larvées, les bombes qui explosent et détruisent des vies.
Mais cette minute n'est pas autorisée, une minute de méditation qui fait trembler les hommes en uniforme. Parce que si on mettait fin à la guerre, beaucoup se retrouverait sans emploi, la mort est un marché immense, des armes qui se vendent, des tractations par milliards, des négociations dans les couloirs feutrés des grandes organisations. La guerre fait circuler plus d'argent que la paix. Et si vous donniez aussi votre minute à la paix, respirez profondément, imaginez un monde où nous serions tous frères.......Un moment sublime de paix, juste un instant, une minute pour rêver d'un monde meilleur.
Manifestation pour la paix organisée par www.rael.org



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29/11/2012
Sghayr Ouled Ahmed - le lucide poète tunisien qui survit comme un coquelicot
Aux Pâquis, attablés avec le poète tunisien Mohamed Sghayr Ouled Ahmed, originaire de Sidi Bouzid, et de passage à Genève avant de continuer vers Paris; nous apprécions l'homme qui se définit comme un poète lucide qui survit comme un coquelicot et écrit avec ses orteils qui entrent, pénètrent cette terre tunisienne hantée. Selon lui, ce qui n’est pas essentiel n’est pas existentiel.
Agressé par les Salafistes, il a pu goûter à leur grande culture comme il le précise dans son facebook, et de les narguer : la femme tunisienne complémentaire ? Vous plaisantez, elle est une femme et demi rétorque-t-il.
Agitateur de bienpensance, il compare le gouvernement tunisien à un zoo, et il nous imite les aboiements du chien puis le jappement du chacal tout ça en plein bistrot pâquisard « America » de la rue de Fribourg.
Un homme frêle au visage émacié, mais sa force est bien là , dans son verbe tout entier. Tout ce qu’il nous faut faire en attendant la Révolution économique, sociale et culturelle, c’est de l’humour, une résistance qui s’ébroue légère en pleine boue.
"A chaque saison, la révolution rouge pousse
Je ne perdrai rien, excepté ce régime et sa compagnie
Mais si j’étais vivant j’aurais brûlé tout le Ministère
Afin d’éclairer votre révolution…………………
…………………………………………………..
Obscurité Au Royaume d’Arabie Saoudite
Le Commandement Poétique de la Révolution Tunisienne
Mardi 6- Samedi 17 décembre, année de la Révolution 2011.
D’une existence sans aucune vie
D’une révolution au goût de trahison
D’un pays à vendre…aux enchères
Tristes…
Ce texte n’est pas une invitation à une cérémonie de lamentations, pas plus qu’il ne convie à un banquet geignard et larmoyant. Non, le mort n’est pas encore mort. Il agonise, environné du concert de ses prédécesseurs et ses successeurs. Ses yeux scrutent encore le vide, le vide qui regorge de ces personnes condoléantes venues prendre part à la douleur : ceux-là dont l’arrivée a précédé le cortège d’Asraël de trois minutes, quatorze riyals et soixante centimes.
C’est le dernier texte à s’écrire lui-même, sans que n’interviennent les doigts de l’écrivain qui ont été rongés par des souris grises, au vu des passants, dans la rue parallèle à l’avenue qui coupe l’artère principale.
pousseront…
Au commencement, le silex pyromaque éclaira la nuit des hommes nés sans langage et sans cimetières. Entre-temps, le Seigneur dictait ses trois Livres à trois hommes instruits, issus des déserts du Moyen Orient et n’étant pas moins informés que Miguel de Cervantès qui, plus tard, désignera Don Quichotte comme fondateur du roman occidental…Finalement, originaire d’un pays d’Afrique, un jeune homme sans nom décida d’en avoir un de lumineux et de flamboyant. Alors, il s’enflamma lui-même…par lui-même, puis enflamma les pays arabes dans leur totalité…Et le voilà qui dort dans l’une des contrées rurales de Sidi Bouzid, le voilà qui dort du sommeil du spectateur contemplant son propre incendie métamorphosé en astre terrestre à la lumière éclatante parmi les planètes du système solaire, et peut-être bien lunaire.
Il n’est aucun doute, pour fermer par là même ce livre des souvenirs, que les poèmes de grande qualité ont montré aux humains itinérants les voies de leur salut. Mais ceux-là ont préféré la difficulté de les apprendre à la facilité d’avoir foi en leurs significations et de révéler leurs figures de sens.
Profuse comme la liberté, creuse comme la flûte de Tagore, la poésie incitait les esclaves à briser leurs chaînes, et faisait des nids d’oiseaux dans les nuées qui dansaient sur ce qui restait des branches du ciel.
les herbes…
C’est dès lors qu’il commence à mourir que, dans cette cérémonie des condoléances, le mort doit diriger l’orchestre. Il doit le diriger muni des restes de son souffle et des lambeaux de son âme. Les violons doivent lui trouver les notes élevées à la dignité des pleurs. Quant à la scène, elle doit être aussi sombre et vaste qu’un champ occupé par des armées de criquets.
Les dernières nouvelles du monsieur qui va mourir annoncent que la confession de foi est prête pour être les derniers mots à prononcer, et que quelqu’un a fait fondre le feuillet de ses vocables dans une potion magique, puis l’a introduit dans la bouche de ce vivant en sursis…Ce vivant sans existence (sans âge ?)…Ce vivant qui « a voulu vivre » dans la vie mais n’a pu vivre que dans le poème.
sur les bords…
A l’époque de l’ingratitude pétro-dollarienne / A l’époque du capital mobilisé et bouillonnant/ A l’époque postérieure à la peste religieuse/ A l’époque antérieure à la raison située dans le cerveau / A l’époque de l’électronique dévergondée et de la croyance portant le voile / A l’époque des turbans pactisant avec les crânes des philosophes / A l’époque des savants razziant la bonté des illettrés / A l’époque où l’on délivre le permis de citoyenneté proportionnellement à l’étendue des zones couvertes de la tête, du visage et des mains…il est difficile de faire échouer une révolution qui se déclare et il est facile d’acheter, au grand jour, tout un pays exposé aux enchères.
Ainsi, le seul choix qui reste devant le peuple soucieux de protéger sa révolution est bien de vérifier d’abord si son pays est encore réellement dans son pays ? Ou peut-être que les renards et les ogres l’ont enlevé avant l’appel à la prière de l’aube, puis se sont esquivés l’entraînant vers un gîte lointain situé au bord de la mer d’Arabie, là où l’argent viole la dignité, là où la famille reçoit la patrie pour trois jours, ni plus ni moins.
de ta tombe…
Dans sa vie autant que dans sa révolution, le peuple trahi ne peut qu’être interpellé, apostrophé à la deuxième personne et en direct :
1- Comment à-t-il été possible à un seul prophète d’accaparer ton cœur et ta raison sans qu’il n’ait fixé une date précise à la Résurrection…et sans qu’il n’ait été capable de te protéger des déviations de ta foi en ce qu’il lui a été révélé comme métaphores ?
2- Comment un seul homme, de petite taille et aux yeux bleus, a-t-il réussi à t’emprunter à vie de la vie ?
3- Comment un mari sans culture et sans morale s’est-il permis de ravir, sous tes yeux, ton pain quotidien et ton intelligence ?
4- Comment, pendant les élections de l’Assemblée Nationale Constituante, as-tu laissé ton voisin vendre sa voix au vil prix d’une bottelette de céleri et d’un kilogramme de poulet égorgé à la manière islamique ?
5- Comment t’es-tu révolté contre un état pour en produire un de semblable ou de pire, avant même qu’une année ne se soit écoulée d’après le compte des compteurs ?
6- A qui vas-tu te plaindre désormais, toi qui, sans t’en rendre compte, as participé au traçage d’une ligne de vol direct et à la verticale entre Allah, Muhammad Ibn Abdillah, les puits du pétrole, Washington, le parti de l’Ayatollah, ses alliés et son premier ministre à l’Assemblée du Bardo ?
Une existence sans aucune vie
Une révolution au goût de céleri
Un pays à vendre aux enchères !
peuplée…
Mis à mort, tu le seras dans ton pays spolié. Tu mourras, ô poète, qui n’as d’autre compagnon que le corbeau…Et tristes pousseront les herbes sur les bords de ta tombe peuplée de grands sinistres. L’oiseau s’est envolé d’entre tes paumes, toi qui lui as donné refuge, craignant pour lui de tomber sous les serres des rapaces. Ne pleure pas…Erre comme un bouffon dans les méandres du mirage. Et si tu es appelé, que ce soit par ton nom ou par le nom de quelqu’un d’autre, ne te tourne pas, ne laisse ton ombre s’adresser à personne… Evapore-toi comme la pluie des sebkas.
Lorsque tu deviendras une nuée au-delà de la gravitation, tends les échelles de la mélancolie jusqu’aux herbes et aux chenilles. Là, prendra forme pour toi une deuxième terre habitée par un peuple d’être fantomatiques, dont on ne volera la révolution que si le ciel lui-même est volé.
de grands sinistres…
Il est au ciel assez de mythes et de jouissances, assez de légendes et de miracles pour faire diversion et nous détourner ici de notre combat ultime : sur cette terre qui se dérobe sous nos pieds vers une morale d’une autre époque, on clone le suivant à partir des cellules du précédent, comme si le temps était un péché majeur…comme si la vie elle-même ne faisait que regretter le péché de la naissance…et comme si la naissance elle-même n’était qu’une souillure sexuelle qui ne saurait être pardonnée aux femmes enceintes !
Ah, si seulement j’étais Zorba !
Triste…Triste
C’était un pays vaste, que dirigeaient les vivants, le tambour et le bâton. Le voilà transformé en un pays exigu, que gèrent les morts, la peur et les obsessions. S’il n’y avait toujours quelqu’un pour dire : « Non », aussi bien par sa langue que par son corps, qui s’emploie à ce que ses « non » soient investis concrètement dans les valeurs de la liberté et dans les conditions conjointes qui réclament les vertus de l’humanisme…le dernier des muezzins tomberait du haut du dernier minaret et il serait soufflé dans le Cor pour annoncer la Résurrection, évitant ainsi de nombreuses chausse-trapes tyranniques et de multiples impostures ségrégationnistes que, pourtant, on a commencé à décréter, dès le premier jour des travaux de l’Assemblée Idolâtre Sanctifiante !
Traduction : NEBIL RADHOUANE
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09/11/2012
LE PORTE-MONNAIE ÉGARÉ
La vie est toujours un peu mystérieuse avec les gens distraits, il leur arrive bien souvent des aventures comme celle que je vais vous conter.
En achetant, il y a quelques jours, de nombreux croissants livrés dans un carton très large; les deux mains occupées à réceptionner le tout, j’oubliai mon porte-monnaie sur le petit rebord en bois posé devant la caisse de la boulangerie . Propriétaire, d’un large sac dans lequel je farfouille, plusieurs fois par jour, en brassant au fond dans un cliquetis de choses accumulées, pour en extraire de l’argent, au risque d’y croiser un crocodile; ou quelque autre animal étrange, entre les bouts de ficelle, les jolis cailloux, mon petit bout de météorite Campo del Cielo, datant de 1576 en provenance d’Argentine, je ne m’aperçus guère de la perte de mon porte-monnaie et cela durant deux jours.
Un coup de fil, au bureau, au bout duquel une voix sympathique que je reconnus aussitôt pour être celle d’un gérant de restaurant et que j’accueillis avec joie espérant qu’il m’annonçait vouloir, enfin, engager un jeune en formation. Réponse positive, d’un éventuel contrat de formation, et fruit de longues heures de palabres durant lesquelles je lui jouais du violon sur la nécessité absolue de « s’investir pour le futur », me déclara, à ma grande surprise, que quelqu’un ayant trouvé sa carte de visite l’appela pour savoir s’il connaissait la détentrice du porte-monnaie, c’est-à-dire, moi ! Il lui laissa donc son numéro afin que je le contacte.
Un numéro de portable français que je composai aussitôt. Une voix d’homme grave me raconta avoir trouvé ledit objet dans les toilettes d’un PMU, en France. Il me fixa un rendez-vous, après ses heures de chantier, dans un boui-boui à Annemasse « La Savane », situé à gauche, juste après la douane de Moillesulaz. Je m’excusai de ne pouvoir lui offrir un café car c’est lui qui détenait mon porte-monnaie.
Soit, j’attendis un moment à la terrasse du café, avec mon petit béret à pois blancs, et remarquai un jeune homme impatient qui ne cessait de se lever de sa chaise et fixer la douane, attendant assurément quelqu’un, je le soupçonnai d’être le détenteur de mon bien. Je l’appelai sur son portable, en l’observant, il le sortit rapidement de sa poche et je pus ainsi constater que c’était bien lui. D’une voix caverneuse, d’outre-tombe, je lui lâchai « C’est moi, je suis en face de vous ! » - Ravie de l’effet que je produisis; il s’agita, tourna la tête partout, nerveusement. Pendant quelques secondes, je me crus dans une série américaine, un polar d’un samedi soir, affalée dans le sofa à manger des pop-corn.
Il s’assit, se présenta, une casquette faux Vuitton vissée sur la tête, descente de camion, sans doute, des prunelles d’un noir intense peut-être un peu blanchies à la coke. Un jeans, une veste, il avait tout le look d’un ancien harraga qui bricolait à gauche et à droite. J’étais sûre qu’il allait me demander une récompense avant de me restituer ce qui m'appartenait.
Nenni ! Il me dit qu’en ouvrant mon porte-monnaie et reconnaissant le nom d’une « sœur », il devait me le rendre et puis, la photo de ma fille aînée semblait le faire chavirer . Je lui tendis un de mes livres « Trou dans le CV et vue sur la mer » que je lui dédicaçai avec le mot suivant : « Les distraits croisent souvent des anges dans leur vie ! ». Je pus constater que c’était la première fois de toute son existence fébrile qu’on devait le comparer à un ange, de préférence on l’associait davantage à un diable. Il en avait les larmes aux yeux.
Il m’annonça vouloir, un jour , écrire son autobiographie, il commença, un peu, timide, à relater quelques épisodes par-ci par-là , demanda quelques conseils sur la façon de s'y prendre et la baraka qu'il avait eue d'être tombé sur quelqu'un qui pouvait écrire. A mon tour, je réalisai ma propre baraka, un véritable miracle que j’aie pu récupérer mon bien. Rien n’y manquait, pas un sou, pas une carte bancaire, aucune tentative de prélèvement irrégulière (je n’avais alors ni vérifié , ni bloqué mes cartes) . Et que celui qui se tenait là, en face de moi, était plutôt habitué à prendre qu'à rendre. Il refusa que ce soit moi qui paie nos deux cafés.
« Le démon, c’est un ange qui a eu des malheurs », je rencontrai bien un ange ce jour-là ! Il se leva précipitamment et s’envola, à tire-d'aile, vers quelques surprenantes nouvelles diableries.
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30/10/2012
Wanted : drapeau suisse
Ce qui ne plie pas casse; on a pu le constater avec les fortes rafales de vent, le mât des Bains des Pâquis , datant de 1930, n'a pas résisté à la tempête de dimanche et s'est échoué sur la jetée en un épouvantable fracas. Il avait déjà subi les foudres d'un orage en août 2012.





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26/10/2012
Un peu de beauté........
L'abeille butine
Au coeur de la fleur soleil
L'aube serpentin
Belle déesse
Dans ton velours satiné
La lumière brille
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12/10/2012
JEUX ARC-EN-CIEL
Les épousailles
D’un arc-en-ciel avec l’eau
Noces joyeuses
Le jet d’eau s’arrête,
ennuyé
par son propre jeu.
Michiko Kaï
Le vent s’essouffle
Octobre coule en pluie
Novembre est là
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04/10/2012
Gare Cornavin - Chronique d'une métamorphose
Des grues, des pylônes en métal pour soutenir la façade externe de ce monument historique qui date de 1933. Un grand lifting qui s’achèvera en automne 2013. Il y a encore quelques semaines de cela; la façade de l’aile gauche ne présentait plus qu'une longue série de grands cadres de fenêtres vides, derrière lesquelles couraient les nuages, et un panneau publicitaire : »Bureaux à louer « . Il fallait faire œuvre d’imagination pour concevoir des espaces de travail sur fond de ciel. Des bureaux pour poètes, la tête dans les nuages, artistes éphémères sautant à cloche-pied d’un floconneux à l’autre. Œuvres intemporelles qui s’estompent derrière ces fenêtres avec vue sur le ciel. Sans le savoir, le chantier s’est transformé, l’espace de quelques minutes en douces rêveries pour poésie urbaine.
Dans toute transformation architecturale, il y a toujours un double effet, on se transforme sans le savoir avec les modifications de notre architecture. Notre regard se déshabitue pour absorber peu à peu le changement et s’habituer à la nouvelle configuration esthétique. Un processus lent qui fait soupirer les anciens : "Tout change, on ne reconnaît plus rien ! ". Un aménagement de l’espace qui se heurte souvent à nos propres résistances au changement, et puis l’objet d’avant s’estompe dans notre mémoire, une fois métamorphosé, il s’impose de toute ses forces dans notre univers fait d’attachement aux lieux qui appartient aussi à nos repères et balaie jusqu’aux derniers souvenirs : « A quoi ressemblait la gare avant ? »- Haussement d’épaules, pour toute réponse, on ne s’en souvient plus, ce n’est plus qu’un vieux souvenir !
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21/09/2012
Pour le respect des droits des enfants tibétains
Palais Wilson - 3ème manifestation de la 2ème année d’une campagne de 2 ans organisée par la Communauté Tibétaine de Suisse et du Liechtenstein : Les Nations Unies doivent envoyer une commission d’enquête indépendante au Tibet maintenant !
Les Tibétains des sections Rapperswil-Jona/Uznach-Wattwil et leurs sympathisants réclament le « respect des Droits des enfants Tibétains » et rappellent à la communauté internationale le risque avéré de la disparition immédiate du langage et de la culture tibétaine occasionné par des plans chinois mis en œuvre actuellement pour une nouvelle politique sur le langage dans les écoles ainsi que par la mise en œuvre de mesure de répression suite aux récentes immolations qui touchent indirectement les écoles tibétaines. Les détentions arbitraires ainsi que la torture restent largement et systématiquement utilisés dans la politique de répression chinoise allant même jusqu’à être exercés envers des enfants, ce qui est encore pire.
Les plans des autorités gouvernementales d’imposer le Chinois Mandarin comme langue principale dans l’enseignement dans les écoles tibétaines d’ici 2015 demeurent une des plus grandes menaces pour la culture tibétaine. Tous les cours et les manuels devront être en Chinois d’ici 2015 à l’exception des cours de Tibétain et d’Anglais. Ceci ne rabaissera pas seulement le Tibétain à une langue de 2ème catégorie en un temps record mais sera une menace majeure pour l’identité culturelle des enfants tibétains.
Tous ces plans ainsi que la réalité actuelle de l’enseignement représentent une violation flagrante de l’Article 37 de la Constitution de la République Populaire de Chine sur l’Autonomie Régionale des Nationalités qui demande que les minorités nationales utilisent leur propre langue comme moyen d’éducation. Dans les faits, les dirigeants chinois ont toujours eu comme but de détruire la langue et la culture Tibétaine et de la remplacer par le chinois afin d’avoir le contrôle total sur le Tibet. C’est pourquoi, dans toutes les régions tibétaines et à tous les niveaux de l’enseignement, le Tibétain est peu à peu remplacé par le Chinois.
Le manque d’accès à une éducation adéquate et la discrimination culturelle ont conduit de nombreux parents à envoyer leurs enfants à l’étranger en risquant leur vie dans la traversée de l’Himalaya. Les mesures de répression des autorités, à la suite des nombreuses immolations, touchent également les écoles Tibétaines. Au mois d’avril dernier, une école privée Tibétaine à Kardze, enseignant la langue et la culture Tibétaine, a été fermée et le Doyen et un professeur d’Anglais arrêtés. Au mois de juin, trois enseignants à Rebkong ont été retirés d’une école locale sur des allégations de participation à la vague de protestations après l’annonce de la nouvelle politique sur la langue officielle. Les Autorités n’ont pas hésité à arrêter également des mineurs pour des raisons de désaccord politique et à leur faire subir les mêmes traitements cruels qu’aux adultes.
Nous demandons aux Nations Unies de soutenir nos revendications :
- de cesser immédiatement la mise en œuvre des plans visant à imposer le Chinois Mandarin dans les écoles Tibétaines.
- de cesser immédiatement les mesures de répression dans les écoles Tibétaines et de libérer tous les enseignants ainsi que les étudiants emprisonnés.
- de remettre à l’ordre du jour la question Tibétaine en se basant sur les résolutions de 1959, 1961 et 1965 et de faire des efforts afin de faire appliquer l’essence même de ces résolutions.
- d’envoyer une mission d’enquête indépendante et libre de mouvement au Tibet.
Contact : Mr. Karma Gongyue 079 944 39 84
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17/09/2012
Les Arabes ? Des gens comme les autres
Une photo sympathique qui montre les parents, le nez rivé sur leur portable tandis que l'adolescent patiente en position de sumo, très zen.
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14/09/2012
La gare Cornavin – La passion des gares
Il n'y a guère rien de plus enthousiasmant que l’ambiance d’une gare. Il suffit de s’asseoir et de s’accorder le temps d’observer et vous découvrirez mille et une saynètes plus passionnantes les unes que le autres.
Celle des vélos, est une de mes favorites. En face de la gare Cornavin, les vélos s’entassent pêle-mêle, toutes roues confondues, et fourches entremêlées. Les voyageurs qui viennent récupérer leur vélo, se déversent en courant hors de la gare et tentent désespérement d’identifier leur bien, déplacé depuis le dernier voyage, couché, caché sous une masse métallique devenue informe. Et si on revient d’une longue fête bien arrosée à Lausanne ou Zürich, le jeu du « mikado-vélo » se complexifie quand la vue est trouble et que l'on voit deux vélos à la place d'un.
La dernière fois, une jeune fille, effectivement perdue dans cette forêt de roues et de guidons, a fini par sortir son miroir et observer longuement ses dents; si bien alignées, si droites, si blanches, si disciplinées pour ramener son regard fatigué sur ce tas confus. Une autre façon de méditer et de prendre une certaine distance avec l'intangible réalité.
Et puis certains vivent d’autres aventures non moins passionnantes, comme celles de pousser un camping-car trop haut et qui reste coincé sous le portique trop bas de l'entrée du parking Cornavin et qui demeure résolument coincé, impossible de reculer ou d'avancer ! Et les policiers sont déjà là; à constater ce qui ressemble étrangement, à une grande distraction qui va coûter quelques billets et autant de souvenirs qui animeront les longues soirées d'hiver du conducteur étourdi.
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10/09/2012
De la gare Cornavin à Culoz – Le cimetière des trains
Dorénavant, seul le vent traverse ces wagons laissés à l’abandon; dans un cimetière de trains ou un mouroir. Une locomotive a tiré ce qui est devenu depuis un tas de ferraille. Traînés hors de l’arène, pareils à ces taureaux de corrida, achevés, que l’on sort emportés par des charrettes poussées par des chevaux, sous les hourras passionnés des aficionados qui se sont repus du spectacle de la mort, au son d’un paso doble. Mais là, ni musica, ni fanfare. La masse lourde est reléguée aux oubliettes, sur des rails entre lesquelles poussent la chienlit. Dans un silence effrayant.
Adieu, le cri des enfants joyeux qui partaient leurs sacs à dos remplis de friandises pour la colonie de vacances. Les hommes et les femmes pressés de se rendre au travail tapant fébrilement sur les touches de leurs ordinateurs, emplis de rêves de promotion et de succès. Adieu, les couples serrés, l’un contre l’autre, dans les petits matins froids, d’une aube naissante. Les bidasses qui riaient aux éclats après de lourdes plaisanteries. Un étudiant qui, chaque matin, potassait ses cours, murmurant entre ses lèvres des chapitres qu’il ingurgitait d’une traite. Et ces petites vieilles dames si élégantes avec leur chapeau, à qui il fallait toujours porter les valises, si lourdes; les secrets d'une vie finissent toujours par peser.
Et le sifflet du chef de gare qui arborait dignement sa casquette à visière noire et insigne dorée et qui donnait le signal du départ ; un son strident qui emplissait la gare et faisait frémir d’impatience les voyageurs. Puis, doucement d'abord, la lente machine démarrait péniblement et finissait par filer, légère, droit devant elle, imposante et fière. La belle agitation n’est plus qu’un souvenir.
Ah ! Comme pour les hommes, il est dur de vieillir, on vous poste dans un coin et on vous laisse livré à vos souvenirs, ceux du temps où vous étiez encore si vaillant et si entouré. Et les machines, c'est comme les hommes, et les hommes comme les machines; il faut rouler de plus en plus vite, sinon, gare à la casse !
Seul le vent fredonne sa chanson entre les sièges si vides, la chanson du temps qui passe .
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06/09/2012
La gare Cornavin – Le train de la vie
Sur des quais, dans une longue attente, les trains ont passé. Sur un quai désert, un espoir secret de filer à deux sur les rails de la vie; on roulait si bien, on a manqué quelques arrêts, le cliquetis chantant des roues nous a bercés, quand tout a déraillé. Comment ? Difficile de se souvenir, on n'a rien vu venir. Un matin, le paysage de notre vie était plongé dans une brume, si profonde, si dense qu'elle nous a ensevelis. Prochaine station, tout le monde descend ! A cette station si solitaire et si glaciale, qu'on n'a pas voulue et qu'on n'a jamais plus quittée.
On les a laissés filer ces trains, puis sans qu’on le veuille, un jour, on doit monter. Qui sait pourquoi, qui sait comment ; une guerre, une séparation, une rencontre. Un train à la destination inconnue; une tache à l’horizon parsemée de points d’interrogation.
Les gens passent, courent, affolés ils semblent pressés, chacun court vers son destin, la peur de manquer un train, celui qu'on s'est choisi, le bon cette fois-ci, c’est sûr !
Les trains qui roulent, la vie qui s’écoule. Les trains se font rares, les quais sont maintenant désertés. Les aiguilles ont tourné, sans qu'on s'en aperçoive. Les moments de bonheur se sont volatilisés; il ne reste plus que le temps infini, attendre encore ces trains qui ne viendront plus. Et partir pour aller où ? Au bout de soi, au bout du chemin.
Mais les aiguilles, elles, n'ont eu de cesse d'avancer, et nous avec, inlassablement, en un tic-tac si régulier qu’on le croyait éternel notre temps, le train de la vie a filé si vite, on n'a rien vu va passer.
Il est temps de partir, un train a stationné en un grincement affreux, pour un dernier voyage, maintenant c'est lui qui nous attend.
Un grand merci pour ces photos à Bruno Toffano, la suite des photos sur son site récemment lancé sous les blogs de la Tribune de Genève
http://aphroditepixart.blog.tdg.ch/
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02/09/2012
Joutes, huîtres et sangliers aux Bains des Pâquis
Les Bains des Pâquis ont vécu ce week-end au rythme frénétique des célébrations, un quadruple jubilé : 25 ans pour l’Association d’Usagers des Bains des Pâquis et pour lesquels on a vu défiler : joutes, concerts et sangliers tournant sur leur broche. Après les 140 ans de la Construction des Bains, les 80 ans de leur restauration en béton et les 15 ans de la course autour du phare.
Touristes et Genevois ont participé à ces festivités dans une ambiance éclectique. Huîtres sétoises et Picpoul, sangliers à la broche. Quant aux jouteurs issus de la Jeune Lance Mèzoise du Languedoc- Roussillon, ils étaient dithyrambiques sur l’accueil des Genevois , si « patients » et si « serviables ».
En fin d’après-midi, on pouvait les voir manger une fondue, à pied levé, debout devant la buvette, une petite dernière avant de reprendre la route et encore fiers d’avoir offert aux 500 yeux ébahis des joutes magnifiques. Un "Jubilons 2012", jubilatoire pour nos jouteurs qui semblaient avoir sacrément bien arrosé le sanglier: " ça fait soif ces bêtes-là, à tourner dans le chaud !"
Un grand merci pour ces photos à Bruno Toffano, la suite des photos sur son site récemment lancé sous les blogs de la Tribune de Genève
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28/08/2012
Causerie au coin de la rue
A - ça fait combien de temps que tu bosses ici ?
B - quelques semaines , avant je travaillais dans une usine en Bulgarie, ils l’ont bouclée pour délocaliser en Chine et ils ont mis tout le monde au chômage, des centaines de personnes. J’ai trois enfants, il faut bien les nourrir (elle lui montre les photos). Et toi ?
A.- moi, c’est l’Afrique, on peut même pas te mettre au chômage, y’a pas de boulot. J’ai cinq enfants, c'est ma soeur qui les garde, elle en a trois et j’envoie l’argent pour tout le monde. Les pères ? tu sais comment sont les hommes. Vite dedans ! Vite parti ! C’est du vent……Comme dit le proverbe chez moi : "La femme, c’est la ceinture de l’homme ». Au moins, on arrive à l’attacher à quelque chose, déjà à son pantalon. C’est toujours mieux que rien ! (éclat de rire)
B - on dit que ça rapporte bien ici, que les gens sont gentils. Avant de venir, j'ai essayé de travailler en Allemagne, c'était dur.
A - quand t’as payé ton loyer, acheté les habits et envoyé l’argent, il ne te reste que des larmes à pleurer. Mais bon si tu tiens deux ans, tu déconnes pas avec l'alcool ou la drogue et t'as pas un mac qui te bouffe tout, tu achètes la maison chez toi ou tu ouvres une petite affaire et tu rentres.
B - il paraît qu’il y a une fille qui a été tuée par un fou. ça arrive souvent, ici ?
A- c’est comme les accidents de voiture, tu roules, tu roules et un jour c’est l’accident. Mais c’est rare qu’on s’attaque aux filles et puis si on chope le gars, il va en taule ! Faut pas plaisanter, même si on est des putes, on peut pas nous tuer comme ça ! On est des humains, on fait de mal à personne, hein ! Pas des bêtes qu’on écrase sur la route !
B- tu vas travailler dans la vitrine en hiver ?
A- pfff !! Mieux vaut s’acheter le gros manteau d’hiver, ils te prennent beaucoup d’argent quand tu veux rester au chaud derrière la vitrine ! Non, j’suis pas un objet, devant le magasin, pas derrière la vitrine.
B- salut, y' a un client qui attend !
A- ciao, je le connais, un habitué, il est gentil, il paie bien. N'oublie pas proteccion, proteccion, guapa ! On se reverra bientôt, j'espère.
Un grand merci pour ces photos à Bruno Toffano, la suite des photos sur son site récemment lancé sous les blogs de la Tribune de Genève
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